Diabète de type 2 : symptômes, diagnostic, traitements, personnes à risque

Certifié par nos experts médicaux MedisiteLe diabète de type 2 est la forme la plus répandue de diabète. En forte augmentation en France, comme dans tous les pays industrialisés, il peut entraîner diverses complications parfois graves. Comment le diagnostiquer et le contrôler ? Tour d'horizon des recommandations.

Définition

S’il existe deux formes principales de diabète, le type 2 est largement plus répandu puisqu’il concerne 90 % des malades. On l'appelle aussi diabète sucré. Cette affection se manifeste par une résistance à l’insuline, empêchant l’organisme d'utiliser le glucose comme source d’énergie. Celui-ci s’accumule alors dans le sang et entraîne une hyperglycémie constante. On parle de diabète lorsque la glycémie à jeun est, à deux reprises consécutives, supérieure à 1,26 gramme par litre dans le sang, la norme se situant entre 0,80 et 1,10 gramme. Un patient affichant une glycémie supérieure à 2 grammes par litre deux heures après une épreuve de charge orale en glucose ou encore un sujet qui affiche une glycémie supérieure à 2 grammes par litre à n’importe quel moment de la journée est aussi considéré comme diabétique

S’il existe différentes mesures de prévention, le diabète de type 2 est difficilement pris en charge lorsqu’il se déclare, la pathologie étant asymptomatique. Les malades sont majoritairement diagnostiqués tardivement, ce qui augmente le risque de complications.

Chiffres

420 millions de personnes seraient touchées par le diabète dans le monde. En France, 3,7 millions d’individus sont concernés et suivent un traitement contre cette maladie. Toutefois, ces chiffres peuvent être légèrement sous-estimés, bon nombre de personnes vivant avec le diabète de type 2 sans le savoir. Le diabète de type 2 concerne 85 à 90 % des personnes diabétiques.

A noter : le diabétologue Bruno Vergès évalue lui, à 4,5 millions le nombre de Français atteints par cette pathologie. Comme il l'explique, la courbe d'incidence du diabète dans le monde est exponentielle en raison de l’augmentation de l’obésité à la fois dans les pays industrialisés et dans ceux en forte croissance comme la Chine ou l’Inde. Dans ces régions, « l’épidémie de diabète du type 2 » gagne du terrain, déplore notre expert.

Symptômes

Lorsque la maladie se déclare, elle est bien souvent asymptomatique. C’est en effet la particularité du diabète de type 2. Cela augmente le risque de complications à la longue. 

Dans des situations moins fréquentes, des signes d’hyperglycémie peuvent réveler un diabète de type 2 :

  • une soif intense ;
  • une envie fréquente d’uriner 
  • un grand appétit ;
  • une fatigue importante ;

Le diabète de type 2 peut aussi se révéler dévant des plaies cicatrisant lmal ou des complications du diabète comme :

  • des troubles de la vue ;
  • des affections rénales ;
  • des complications cardiovasculaires (infarctus du myocarde) ou neuro-vasculaires (accident vasculaire cérébral) ; 
  • des atteintes neurologiques (douleurs des membres inférieurs) ;
  • des plaies au niveau des pieds, augmentant le risque de gangrène et d’amputation.
  • des dysfonctions érectiles chez les hommes ou des infections urinaires répétées chez les femmes. 

Photo : illustration du pancréas

Photo : illustration du pancréas© Istock

Causes

Le diabète de type 2 se traduit par une résistance à l’insuline puis une diminution relative de la sécrétion d'insuline, engendrant une hyperglycémie. La résistance à l’insuline est favorisée par la surcharge pondérale et le manque d’activité physique. Les facteurs environnementaux et alimentaires jouent un rôle crucial dans l’apparition de cette pathologie. En cas de surpoids et d’inactivité physique le diabète se développera d’autant plus rapidement qu’il existe des antécédents familiaux de diabète de type 2.

Facteurs de risques

Plusieurs éléments favorisent l’apparition du diabète de type 2 :

  • des antécédents familiaux de diabète de type 2 ;
  • une mauvaise alimentation (trop riche en graisses et en sucres) ;
  • l’hypertension artérielle ;
  • le fait d’être trop sédentaire ;
  • la consommation d’alcool et de tabac ;
  • les antécédents de maladies cardiovasculaires
  • antécédents personnels de diabète gestationnel.

