Les personnes dont les parents ont une longue espérance de vie sont moins susceptibles de devenir diabétiques. C’est ce qu’il ressort d’une étude publiée le 11 avril dernier dans la revue Frontiers in Clinical Diabetes and Healthcare. “Dans une nouvelle étude, nous montrons que les enfants de parents ayant une longévité exceptionnelle, ainsi que leurs conjoints, ont un risque réduit similaire de développer un diabète de type II par rapport à la population générale”, précise Iva Miljkovic, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Pittsburgh, aux États-Unis, et auteure principale de cette étude.

Partant du principe que l’”on sait peu de choses sur le risque de diabète de type 2 chez les descendants de personnes à la longévité exceptionnelle”, ses travaux se sont concentrés sur les familles des États-Unis et du Danemark dont plusieurs membres vivent exceptionnellement longtemps.

Diabète : avoir une famille à longue durée de vie diminue les risques

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs américains ont donc suivi la santé de 4559 femmes et hommes ayant une longue durée de vie (âgés de plus de 90 ans au moment de l'inscription), de 1445 de leurs frères et sœurs (eux-mêmes âgés de plus de 80 ans), de 2329 enfants (âgés de 32 à 88 ans) des personnes ayant une longue espérance de vie ou de leurs frères et sœurs, et de 785 conjoints de ces enfants, de 2006 à 2017.

En tout, les auteurs ont donc étudié 583 familles vivant aux États-Unis ou au Danemark de deux générations présentant un "vieillissement sain" et une espérance de vie exceptionnelle. Ils ont ensuite étudié quels étaient les personnes atteintes de diabète de type 2. L’étude précise que le diabète de type 2 “a été défini comme une glycémie à jeun ≥ 126 mg/dl, ou une HbA1c (le pourcentage d'hémoglobine ayant fixé du sucre dans le sang) de ≥ 6,5%, ou un diagnostic de diabète auto-déclaré par un médecin, ou l'utilisation de médicaments antidiabétiques pendant un suivi moyen d’un an”.

Diabète de type 2 : 53% moins de risque chez les enfants et leurs conjoints

Résultat, parmi les enfants de personnes à longévité exceptionnelle et leurs conjoints, ils ne sont respectivement que 3,7% et 3,8 % à avoir développé un diabète de type 2 pendant l'étude. Cela correspond à un taux de 4,6 à 4,7 nouveaux cas de diabète de type II pour 1000 personnes par an, soit environ 53% de moins que le taux observé chez les personnes âgées de 45 à 64 ans dans la population générale des États-Unis. L’étude démontre donc que faire partie d'une famille à longue durée de vie, que ce soit par descendance ou par mariage, réduit les risques de développer un diabète de type II.

Les caractéristiques qui semblaient protéger contre le développement du diabète de type II étaient selon l’étude un faible IMC, un faible tour de taille, des niveaux élevés de cholestérol HDL et des hormones adiponectine et globuline liant les hormones sexuelles dans le sang, et de faibles niveaux de triglycérides.

Pourquoi les conjoints ont aussi moins de risques ?

"Nous avons constaté que les biomarqueurs pro-inflammatoires et de signalisation des facteurs de croissance semblent avoir des effets positifs et négatifs plus marqués sur le risque de diabète chez les conjoints des descendants de survivants exceptionnels que chez ces descendants eux-mêmes. Cela suggère que des facteurs de risque biologiques différents affectent ce risque dans les deux groupes", a déclaré l’auteure de l’étude.

Cela signifie-t-il que les conjoints finissent par se ressembler au niveau des biomarqueurs sanguins simplement parce qu'ils partagent le même foyer et le même mode de vie, indépendamment de leur constitution génétique au début de leur vie ? Pas nécessairement toujours, prévient l’auteure de l’étude.

Selon elle, l'accouplement assortatif est une explication possible. “Il est également possible que les gens aient inconsciemment tendance à choisir leurs partenaires par le biais de ce que l'on appelle l'accouplement assortatif, c'est-à-dire en ayant tendance à faire correspondre leurs phénotypes et les génotypes sous-jacents", conclut-elle.

Pour Iva Miljkovic, "d'autres études sont nécessaires pour comprendre pourquoi le fait d'être marié à un membre d'une famille à longue durée de vie s'accompagne également d'un avantage en termes de santé métabolique et de survie, similaire à celui de son conjoint."

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Sources

Low Risk for Developing Diabetes Among the Offspring of Individuals With Exceptional Longevity and Their Spouses, Frontiers in Clinical Diabetes and Healthcare, 11 avril 2022.

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcdhc.2022.753986/full

Children born in exceptionally long-lived families have reduced risk for developing type II diabetes, new-medical.net, 11 avril 2022. 

https://www.news-medical.net/news/20220411/Children-born-in-exceptionally-long-lived-families-have-reduced-risk-for-developing-type-II-diabetes.aspx

mots-clés : Diabète
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