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Alzheimer : l’âge n’est pas le seul responsable

La maladie d’Alzheimer et autres démences sont les plus fréquentes des maladies neurodégénératives et représentent une cause majeure de perte d’autonomie. En France, 900 000 personnes sont atteintes par la maladie d’Alzheimer et on estime à 2,1 millions le nombre de Français qui seront touchés en 2040. Ces chiffres s’expliquent en grande partie par le vieillissement général de la population. Cependant, une nouvelle étude montre que l’âge n’est pas le seul facteur qui peut augmenter les risque s. Trois autres facteurs y contribueraient aussi. Et bonne nouvelle puisque vous avez un pouvoir direct sur deux d’entre eux.

Une étude pour mesurer l’impact des modes de vie sur le cerveau

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont suivi 4 164 personnes d'un âge moyen de 59 ans. Elles ont toutes passé un test appelé “Lifestyle for Brain Health” (LIBRA), que l’on peut traduire par “Mode de vie pour la santé du cerveau”. Le score total reflète le potentiel d'une personne à développer une démence en tenant compte de 11 des 12 facteurs liés au mode de vie, notamment l'hypertension artérielle, les maladies cardiaques, le tabagisme, l'alimentation et l'activité physique. Une récente étude a également trouvé un lien avec la dépression.

Chacun des participants à l'étude ont passé des tests de mémoire et de capacités cognitives, telles que la vitesse de traitement de l'information, la fonction exécutive et l'attention. Les chercheurs ont également examiné les IRM cérébrales des participants à la recherche de signes de maladie dans les petits vaisseaux du cerveau, souvent observés chez les patients atteints de démence.

Démence : 3 facteurs de risque sont mis en avant

Conclusion ? Les chercheurs ont découvert que les personnes faisant partie du groupe à plus haut risque du test LIBRA, avaient en commun les trois mêmes facteurs, dont deux concernant leurs habitudes de vie.

L’hypertension artérielle

Selon les résultats de l’étude, l’hypertension artérielle, en particulier à l’âge mûr, augmente considérablement le risque de démence.

L’hypertension, un facteur à surveiller dès la trentaine

Mais ce n'est pas tout ! D’après les scientifiques, les personnes souffrant d’hypertension entre 30 et 50 ans sont deux tiers plus susceptibles de développer une maladie cérébrale incurable. Cela s’explique par le fait que cette pathologie endommage le cerveau en rétrécissant les vaisseaux sanguins, ce qui augmente les risques de rupture ou de blocage.

Hypertension : une personne sur deux ne connaît pas son diagnostic

Ces chiffres sont d’autant plus préoccupants qu’une étude récemment publiée par des chercheurs de la NCD Risk Factor Collaboration, révèle que cette maladie touche plus d’un milliard de personnes dans le monde. Plus inquiétant encore, plus de la moitié de ces cas (environ 720 millions de personnes) ne seraient pas traités pour leur hypertension.

Pour rappel, les normes internationales indiquent des valeurs de tension trop élevées au-delà de 140 mmHg (ou millimètres de mercure) pour la pression systolique et 90 mm Hg pour la pression diastolique, soit une pression de "14/9" dans le langage courant.

L’hypertension apparaît généralement avec l’âge, mais certains facteurs peuvent y contribuer, notamment une alimentation riche en sodium ainsi qu’un manque d’exercice physique. Néanmoins, il n’est pas toujours possible de contrôler sa pression artérielle, en particulier quand elle résulte d’autres maladies comme du diabète. Découvrez donc ces deux autres facteurs qui peuvent augmenter vos risques de démence mais pour lesquels vous avez un réel pouvoir.

Deux habitudes de vie à abandonner

Arrêter la cigarette

Les scientifiques estiment que 14 % de tous les cas de maladie d'Alzheimer dans le monde sont potentiellement attribuables au tabagisme. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les fumeurs ont un risque 45 % plus élevé de développer une démence que les non-fumeurs. “Étant donné qu'il n'existe actuellement aucun remède contre la démence, les interventions de santé publique doivent se concentrer sur la prévention en modifiant les facteurs de risque modifiables comme le tabagisme”, explique le Dr Shekhar Saxena, directeur du Département de la santé mentale et de la toxicomanie à l'OMS. "La recherche montre qu'une diminution du tabagisme aujourd'hui entraînera probablement une diminution substantielle du fardeau de la démence dans les années à venir."

En mai dernier, une étude publiée dans la revue Scientific Reports démontrait que le tabagisme et les maladies cardiovasculaires sont des facteurs de risque de démence. En effet, outre le risque aggravé de développer la maladie d'Alzheimer, le tabagisme augmente aussi le risque de contributions vasculaires à la déficience cognitive et à la démence (VCID), qui affectent la mémoire, la pensée et le comportement. Matt Huentelman, professeur de neurogénomique et auteur principal de l'étude assure que cette étude révèle "que le tabagisme et les maladies cardiovasculaires ont un impact sur l'apprentissage verbal et la mémoire tout au long de l'âge adulte, dès l'âge de 18 ans". Ces travaux sont également les premiers à prouver que les effets du tabagisme sur la santé neurologique sont plus prononcés chez les femmes.

Réduire la consommation d'acides gras saturés et trans

Les chercheurs ont découvert que la nutrition et l'exercice physique peuvent potentiellement influencer le processus par lequel le cerveau produit de nouvelles cellules cérébrales, également appelé la “neurogenèse hippocampique”. Une neurogenèse altérée peut, entre autres, représenter un biomarqueur précoce du déclin cognitif et de la démence.

Ainsi, ils ont démontré que les régimes riches en acides gras saturés et trans augmentent les risques de déclin cognitif et le risque de développer une démence. Pour éviter les acides gras saturés, il faut donc réduire les graisses d’origine animale telles que le beurre, la crème fraîche, les fromages, le saindoux ou le lard. On les trouve également dans certaines huiles végétales tropicales (huile de palme) et dans les produits alimentaires fabriqués à partir de ces sources de gras comme les pâtisseries, les charcuteries ou les produits laitiers gras. Les acides gras trans se retrouvent quant à eux essentiellement dans les soupes en conserve, les pâtisseries et biscuits industriels, les biscuits apéritifs, les pâtes à tartiner, certaines pâtes à tarte, certaines margarines, ou encore dans les barres de céréales.

À l'inverse, selon une étude récente de l'université d'Harvard, un régime alimentaire à base de flavonoïdes - des molécules qui donnent leurs couleurs aux plantes - pourrait réduire le risque de déclin cognitif. Ce sont les propriétés antioxydantes des flavonoïdes qui agiraient directement sur les capacités cérébrales du patient. Il existe de nombreux aliments qui abritent d’importantes quantités de vitamine P, l'autre nom des flavonoïdes. C'est le cas de la fraise, comme de nombreux fruits rouges, qui comporte des flavonoïdes riches en antioxydants. Le cassis a par exemple l’un des taux de flavonoïdes le plus élevé : 607,1 milligrammes pour 100 grammes. La fève de cacao, transformée en tablette de chocolat noir est également riche en polyphénol antioxydant.

Sources

https://www.express.co.uk/life-style/health/1483222/dementia-high-blood-pressure-smoking-poor-diet-increasing-risk 

https://sciencepost.fr/plus-dun-milliard-de-personnes-hypertension/ 

https://www.vidal.fr/sante/nutrition/corps-aliments/lipides-energie/acides-gras-satures-insatures-trans.html 

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