Personnes à risque

Certains profils sont plus susceptibles de développer un diabète de type 2 par rapport à d’autres. C’est notamment le cas des personnes :

  • présentant un IMC au-dessus de la normale (surpoids ou obésité)
  • âgées de plus de 40 ans, même si la prévalence (nombre de cas pour une période définie) de la maladie augmente et touche désormais des sujets de plus en plus jeunes. Par ailleurs, l’obésité infantile très élevée dans les pays industrialisés « favorise le développement du diabète de type 2 précoce », souligne le professeur Vergès.
  • Ne suivant pas des mesures hygiéno-diététiques saines (alimentation trop grasse et trop sucrée et l’absence d’activité sportive régulière).
  • Ayant des antécédents familiaux de diabète de type 2

A noter : Le fait d’avoir eu un diabète gestationnel durant la grossesse augmente le risque de survenue de diabète de type 2 plus tard. Il est néanmoins possible de l'éviter en pratiquant une activité physique régulière et en évitant de prendre du poids. Cela abaisse le risque de 60 %, soulève le diabétologue.

Durée

Une fois déclaré, le diabète ne se guérit pas. Toutefois, le diabète de type 2 peut être considérablement réduit si le patient adopte des comportements hygiéno-diététiques sains, à savoir une alimentation équilibrée et une pratique sportive régulière.

Contagion

Le diabète n’est pas une maladie contagieuse.

Qui, quand consulter ?

Le diabète est souvent silencieux au début. Voilà pourquoi, à l’approche de la quarantaine, si des antécédents familiaux existent, il faut en parler à son médecin pour effectuer un dépistage.

Par ailleurs, d’autres signes significatifs doivent pousser à consulter, parmi lesquelles : 

  • des infections urinaires à répétition ;
  • des asthénie ;
  • une perte de poids inexpliquée ;
  • des plaies ou infections qui guérissent mal.

En cas suspicion de diabète, le médecin traitant pourra diriger son patient vers un diabétologue pour un bilan complet ou en cas de difficulter à obtenir un contrôle satisfaisant du diabète sous traitement.

Photo : une perte de poids anormale peut révéler un diabète de type 2

Photo : une perte de poids anormale peut révéler un diabète de type 2© Istock

Complications

Le diabète de type 2 a la particularité de rester des années asymptomatique. Comme le précise le professeur Vergès, on peut vivre 10 ou 15 ans avec cette maladie sans le savoir. C’est pourquoi, dans environ la moitié des cas, les malades découvrent qu’ils en sont atteints après le développement d’une complication. Et celles-ci peuvent être graves.

L’atteinte des petits vaisseaux

Les vaisseaux de l’œil

A cause de l’hyperglycémie permanente, divers vaisseaux peuvent être atteints dont ceux de l’œil. Dans ce cas-ci, le risque est alors de développer une rétinopathie diabétique. Et si elle n’est pas prise en charge à temps, le patient peut perdre la vue.

Le risque de dialyse

Autre vaisseaux susceptibles d’être affectés en cas de diabète : ceux du rein. Cela peut entraîner une insuffisance rénale. « Une dialyse est parfois nécessaire », explique le diabétologue.

L’atteinte des artères principales

Les artères cardiaques

Les artères coronaires peuvent également être touchées en cas de diabète, doublant ainsi le risque d’infarctus du myocarde et augmentant celui d’accident vasculaire cérébral.

Les artères des pieds et l’amputation

La maladie peut conduire à une neuropathie, autrement dit, les nerfs des pieds sont affectés. Cette atteinte des artères pédieuses peut entraîner une artérite des membres inférieurs, et une amputation. « Le diabète est la première cause d’amputation non traumatique en France », précise le diabétologue. « Les patients perdent toute sensibilité » et peuvent se blesser, sans même s’en rendre compte, engendrant des infections multiples.

L’atteinte des nerfs

Le diabète peut aussi entraîner une atteinte des nerfs (neuropathie) qui peut se manifester par des douleurs neurologiques ou une insensibilité en particulier au niveau des membres inférieurs.

Les autres complications

D’autres complications sont possibles comme une prédisposition aux infections, une mauvaise cicatrisation ou une perte de souplesse articulaire au niveau des mains et des pieds.

Examens et analyses

Généralement, le diagnostic est posé alors que la maladie est installée depuis des années. C’est bien souvent à l’apparition d’une complication du diabète ou au hasard d’un bilan sanguin prescrit par le médecin, que l’on découvre la maladie. 

