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"Un travail de l’Institut de veille sanitaire avait estimé le nombre de cas de ver solitaire moyens annuels à 65 000 en France", mentionne l’Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement et travail (Anses) dans un rapport. Le ver se présente sous la forme d’un long ruban pouvant mesurer entre 4 et 10 mètres (parfois jusqu’à 20 mètres de long), de couleur blanc jaunâtre. La source du danger pour l’Homme ? Son assiette !

Il faut savoir que toute personne est susceptible de contracter le ver solitaire : les jeunes enfants, comme les adultes ainsi que les personnes âgées.

Le ver solitaire, un parasite intestinal qui se nourrit de vos nutriments

Le ver solitaire, appelé aussi ténia, est un parasite intestinal qui prend ses quartiers dans le corps d’un être humain. Il évolue en se nourrissant de vos ressources. "A l’aspect d’une petite larve blanche, il se développe grâce à certains aliments, contaminés par une bactérie", explique Raphaël Gruman, nutritionniste et auteur de La Méthode Gruman (éd. Quotidien Malin ). Une fois le produit contaminé ingéré, le ver colonise votre côlon et y grandit en se nourrissant de vos nutriments. Ce dernier se fixe dans l’intestin grâce aux ventouses qui se trouvent sur sa tête.

Si son aspect de ver blanc en répugne plus d’un, il n’est pas invincible. Un traitement permet d’évacuer le parasite par les selles. "A priori, aucune conséquence mortelle n’a été observée dans le cas du ver solitaire, témoigne Raphaël Gruman. En revanche, certaines personnes ne sont pas à l’abri de complications, et particulièrement si le ténia n’est pas traité".

En effet, le ver compromet considérablement l'immunité de sa victime et peut endommager les poumons, les sinus ou encore le cerveau. Le patient est ainsi plus sujet aux infections et peut voir son pronostic vital engagé. D'où l'intérêt de connaître les aliments à risque et les premiers symptômes, afin de neutraliser le ténia avant qu'il n'endomage le système immunitaire.

Les viandes bovines et porcines sont des aliments à risque

Les viandes bovines et porcines sont des aliments à risque© Istock

Le nutritionniste recommande d’être particulièrement prudent lorsque l’on mange de la viande. "Certaines viandes comme la viande de bœuf ou de porc ont tendance à être contaminées par le ténia, explique le spécialiste. D’où l’importance de bien cuire la viande : la bactérie est alors détruite par la chaleur".


L’embryon du ver va se loger dans les muscles des bœufs et des porcs formant un petit kyste que l’homme avale avec la viande, sans s’en apercevoir. "Si celle-ci n’est pas assez cuite, l’embryon, resté vivant, se développe dans le tube digestif, où il devient un ver composé de plusieurs segments ou anneaux", ajoute l’Assurance Maladie.

Pour éviter de croiser la route de ce parasite, Raphaël Gruman préconise d’éviter la viande crue et d’être méfiant vis-à-vis de celle qui vous semble douteuse. "Si vous avez un doute sur la qualité de la viande, surtout si vous mangez à l’extérieur, mieux vaut vous abstenir. A la maison, veillez toujours à bien la conserver. En outre, il faut savoir que les viandes hachées sont particulièrement à risque". En effet, le fait de hacher la viande facilite la propagation de la bactérie à l'ensemble du morceau.

Attention aux sushis, trop souvent mal conservés !

Attention aux sushis, trop souvent mal conservés !© Istock

On trouve aussi le parasite dans les sushis, même si ce n’est pas exactement le même ver, alerte le nutritionniste. S’il convient de bien cuire la viande pour éviter le développement du ténia, il en sera autrement pour le poisson cru. "Il faut, dans ce cas, le détruire par la congélation. Les bons restaurants de sushis, s’ils sont fiables, vont toujours congeler le poisson", explique-t-il. Il n’y aura alors aucun risque.

