Infarctus du myocarde (crise cardiaque) : symptômes, causes, traitements

Certifié par nos experts médicaux MedisiteL'infarctus du myocarde, également appelé crise cardiaque ou syndrome coronaire aigu, correspond à l’absence de vascularisation du myocarde, (muscle cardiaque) provoquant sa nécrose. Il est dû à l’obstruction d’une ou plusieurs artères qui l’irriguent. L’infarctus du myocarde a de nombreux facteurs de risque et peut être mortel. Une nouvelle étude scientifique vient d'identifier un médicament susceptible de limiter les risques de complications cardiaques.

Définition           

L'infarctus du myocarde est dû à l’absence d’oxygénation du muscle cardiaque, ou myocarde, en raison de l’obstruction d’une ou plusieurs artères irriguant le coeur (artères coronaires).

Le défaut d’oxygénation entraîne la nécrose (phénomène amenant à la mort précoc, non programmée) du muscle cardiaque, partiellement ou en totalité. Si la nécrose est très étendue, le muscle cardiaque ne peut plus assurer sa fonction de pompe et le coeur peut s’arrêter.

C’est pourquoi l’infarctus du myocarde peut être mortel. Un traitement rapidement mis en route pour déboucher l’artère obstruée peut permettre d’éviter les complications qui peuvent être fatales.

L’origine de l’obstruction artérielle est souvent due à la formation d’une plaque d’athérome (lésion en surface interne des artères due à un dépôt de cholestérol) qui se détache de la paroi des artères et crée un caillot ou thrombus. Il est donc indispensable de déboucher l’artère obstruée le plus rapidement possible.

Photo : coupe du ventricule gauche du cœur humain

Photo : coupe du ventricule gauche du cœur humain© Creative Commons

Chiffres         

En France, la prévalence de l’infarctus du myocarde est aux alentours de 80 000 cas par an avec 12 000 décès annuels.Environ, 5% des sujets décèdent le jour même, et 15% dans l’année qui suit.

Cependant ces chiffres tendent à être revus à la baisse compte tenu l’amélioration de la prise en charge en urgence par les pompiers et le SAMU, ainsi que l’accès facilité aux services de cardiologie interventionnelle.

Des traitements médicamenteux et de réadaptation sur le long terme permettent de limiter les complications et le risque de récidive, et de faire diminuer le nombre de décès tardifs, secondaire à l’infarctus du myocarde.

Symptômes

Les symptômes de l'infarctus du myocarde peuvent être caractéristiques, néanmoins certains symptômes plus discrets ou moins significatifs peuvent égarer et retarder le diagnostic.

De plus, on peut rencontrer des infarctus silencieux, c’est-à-dire sans aucun symptôme. Ceux-ci se manifestent surtout chez le diabétique et peuvent être diagnostiqués tardivement à l’occasion d’un électro-cardiogramme.

L’infarctus du myocarde peut survenir à tout moment, de façon brutale, ou s’installer progressivement. 

Quoi qu’il en soit, l’apparition du moindre symptôme doit impliquer une prise en charge en urgence, surtout chez le sujet à risque.

Les symptômes qui peuvent faire évoquer un infarctus du myocarde sont :

  • Une d ouleur d’intensité variable dans la poitrine, mais qui peut être très violente.
  • Une sensation d'étau qui enserre le thorax.
  • Une oppression thoracique.
  • Une douleur qui irradie dans le bras gauche, le cou, la mâchoire et le dos.
  • Un essoufflement plus ou moins intense.
  • Des sueurs froides.
  • Une moiteur de la peau.
  • Des nausées, des vomissements.
  • Une sensation de malaise.
  • Des vertiges et étourdissements.
  • Des douleurs abdominales.
  • Un rythme cardiaque accéléré et/ou irrégulier.
  • Une anxiété soudaine et sans raison apparente.
  • Une grande fatigue inhabituelle.
  • Une agitation inexpliquée.
  • Des troubles du sommeil.
  • Une perte de conscience.
  • un coma.

Les symptômes qui peuvent faire évoquer un infarctus du myocarde sont :© Istock

Complications

Les complications de l’infarctus du myocarde sont fonctions de l'étendue de la nécrose myocardite et de la rapidité de la prise en charge du patient. Plus le myocarde est endommagé, plus le risque de complications est important et le délai de prise en charge peut aggraver l’étendue de la nécrose myocardique.

Les principales complications de l’infarctus du myocarde sont :

  • Des troubles du rythme cardiaque.
  • Une insuffisance cardiaque plus ou moins grave.
  • Une valvulopathie, c’est-à-dire une atteinte d’une ou plusieurs valves cardiaques, qui ont pu être endommagées par l’infarctus.
  • Un accident vasculaire cérébral (AVC).
  • La récidive d’infarctus du myocarde.

Maladies cardiaques : la glucosamine pourrait réduire les complications

Une équipe de cardiologues et de nutritionnistes de l’Université de Virginie occidentale viennent de réaliser une étude publiée dans le Journal of the American Board of Family Medicine (JABFM) qui démontre qu’une supplémentation de glucosamine peut être aussi efficace que l'exercice régulier pour prévenir les complications et décès cardiovasculaires.

