La solitude augmenterait le risque de mourir prématurément

Publié le 05 Avril 2019 par Morgane Garnier, Journaliste Santé
D’après une étude américaine, les personnes qui souffrent de solitude ont jusqu’à 32% de risque en plus de mourir précocement, ce peu importe l’âge.
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La solitude augmenterait le risque de mourir prématurément Istock

Cinq millions de Français seraient en situation d’isolement. Autant de personnes à risque de mort précoce : selon une étude américaine, les risques de décès prématuré seraient accrus de 32% chez les individus qui souffrent de solitude, ce peu importe l’âge.

La solitude, aussi tueuse que le tabagisme et l’obésité

Julianne Holt-Lunstad, professeure de psychologie aux Etats-Unis, a mené plusieurs études sur l’impact de la solitude sur la santé. C’est dans celle de 2015, publiée dans la revue Perspectives on Psychological Science, que ces résultats édifiants ont pu être observés, en collectant les données de personnes ayant une situation objective ou subjective d’isolement social. Comme elle l’explique à WebMD le 3 avril 2019, “le manque de lien social a un effet considérable, comparable aux autres indicateurs de risque de mort précoce”, tels que le tabagisme, l’obésité ou encore la sédentarité.

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Et contrairement à ce que l’on peut penser, le manque d’interactions sociales ne touche pas que les personnes âgées : selon une enquête de la Fondation de France, 6% des 15-30 ans n’ont aucun “réseau de sociabilité” (famille, amis, voisins, collègues, camarades de classe, etc.). Le constat est similaire aux Etats-Unis, c’est pourquoi selon le Pr Holt-Lunstad, les risques liés à la solitude “s’appliquent à tous”, sans dépendre de l’âge.

Des hypothèses diverses, un même conseil pour y remédier

Mais comment expliquer cette tendance ? Les chercheurs ont soulevé plusieurs hypothèses. L’une d’entre elles est plutôt pragmatique : les personnes seules n’ont pas de pairs susceptibles de les influencer sur leur mode de vie (les pousser à prendre un rendez-vous chez le médecin, à manger équilibré…) et auraient ainsi plus tendance à se laisser aller.

Autre hypothèse : ces personnes seraient davantage soumises au stress chronique et ainsi à ses éventuelles complications (hypertension, maladies cardiovasculaires…). Des scientifiques ont également montré que la solitude pouvait mener à l’inflammation chronique, une réaction excessive du corps face à une agression, qui peut à terme entraîner des pathologies comme le cancer ou les maladies neurodégénératives. Sans compter l’impact de la solitude sur la santé mentale, et donc les risques accrus de suicide.

Quoi qu’il en soit, le Pr Holt-Lunstad souligne l’importance des interactions sociales : “De la même façon que vous prenez du temps pour faire du sport, vous devez en réserver pour être socialement actif”, assure-t-elle.

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