En effet, une loi européenne datant de 2004 impose aux restaurateurs une congélation du poisson cru à -20 degrés pendant 24 h ou à -35 degrés pendant 15h minimum, afin d’éliminer tout risque d’intoxication. Malheureusement, de nombreux restaurants semblent déroger à la règle. Les médecins du CHU de Rennes ont d’ailleurs confirmé que les patients victimes du ver solitaire étaient tous consommateurs de sushis et clients de restaurants japonais.

Le ténia du poisson évolue dans l’eau et donne naissance à des larves qui nagent librement, avant d’être ingérées par des microcrustacés. "Ces derniers sont ensuite ingérés par des poissons, dans lesquels les larves deviennent infestantes", détaille le laboratoire pharmaceutique MSD.

Pertes blanches au niveau des selles : les premiers signes révélateurs du ver solitaire

Pertes blanches au niveau des selles : les premiers signes révélateurs du ver solitaire© Istock

S’il peut impressionner avec ses 10 mètres de longs, le ver solitaire passe inaperçu dans un premier temps. Les premiers signes vont survenir au bout de quelques semaines, lorsque le ver aura totalement colonisé le côlon et acquis une certaine taille. "Des petites pertes blanches au niveau des selles peuvent survenir : elles correspondent aux anneaux du ver, décrit le nutritionniste. Un morceau du ver va de détacher et se couper en petites parties".

Par la suite, si vous êtes contaminé, vous risquez de ressentir une importante fatigue, des nausées et douleurs intestinales. "En outre, votre transit peut se trouver déréguler, prévient Raphaël Gruman. Vous enchaînerez alors constipations et diarrhées".

S’il se murmure que le ver solitaire fait maigrir, ce n’est qu’un mythe ! "A une époque, certaines personnes consommaient des vers régulièrement en pensant perdre du poids. Elles avaient tendance à croire que le ver solitaire puisait dans nos calories. C’est faux", informe le spécialiste. Le ténia certes, se nourrit des aliments consommés par son "hôte", mais il s’agira d’une part minime.

"En revanche, ce dernier va se servir dans certaines vitamines, ce qui explique pourquoi le sujet ressentira de la fatigue". Cette perte d’énergie va alors engendrer une augmentation de l’appétit. "Pour compenser la fatigue, le corps va demander plus d’aliments : les patients se dirigent naturellement vers des plus grandes portions que la normale, ou consomment plus d’aliments caloriques", poursuit Raphaël Gruman. On peut donc très bien prendre du poids, si l’on est colonisé par le ver solitaire.

Les complications : le déficit immunitaire

Les complications : le déficit immunitaire© Istock

Le traitement contre le ver solitaire fait effet rapidement. Le nutritionniste parle de quelques jours, une semaine au maximum. "Le patient se verra prescrire un vermifuge. Ce comprimé tue le ver et l’éliminer par les selles", explique l’expert. Ce médicament antiparasitaire, utilisé pour les Hommes comme pour les animaux, est connu pour éradiquer les vers parasites.

"En principe, le ténia ne laissera aucune séquelle aux victimes, sauf chez les personnes fragiles, estime le nutritionniste. Il s'agit des personnes âgées, ou en situation de handicap. En l’absence de traitement, le ver peut avoir des conséquences sur leur état général : en absorbant les vitamines, le parasite compromet l’immunité de ces victimes et affaiblit leur organisme", En effet, les vitamines protègent notre santé et freinent le développement des maladies.

Les personnes âgées sont alors susceptibles de devenir immunodéficientes en présentant un déficit immunitaire. Ces dernières présenteront une sensibilité accrue aux infections. Répétées ou sévères, elles peuvent parfois remettre le pronostic vital en question et endommager certains organes tels que les poumons, les sinus ou encore le cerveau.

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Sources

Merci à Raphaël Gruman, nutritionniste et auteur de La méthode Gruman, éd. Quotidien Malin 

Nature et sources du téna saginata, rapport de l'ANSES

Laboratoire MSD

Comprendre les parasitoses intestinales, Assurance Maladie

Vidéo : Top 3 des aliments qui peuvent vous intoxiquer

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