A titre de précision, la glucosamine est généralement utilisé pour soulager la douleur articulaire en cas d’arthrite.

L’analyse a été menée sur 16 686 adultes entre 1999 à 2010. Ils étaient tous âgés de 40 ans minimum. Après avoir pris en compte les facteurs comme l'âge, le sexe, le tabagisme et le niveau d'activité des participants, les chercheurs ont démontré que la prise de glucosamine chaque jour pendant un an ou plus est associée à une réduction de 65% des décès liés aux maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cérébraux, maladies coronariennes et maladies cardiaques). La glucosamine réduirait aussi de 39% la mortalité toutes causes confondues.

Attention, il s'agit d'une étude épidémiologique basée sur un échantillon de patients. A ce jour, elle ne démontre pas la relation de cause à effet. 

Une supplémentation en glucosamine doit être évoquée avec votre médecin.

Causes          

La cause la plus fréquente d’infarctus du myocarde est la présence de plaques d’athérome au niveau des artères coronaires, liées à une hypercholestérolémie ou une hypertriglycéridémie.

Les facteurs favorisants l'infarctus sont :

  • L'hypertension artérielle.
  • Les facteurs héréditaires.
  • L'hyperlipidémie.
  • Le tabac.
  • Le diabète. 
  • L'obésité. 
  • L'hypothyroïdie. 
  • Le stress.

D'autres causes plus rares peuvent être à l'origine d'un infarctus myocardique :

  • Un spasme d'une artère coronaire qui interrompt le flux sanguin. Cela se produit lors de l’absorption de doses élevées de cocaïne.
  • Une rupture artérielle, exceptionnelle mais gravissime.
  • En cas de choc hypovolémique (déficit de plasma sanguin dans le système circulatoire), lorsque la pression artérielle est trop basse.
  •  Une embolie coronarienne due à la migration d'un caillot de sang formé dans d’autres vaisseaux.
  • Une activité sportive trop violente.
  • Une polyglobulie (excès de globules rouges) qui peut être consécutive à la prise d'érythropoïétine (hormone) par exemple.
  • Une électrocution.
  • Des affections coronariennes rares comme la périartérite noueuse, la maladie de Kawasaki, la maladie de Takayasu...

Facteurs de risques

Le principal facteur de risque de l’infarctus du myocarde est l’athérosclérose. Les facteurs de risque de celle-ci sont donc ceux de l’infarctus du myocarde. Il s’agit :

  • Du tabagisme chronique.
  • De l'alcoolisme chronique.
  • De l’hypertension artérielle mal équilibrée.
  • De l’hypercholestérolémie et de l’hypertriglycéridémie.
  • Du diabète.
  • De la sédentarité.
  • Du surpoids et de l'obésité.
  • Du stress.

L’association de plusieurs de ces facteurs augmente le risque d'accident.

Enfin, l’infarctus du myocarde peut survenir sans qu’aucune ces facteurs de risque ne soit présent.

Personnes à risque

Le risque d’avoir un infarctus du myocarde augmente avec l'âge. Il est plus fréquent après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme. Il est en effet plus rare chez la femme avant la ménopause pour des raisons hormonales. Un antécédent familial d’infarctus du myocarde en augmente également le risque.

Les personnes tabagiques, alcooliques, obèses ou diabétiques sont les plus à risque.

Qui, quand consulter ?

En cas de symptômes d’infarctus du myocarde, il faut avant tout composer le 15 afin d’être mis en relation avec le SAMU, ou le 18 pour les pompiers, qui sont formés à cette prise en charge. Il peut aussi être utile de contacter son médecin traitant, qui connaît bien le malade.

Un électrocardiogramme peut être réalisé au chevet du patient et permettre le diagnostic immédiat d’infarctus du myocarde. Les premiers gestes de secours peuvent alors être réalisés en fonction de l’état du sujet.

Si le sujet est en arrêt cardio-respiratoire, il faut procéder à un massage cardiaque et si un défibrillateur automatisé est à proximité, il est nécessaire de l’utiliser. Son utilisation est simple.     

En cas d’infarctus mineur, le sujet est hospitalisé pour mettre en place un traitement curatif (qui soigne) et préventif de laérythropoïétine. Le suivi ultérieur et à vie par un cardiologue est indispensable.

Photo : Electrocardiogramme (ECG) montrant des signes d'un infarctus du myocarde 

Photo : Electrocardiogramme (ECG) montrant des signes d'un infarctus du myocarde© Creative Commons

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Syptômes d'infarctus : quand s'inquiéter ?

Mon conseil de médecin généraliste :

"Au moindre doute sur des symptômes d’infarctus du myocarde, chez un sujet à risque, un avis médical urgent doit être pris car la nécrose myocardite peut rapidement s’étendre et provoquer le décès."     

