Boire un verre de vin par jour, vraiment bon pour la santé ? [Info ou intox]

Publié le 16 Juillet 2019 à 11h31 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Cela fait des années qu’on le répète : boire un verre de vin tous les jours préserverait la santé - et en particulier celle de notre cœur. Les études sont d’ailleurs nombreuses à confirmer cette idée. Pourtant, de récents travaux britanniques ont conclu le contraire : non seulement le vin n’aurait aucun effet bénéfique, mais en plus, il augmenterait le risque d’AVC. Qu’en est-il vraiment ? Nous avons interrogé trois spécialistes…
Istock

Un verre de vin par jour, bon pour la santé : le “French paradox”

La consommation de vin remonte à plusieurs millénaires. Mais c’est à partir de la fin du XXème siècle que des chercheurs se sont penchés sur ses potentielles vertus pour la santé.

Au début des années 1960, l’étude dite “des sept pays” (Seven Countries) révèle que la France enregistre les taux de mortalité par cardiopathie ischémique les plus plus faibles parmi les pays industrialisés étudiés - Japon mis à part - alors que la part de graisses animales dans l’alimentation des Français est semblable à celle d’autres pays européens, où le risque coronaire est bien plus élevé.

Vingt ans plus tard, en 1991, la chaîne américaine CBS consacre un reportage à ce “paradoxe français”, médiatisé pour la première fois. L’année suivante, Serge Renaud et Michel De Lorgeril, chercheurs à l’Inserm de Lyon, publient un article indiquant que ce paradoxe pourrait s’expliquer par la consommation de vin hexagonale.

Un paradoxe nord-sud, ou méditerranéen

Mais l’étude MONICA, pilotée par l’Organisation mondiale de la santé et portant sur les maladies cardiovasculaire, relativise ce paradoxe. Ces travaux de très grande ampleur montrent un écart moins important de la mortalité cardiovasculaire chez entre la France et les autres pays d’Europe.

En revanche, un “paradoxe méditerranéen” semble apparaître, puisque les pays du Nord (Grande-Bretagne, Finlande…) enregistrent une mortalité bien plus élevée que les pays du bassin méditerranéen (France, Italie, Espagne…).

Le faible taux de maladies coronaires dans cette région pourrait donc en partie s’expliquer par le régime méditerranéen, riche en fruits, légumes, glucides lents et graisses monoinsaturées. La consommation modérée de vin rouge pourrait également jouer un rôle, comme le montrent un certain nombre d'études réalisées par la suite.

La majorité des études s’accordent sur les bienfaits du vin...

Ainsi, une étude prospective menée par l'American Cancer Society sur 490 000 hommes et femmes, et publiée en 1997, révèle que l’alcool aurait un effet protecteur à doses faibles ou modérées, mais aurait des conséquences dramatiques en cas d’abus.

Cinq ans plus tard, une méta-analyse de Di Castelnuovo et son équipe, publiée dans la revue Circulation, montre que la relation entre mortalité cardiovasculaire et consommation de vin dessine une courbe en J. Cela suppose que boire modérément aurait un effet bénéfique, tandis que l’abstinence ou la boisson en excès serait nocive.

En outre, des chercheurs français ont montré, en 2004, qu’une consommation de vin très modérée améliorerait également la pression artérielle et le cholestérol, et réduirait le risque de certains cancers.

… Jusqu’à ce que l’une d’elle remette en cause les vertus de cette boisson

Mais cette année, une étude britannique publiée au mois d’avril dans la revue scientifique The Lancet est venue bousculer toutes ces recherches antérieures. D’après les chercheurs, boire un verre de vin tous les jours n’aurait aucun effet bénéfique. Plus encore, cette habitude multiplierait les risques d’accident vasculaire cérébral de 10 à 15 %. Des résultats relativement controversé dans le domaine médical, par leur caractère isolé.

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