Des virus venant des égouts aideraient à tuer certaines bactéries

Publié le 21 Mars 2019 par Claire Ménage, journaliste santé
La France s’apprête à s’engager un peu plus dans l’utilisation de phages, des virus venant des égouts capables de tuer les bactéries multi résistantes. Ils pourraient constituer une alternative essentielle face à l’antibiorésistance.
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Des virus venant des égouts aideraient à tuer certaines bactériesIstock

Face aux antibiotiques qui sont aujourd’hui de moins en moins efficaces, la France semble vouloir s’engager de façon déterminante dans l’utilisation de phages, des virus capables de venir à bout de certaines bactéries multi résistantes, annonce l’Agence France Presse (AFP) le 21 mars 2019.

Naturellement présents dans l'eau, notamment dans les égouts "les phages viennent se coller sur les bactéries et les tuent de l'intérieur". Depuis deux ans, plusieurs patients en situation désespérée ont déjà été traités au compte-gouttes grâce à la phagothérapie.

C’est un espoir et une alternative prometteuse face à la menace des infections résistantes aux antibiotiques. Pour le Pr Frédéric Laurent, chef du service bactériologie de l'Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon dans une interview à l’AFP, "les phages ou bactériophages sont des armes de destruction massive de la bactérie".

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Le traitement de la dernière chance

C’est à la suite d’observations près du Gange (fleuve en Inde) où le choléra commençait à disparaître que les virus phages ont été découverts en 1917 par le franco-canadien Félix d'Hérelle, collaborateur de l'Institut Pasteur. Mais avec l’émergence de nombreux antibiotiques, les pays européens ont décidé d’abandonner l’idée de leur utilisation. Seul certains pays de l'Est comme la Géorgie les utilisent encore en médecine traditionnelle.

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Ce n’est que depuis 2016 que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a autorisé une vingtaine de patients à être traité de façon exceptionnelle par les phages. Un traitement d’ultime recours dans des cas d’infections sévères contre lesquelles les antibiotiques n’étaient pas efficaces.

L’ANSM attend maintenant que les essais cliniques consolident les données. Ainsi, dès 2019, l’agence compte délivrer des autorisations temporaires d'utilisation (ATU), première étape avant une autorisation de mise sur le marché. Un "tournant", confirme Caroline Semaille, responsable de la direction des médicaments anti-infectieux de l'ANSM.

Le seul frein c'est la possibilité que les bactéries développent une résistance aux phages comme pour les antibiotiques aujourd’hui.

Comment limiter sa résistance aux antibiotiques ?

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la résistance aux antibiotiques est "l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement".

L’usage abusif ou excessif des antibiotiques accélère le phénomène de la résistance, de même que de mauvaises pratiques de prévention et de lutte contre l’infection. On peut prendre des mesures à tous les niveaux de la société pour réduire l’impact et limiter la propagation des résistances.

Ainsi, pour prévenir et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, il est conseillé de :

  • N’utiliser ces médicaments que s’ils sont prescrits par un professionnel de santé qualifié ;
  • ne jamais exiger d’antibiotiques si votre médecin vous dit que vous n’en avez pas besoin ;
  • toujours respecter les conseils du soignant lorsque vous utilisez des antibiotiques ;
  • ne jamais partager vos antibiotiques avec d’autres personnes ou utiliser les médicaments qui vous restent ;
  • prévenir les infections en vous lavant régulièrement les mains, en suivant les règles d’hygiène pour la préparation de la nourriture, en évitant les contacts proches avec des malades, en ayant des rapports sexuels protégés et en tenant vos vaccinations à jour ;
  • préparer les aliments de façon hygiénique en respectant les Cinq clés pour des aliments plus sains (les garder propres, séparer les aliments crus et cuits, bien les cuire, les conserver à une température adaptée) et choisir des produits d’élevage sans antibiotiques.
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