Examens et analyses

Le diagnostic d’infarctus du myocarde est simplement établi par la réalisation d’un électro-cardiogramme qui permet de visualiser l’activité électrique du coeur, la zone du myocarde qui est en souffrance et de déterminer le caractère aigu ou non de l’infarctus. Cet examen simple peut être réalisé par le médecin traitant ou le médecin du SAMU.

A l’arrivée aux urgences, un bilan sanguin est réalisé pour rechercher l’élévation des enzymes cardiaques (CPK), éléments très en faveur d’un infarctus du myocarde aigu. Ensuite, une radiographie du thorax et une coronarographie sont effectuées pour visualiser une éventuelle atteinte pulmonaire et voir si une ou plusieurs artères coronaires sont bouchées.

Une fois le stade aigu dépassé, un bilan cardiologique et vasculaire complet est réalisé avec une échographie cardiaque, une scintigraphie myocardique et une épreuve d’effort.

Le suivi nécessite la répétition des électrocardiogrammes, des échographies cardiaques et des bilans biologiques.                                                      

Traitements

L’infarctus du myocarde est une urgence vitale. Au moindre signe, les secours doivent être appelés au plus vite. Le SAMU met généralement en route le traitement au domicile du patient, avant son transport vers les urgences le plus proche ou, mieux encore, dans un centre de cardiologie interventionnelle.          

Le traitement médicamenteux de l'infarctus myocardique comporte :

  • Des antiagrégants plaquettaires (clopidogrel, aspirine, prasugrel) qui limitent la formation de nouveaux caillots et le risque de récidive.
  • Des agents thrombolytiques, qui entraînent la destruction du caillot qui obstrue l'artère. Ce traitement doit être administré le plus tôt possible pour améliorer les chances de survie et diminuer le risque et la gravité des complications.
  • De l'héparine pour son action anticoagulante pour fluidifier le sang.
  • Des inhibiteurs de l'enzyme de conversion, utilisés pour lutter contre l'hypertension artérielle et pour leur action cardio-protectrice.
  • De la trinitrine pour son action vasodilatatrice.
  • Des bêta-bloquants qui ralentissent le rythme cardiaque et diminuent la pression artérielle.
  • Des statines, pour lutter contre l’hypercholestérolémie.
  • Des médicaments antalgiques (anti douleur) peuvent être prescrits, avec, au besoin, des morphiniques.

Le traitement médicamenteux est adapté à chaque patient et doit être régulièrement suivi et réévalué.

A l’arrivée du patient en service de cardiologie interventionnelle, une angioplastie est réalisée. Cet acte a pour rôle de désobstruer l'artère bouchée. Un cathéter, long tube fin et souple, est introduit par l’artère fémorale, au niveau de la cuisse pour remonter jusqu'au cœur. Au bout du cathéter se trouve un ballonnet qui est ensuite gonflé. Il permet de dilater l’artère et rétablir la circulation sanguine.

La pose de stents, petits ressorts permettant de conserver un calibre artériel suffisant, est souvent proposée.

Un pontage peut également être réalisé. Il s'agit d'une intervention chirurgicale qui consiste à prélever des veines dans d’autres endroits du corps (généralement les membres inférieurs) et de les placer de part et d’autre de l’artère obstruée, ainsi le sang peut circuler par une autre voie. Elle ne passe plus par la portion d'artère bouchée par l'athérosclérose, mais par un autre chemin. Le chirurgien peut réaliser plusieurs pontages en même temps. Cependant, cette technique est de moins en moins utilisée au profit de techniques moins invasives et ayant prouvé leur efficacité.

Lorsque l’infarctus est massif, le sujet est hospitalisé en soins intensifs, voire en réanimation.

Une réadaptation cardiovasculaire de plusieurs semaines est conseillée à chaque patient ayant souffert d’un infarctus du myocarde. Celle-ci est réalisée dans un centre spécialisé et a pour but de prévenir la récidive, de ré-habituer le coeur à l’effort, et de proposer de nouvelles règles d’hygiène de vie.

Prévention

La prévention de l'infarctus passe avant tout par la prise en charge des facteurs de risque. Les bonnes habitudes de vie et les mesures hygiéno-diététiques sont les principaux moyens de prévention de l’infarctus du myocarde.

Il s’agit :

  • Du sevrage tabagique.
  • D'éviter de boire trop d’alcool.
  • De lutter contre le surpoids et l’obésité.
  • De lutter contre l’hypercholestérolémie et l’hypertriglycéridémie, par un régime alimentaire adapté et au besoin un traitement médicamenteux.
  • De pratiquer une activité physique d’au moins 3 heures par semaine.

L’aspirine peut être prescrite à titre préventif chez les personnes qui ont un risque élevé de pathologie coronaire.

Sites d'informations et associations

Des sites d’informations sur l’infarctus du myocarde, sa prévention et ses complications sont consultables sur internet, comme :

  • Le site de l’inserm sur l’Infarctus du myocarde: www.inserm.fr
  • Le site de l’American Heart Association: www.americanheart.org