Metz : un médecin visé par 22 plaintes pour agressions sexuelles jugé aujourd’hui

Publié le 14 Mai 2019 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Un médecin inspecteur de la police du Grand Est comparaît aujourd’hui même à Reims pour agressions sexuelles sur 22 personnes, ayant déposé plainte à l’IGPN. Toutes dénoncent des attouchements lors de visites médicales.
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Metz : un médecin visé par 22 plaintes pour agressions sexuelles jugé aujourd’hui© Istock

« Il a bousillé un paquet de vies », déclare une policière alsacienne au sujet de Christian F. Ce médecin inspecteur régional de la police, basé à Metz, s’est trouvé suspendu de ses fonctions en février dernier pour des cas d’agressions sexuelles sur des jeunes fonctionnaires. Selon les informations de France Bleu Moselle, 10 adjoints de sécurité, dont un homme, avait déposé plainte contre le praticien au début de l’enquête. Désormais, 12 plaintes supplémentaires les ont rejoints et ont été transmises au parquet de Metz. Christian F comparait ce mardi 14 mai à 14h au tribunal correctionnel de Reims, en attendant un nouveau procès qui aura lieu à Metz prochainement. Au total, 22 plaintes sont enregistrées à l’encontre du médecin.

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« Il a essayé de me faire passer pour une folle », confie l’une des victimes

Palpations mammaires appuyées, visites médicales seins nus, attouchements… Voici le genre de faits reproché au médecin de 63 ans par les 22 personnes qui ont décidé de briser le silence. Une policière alsacienne affirme avoir dû ôter son soutien-gorge, alors qu’elle consultait pour une hernie discale ! Une victime masculine évoque des attouchements au niveau des parties intimes. A la tête du Secrétariat général pour l’administration du ministère de l’Intérieur (SGAMI) Est, Christian F avait en partie pour fonction de valider ou non toute reprise du travail après un arrêt supérieur à 15 jours. « Il a ruiné ma carrière, a essayé de me faire passer pour folle, puis m’a fait mettre à la retraite d’office pour invalidité », explique l’une des victimes qui avait déposé plainte pour harcèlement moral. Visiblement, le sexagénaire ne se contentait pas des attouchements.

La hiérarchie a préféré fermer les yeux

C’est lors de visites d’aptitude physique que les fonctionnaires, futurs adjoints de sécurité, ont subi les agressions. Rapidement, les langues se délient et le masque tombe. Les victimes ont dénoncé les attouchements à l’école nationale de police à Reims, où elles étaient admises. Malheureusement, cet homme en fin de carrière, respecté de tous, semblait intouchable. « Ils ont laissé faire cet homme, malgré les dénonciations en interne de ma part et des autres personnes, exprime Camille, agent au ministère de l’Intérieur en Lorraine et l’une des nombreuses victimes. J’ai mal pour moi, mais aussi pour toutes les victimes qui auraient pu être épargnées ». Une autre victime confie désormais « appréhender » toutes ses visites médicales.

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