Ce ver marin pourrait augmenter le taux de réussite des greffes

Publié le 05 Avril 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
En Bretagne, un chercheur a découvert l'existence d'un ver marin dont les propriétés permettraient de prolonger la durée de vie des greffons, et ainsi améliorer le processus de transplantation d'organes.
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Ce ver marin pourrait augmenter le taux de réussite des greffes© IstockQuatre heures pour un cœur, huit heures pour un poumon, trente-six heures pour un rein : ce sont les temps à ne pas dépasser entre le moment où ces organes sont prélevés et celui où ils sont greffés, au risque de voir la transplantation échouer. Un laps de temps très court donc, mais qui pourrait bientôt être étendu grâce aux trésors de la faune marine : sous le sable des plages bretonnes, un chercheur a découvert l'existence d'un ver marin capable de prolonger la durée de vie des greffons, rapporte le site de France Info.

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Un super transporteur d'oxygène

Connu sous le nom d'arénicole, ce ver possède un organisme tout à fait extraordinaire : son hémoglobine est capable de transporter 40 fois plus d'oxygène que la nôtre, lui permettant de respirer même lorsque le niveau de la mer est au plus bas : "Ce ver arrête de respirer quand il est à marée basse, quand il est sur la plage, explique Franck Zal, docteur en biologie marine. Il peut s'arrêter de respirer pendant six heures. Il vit juste avec l'oxygène qu'il a fixé sur ses molécules d'hémoglobine qui lui permettent d'attendre la prochaine marée haute." Des prouesses dont les humains et la greffe d'organes pourraient bénéficier, quand on sait que le manque d'oxygène est, dans 20% des cas, la cause de la perte des greffons.

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Des premiers résultats probants

Car les résultats des premiers tests sont probants : "On a montré qu'on est capable de garder un poumon pendant plus de 48 heures sans aucun dommage", explique Franck Zal, avant d'ajouter qu'une équipe canadienne va tenter d'aller jusqu'à sept jours. Une autre étude française menée en 2017 a également montré que, par rapport aux personnes qui avaient subi une transplantation rénale classique, celles qui avaient reçu un greffon imbibé d'hémoglobine du ver marin avaient un organe qui fonctionnait plus rapidement et efficacement.

D'autres études encore sont en cours. Franck Zal, lui, convaincu des vertus de l'arénicole, souhaite les faire bénéficier à d'autres types de patients en élargissant ces essais au traitement des plaies cutanées chroniques, par exemple. Mais elles constituent déjà un espoir de réussite, pour les quelque 20 000 personnes en attente d'une greffe.

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