Marcher plus doucement est souvent vu comme un signe de vieillissement ou encore d’une fragilité croissante pouvant conduire à des chutes. Toutefois, ce changement d’allure pourrait trahir un autre souci de santé. Selon des chercheurs de l'Université Monash de Victoria (Australie), une démarche lente pourrait également être liée à un risque accru de démence.

Un déclin de la marche et la mémoire, signes avant-coureurs de démence

Les chercheurs australiens ont suivi près de 17 000 adultes de plus de 65 ans pendant 7 ans. Tous les deux ans, les participants ont été invités à passer des tests cognitifs qui mesuraient le déclin cognitif global, la mémoire, la vitesse de traitement et la fluidité verbale. Ils devaient par ailleurs parcourir deux fois 3 mètres. La moyenne des deux marches était retenue.

Des études antérieures avaient déjà établi des liens entre le déclin cognitif et un risque plus élevé de démence. Mais la première fois que des tests de marche et de mémoire sont effectués ensemble.

L’analyse des données obtenues montre que les personnes qui marchent environ 5% plus lentement chaque année tout en présentant des signes de ralentissement des capacités cognitives, notamment la mémoire, étaient les plus susceptibles de souffrir une démence quelques années plus tard.

Comme le précise l’article scientifique - publié dans la revue JAMA Network Open le 31 mai 2022 - présentant les résultats de l’équipe australienne, c’est la première fois que les déclins des capacités de déplacement et de la mémoire ont été associés à un risque plus élevé de démence.

Démence : une découverte qui pourrait faciliter le diagnostic des risques

Pour les chercheurs australiens, leur découverte ouvre la porte à de nouveaux outils de diagnostic des risques d’une démence chez les seniors. "La mesure de la vitesse de marche est vraiment simple, peu coûteuse et rapide. Le test peut être utilisé par les professionnels de santé avec un dépistage cognitif pour voir si quelqu'un présente un risque de démence", explique le Pr Michele Callisaya, auteure principale de l’étude, à nos confrères Medscape Medical News.

La scientifique ajoute que si la vitesse de marche d'un patient ralentit, les médecins pourraient envisager "toutes ces interventions préventives que nous savons importantes pour réduire le risque de démence, comme l'exercice, l'alimentation, l'abaissement de la tension artérielle et la lutte contre le diabète et l'obésité".

Velandai Srikanth, directeur du National Center for Healthy Aging de l'Université Monash et auteur de l’article, confirme les propos de sa collègue. Pour lui, les personnes présentant un ralentissement de la marche et des troubles de mémoire pourraient revoir leurs habitudes pour réduire les risques de développer la maladie. "Ils seraient ceux qui essaieraient de s'assurer que leur tension artérielle est bien contrôlée, qu'ils sont actifs physiquement, qu'ils ont une bonne alimentation, qu'ils ont des liens sociaux... toutes les bonnes choses qui éloignent le risque de démence", explique l'expert au Sydney Morning Herald.

Sources

https://www.smh.com.au/national/walking-more-slowly-can-be-sign-of-impending-dementia-scientists-find-20220531-p5aptx.html

https://www.medscape.com/viewarticle/974837#vp_1

https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2792815

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