Le contrôle de la glycémie à jeun

Chez une personne en bonne santé, l’insuline produite par le pancréas maintient la glycémie autour de 1 g/l lorsque les apports de sucre sont importants. Mais en cas de résistance à l’insuline, présente au cours du par la diabète de type 2, le taux de glucose dans le sang augmente, créant une hyperglycémie constante.

Le médecin prescrira une analyse sanguine pour évaluer la glycémie à jeu. Si le niveau dépasse 1,26g/l à jeun, à deux reprises consécutives, le diagnostic du diabète sera posé. 

Le calcul de la glycémie post prandiale

Pour confirmer ce résultat, la mesure de la glycémie post prandiale peut aussi être déterminée. Celle-ci se réfère au taux de sucre une à deux heure après le repas.

L’analyse de l'hémoglobine glyquée

L'hémoglobine glyquée, aussi appelée HbA1C, est aussi contrôlée. Grâce à cette analyse, le médecin peut évaluer la moyenne des glycémies (taux de sucre dans le sang) sur les trois derniers mois puisque le glucose se fixe sur cette hémoglobine, qui capte le sucre. Chez une personne non atteinte du diabète, elle s’élève à 5,5 %. Chez le diabétique, le traitement visera à la maintenir en-dessous de 7 % pour éviter les complications.

Les analyses d’urine

Le patient passera également des analyses d’urine pour déceler notamment, l’albumine ou micro-albumine. Et pour cause, sa présence dans les urines indique le développement d’une complication rénale liée au diabète.

Évaluation des complications liées au diabète 

Le diabète de type 2 se développant de manière silencieuse, à la longue, l’hyperglycémie permanente atteint différents organes ou vaisseaux sanguins. C’est pourquoi, toutes les complications liées au diabète seront passées en revue. Une série d’examens seront indiquées :

  • une analyse sanguine pour rechercher une anomalie lipidique ;
  • un examen complet ophtalmologique (fond d'œil, acuité visuelle, tension oculaire…) pour déceler une éventuelle rétinopathie ;
  • un électrocardiogramme ;
  • un examen attentif des pieds ;
  • Un examen neurologique clinique ;
  • En cas d’anomalies artérielles décelées lors de l’examen clinique, un doppler artériel des membres inférieurs pourra être demandé.

Traitements

Le traitement du diabète de type 2 consiste à équilibrer la glycémie dans les valeurs cibles pour éviter toute aggravation de la maladie ou des complications.

Une alimentation équilibrée

Le contrôle du poids fait partie intégrante du traitement du diabète de type 2.

A noter : plus un individu présente un poids anormalement important, et présente un niveau de graisse dans son corps, plus le pancréas a besoin de fabriquer de l’insuline. Or, si celui-ci est défaillant, le diabète augmente.

Une activité physique régulière

La maîtrise du poids est aussi garantie par la pratique d'une activité physique régulière. « Si le diabète de type 1 est caractérisé par une carence en insuline, le diabète de type 2 résulte d’une résistance à l’insuline. Le fait d’être en surpoids ou d’avoir une prédisposition peut rendre l’insuline que l’on fabrique moins efficace et l’organisme résiste à cause de l’excès de graisse. En plus d’un régime alimentaire adapté, on préconise la pratique régulière d’une activité physique », explique le diabétologue. En elle-même, l’activité physique améliore la sensibilité à l’insuline et ainsi la glycémie.

Photo : une activité physique régulière permet de lutter contre le diabète de type 2

Photo : une activité physique régulière permet de lutter contre le diabète de type 2© Istock

Le traitement médicamenteux

Le plus souvent administrés par voie orale, des médicaments peuvent être prescrits si les efforts liés au mode de vie (alimentation et sport) ne suffisent pas à faire baisser la glycémie. « Si l’association d’une alimentation plus saine et du sport n’est pas suffisante, on peut avoir recours au Metformine. Ce médicament fonctionne très bien en cas de résistance à l’insuline. Il est utilisé depuis longtemps. Il existe aussi d’autres armes thérapeutiques avec des médicaments de classes diverses, qui vont améliorer la résistance à l’insuline », détaille le spécialiste.

D’une façon schématique, il existe des traitments qui sont plutôt actifs sur la réssitance à l’insuline et d’autres qui visent à compenser la carence de sécrétion d’insuline en stimulant le pancréas.

A noter : En cas de déficit de la sécrétion d’insuline, si les médicaments stimulant le pancréas ne sont pas suffisants, un traitement par insuline peut être parfois nécessaire.

Le contrôle de l'hémoglobine glyquée

Ces analyses permettent d’évaluer le niveau de sucre dans le sang durant les derniers mois. Au fur et à mesure du traitement, le médecin établira une courbe d’évolution afin d’éviter des complications. Si une personne en bonne santé affiche un taux inférieur à 5,5 %, le patient ne devra pas afficher un taux supérieur à 6 % au début. Un taux qui pourra être revu à 7 % après des années de traitement.

On considère qu’un taux d’hémoglobine glyquée (ou HbA1c) inférieur à 7 % protège des complications du diabète comme la rétinopathie, l’atteinte rénale et la neuropathie.

A noter : plus le taux d'HbA1c est faible, plus l’atteinte des vaisseaux diminue.

Erreur de traitement et hypoglycémie

La prise d’une dose trop élevée du traitement antidiabétique (ou du dosage d’insuline pour les patients traités par insuline) peut entraîner une hypoglycémie. Le taux de glucose descend sous 0,70 grammes par litre. Comme le souligne le professeur Vergès, cela arrive lorsque le patient a un excès d’insuline secondaire à un traitement qui stimule notamment l’insulino-sécrétion ou à une dose trop élevée d’insuline en cas de traitement par insuline.

L'hypoglycémie se traduit par des tremblements, une sudation, une accélération rythme cardiaque, des troubles de la vue, troubles de concentration, coup de fatigue brutale, voire des troubles du comportement.

Dans cette situation, le resucrage est indispensable. Il consiste à la prise d’une collation équivalente à 3 morceaux de sucre. Cela peut peut être une brique de jus, une cuillère à soupe de miel… Il faut également contrôler sa glycémie après s’être resucré.

A noter  : si le malade perd conscience, et que personne n’est en mesure de lui administrer une ampoule de glucagon (hormone hyperglycémiante sécrétée par le pancréas), les secours doivent être alertés.

Le diabète pouvant affecter divers organes et entraîner des troubles variés, le patient sera suivi par une équipe pluridisciplinaire (son médecin traitant, un diabétologue, un cardiologue (visite annuelle), un ophtalmologue (visite annuelle) et un pédicure-podologue.

Prévention

En adoptant une bonne hygiène de vie, en s'informant sur les risques de la maladie,  et en étudiant ses antécédents, il est possible de prévenir la maladie. 

Veiller à son régime alimentaire et à sa forme physique

En cas de prédisposition familiale au diabète de type 2, il convient d’adopter de bonnes habitudes hygyéno-diététiques. Elles passent par :

  • Le suivi d’un régime alimentaire équilibré, pauvres en graisses animales et en sucre. On privilégie les fibres.
  • La pratique d’une activité physique régulière (au moins 30 minutes trois fois par semaine).
  • La réduction de la consommation d’alcool.
  • L’arrêt du tabac.
  • Le contrôle de son poids.

Contrôler son taux de cholestérol et sa tension artérielle

Après l’âge de 40 ans, il convient de surveiller régulièrement sa tension artérielle et son taux de cholestérol.

Effectuer le test FINDRISC

Afin que chacun puisse évaluer son risque qu'il a de développer un diabète, la Fédération française des diabétiques a créé un test baptisé FINDRISC, basé sur 8 questions simples. Le résultat, qui ne remplace pas un véritable dépistage clinique chez son médecin, permet toutefois de déterminer les personnes potentiellement susceptibles d’être touchées par la maladie. L’obtention d’un score supérieur à 15 est une indication à consulter.

Maigrir guérit-il le diabète de type 2 ?

Réponse du professeur Vergès, diabétologue :

A la différence du diabète de type 1, le diabète de type 2 peut être réduit grâce « au contrôle de poids » et une activité physique régulière , précise le professeur Vergès. S’il s’agit d’une maladie avec laquelle il faut vivre tout au long de la vie, un amincissement en cas d’obésité ou de surpoids, permet une réduction significative de l’hyperglycémie constante. En revanche, une « reprise de poids prédispose au retour du diabète », prévient le spécialiste.

Sites d’informations et associations

Source(s):

Inserm

Vidal.fr

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