Hypertension artérielle (HTA) : symptômes, traitements, causes

Certifié par nos experts médicaux MedisitePremière maladie chronique en France - elle touche en moyenne 1 adulte sur 3 -, l’hypertension artérielle reste toutefois mal connue du grand public. Une nouvelle étude vient de considérer la solitude comme un facteur de risque. Précisions avec Nicolas Baron, cardiologue au Centre Hospitalier de Versailles André Mignot.

Qu’est-ce que la pression ou tension artérielle ?

Commençons par le commencement. Le coeur fonctionne comme une pompe qui propulse le sang dans toutes les artères pour apporter énergie et oxygène à l’organisme. Ce sang, ainsi mis en circulation, exerce une pression sur la paroi des artères. Et c’est cette pression que l’on appelle la tension artérielle. Elle peut être mesurée et on l’exprime en millimètres de mercure (mmHg) ou en centimètres de mercure (cmHg).

La pression (ou tension) artérielle est normale si elle est inférieure à 14/9 cmHg ou 140/90 mmHg.

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

L'hypertension artérielle  correspond à une augmentation anormale de cette pression du sang dans les artères. Comme mentionné précédemment, cette pression est considérée comme anormale si elle est supérieure à 140/90 mmHg, soit 14/9 cmHg. On dit alors du patient qu’il est "hypertendu". Ce qui peut à terme entraîner des complications graves au niveau cardiovasculaire, cérébrovasculaire ou au niveau de certains organes cibles (rein, rétine…). Exemples : l’accident vasculaire cérébral (AVC), les infarctus du myocarde, l’insuffisance rénale, l'insuffisance cardiaque… 

Quels sont les symptômes d'une hypertension artérielle ?

L’hypertension artérielle est une maladie essentiellement silencieuse, elle est donc difficile à déceler. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle son dépistage est primordial. Toutefois, certains symptômes peu spécifiques peuvent vous mettre la puce à l’oreille : maux de tête, essoufflements, insomnies, saignement de nez… En cas de doute, il faut en parler avec son médecin traitant.

Quelles sont les causes de la tension ?

Si tout le monde peut en souffrir, plusieurs facteurs de risque sont néanmoins associés à l'hypertension artérielle :

  • l’âge : le risque d'hypertension artérielle augmente avec l’âge et atteint 40 % des personnes à 65 ans et 90 % à 85 ans ;
  • la surconsommation de sel : on la doit surtout au "sel caché", largement présent dans les produits transformés, les surgelés ou dans les conserves ;
  • le surpoids ou l’obésité : on parle de surpoids si l’indice de masse corporelle (IMC : poids (kg) / taille (m)²) est supérieur à 25, et d’obésité s’il est supérieur à 30 ; 
  • la sédentarité : c'est-à-dire l'absence d’activité physique régulière ;
  • l’alcool et le tabac ;
  • la solitude.

Solitude : le risque d'hypertension chez les femmes est augmenté 

Selon une récente étude menée par l’Université de la Colombie-Britannique (Canada) et publiée dans le Journal of Hypertension, l’isolement social augmente le risque d’hypertension chez les femmes.

Chez les personnes âgées, l'isolement social est le plus grand facteur de risque connu de mortalité, égal au tabagisme. Nos recherches indiquent que les femmes, en particulier, sont plus susceptibles d'être hypertendues lorsqu'elles sont isolées à un âge moyen ou avancé, a déclaré la chercheuse principale Annalijn Conklin, professeure adjointe à la faculté des sciences pharmaceutiques de l'UBC et chercheuse au Center for Health Evaluation and Outcome Sciences. 

"Chez les femmes, l'augmentation de la pression artérielle associée au manque de liens sociaux était similaire à celle observée avec l'utilisation d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, l'augmentation de la pollution par les régimes alimentaires riches en sel ou la prise de poids", a ajouté Conklin.

Les femmes âgées entre 45 à 85 ans et célibataires ont tendance à cultiver moins de liens sociaux que celles qui sont en couple. Or, ce phénomène accenturait le risque d’hypertension selon les experts. Fatalement, les femmes veuves sont plus susceptibles de souffrir de cette pathologie, d’après les experts. 

Les scientifiques recommandent d’entretenir un lien social quotidiennement pour diminuer les risques d’hypertension. 

Qui peut souffrir d’hypertension artérielle ?

Tout le monde. L’hypertension artérielle est une maladie chronique très fréquente. Elle touche en moyenne 1 adulte sur 3 en France, selon les chiffres de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

Qui, quand consulter ?

Chaque individu doit se faire dépister au moins une fois par an auprès de son généraliste. 

Le conseil du docteur André Mignot, cardiologue : "si vous avez un tensiomètre à la maison, vous pouvez vous également vous auto-dépister une fois par an". 

Comment mesurer sa pression (ou tension) artérielle ?

Pour savoir si vous souffrez d’hypertension artérielle, il faut donc mesurer votre tension. Pour ce faire, le docteur Nicolas Baron conseille d’utiliser un tensiomètre, et de procéder à l’opération à la maison. Et pour ceux qui ont besoin de mesurer leur tension régulièrement, certains modèles sont en vente en pharmacie à des prix raisonnables (aux alentours de 20 € / 30 €).

Mais pourquoi prendre sa tension à la maison plutôt que chez son médecin ? "Cela évite l’effet "blouse blanche", ce stress qui fait monter la pression lorsque l’on se retrouve chez le médecin et qui risque de fausser les résultats". Lorsque l’on procède à cette évaluation à la maison, on parle d’automesure.

Parmi ses autres recommandations : se poser quelques minutes avant de prendre sa tension. Et pour cause, la mesurer juste après une activité sportive ou intellectuelle risquerait également de fausser les résultats. En suivant le mode d’emploi de l’appareil, placer le brassard gonflable deux centimètres au-dessus du coude puis démarrer la mesure de la tension. Une fois la mesure lancée, il ne faut ni bouger, ni parler. Effectuer ensuite une seconde mesure à quelques minutes d’intervalle puis transmettre les résultats à votre médecin.

Peut-on prévenir l’hypertension ?

Certaines habitudes de vie permettent de réduire considérablement le risque de développer une hypertension artérielle. Elles sont les mêmes que les facteurs de risque, à savoir, adopter une alimentation saine et équilibrée, limitée en sel, en sucres, en acides gras saturés et riche en fruits et en légumes, pratiquer une activité physique régulière adaptée, veiller à avoir un IMC (IMC : poids (kg) / taille (m)²) inférieur à 25, limiter sa consommation d’alcool (pas plus qu’un verre standard par jour pour les femmes et 2 verres standards par jour pour les hommes avec 2 jours d’abstinence par semaine) et arrêter le tabac. "Ces habitudes de vie ne préviennent pas uniquement une hypertension artérielle, mais également d’autres maladies évitables fréquentes (maladies cardio- et cérébrovasculaires, de nombreux cancers)", rappelle Santé Public France sur son site internet.

Journée mondiale contre l’hypertension : 17 mai 2020

Le 17 mai est la journée mondiale de l’hypertension artérielle, initiée par la Ligue mondiale contre l’hypertension. Le but de cette journée est de sensibiliser le public à la gravité des complications médicales que peut entraîner l’hypertension artérielle. Cette journée est également essentielle pour initier au dépistage, car si près d’un adulte sur 3 est concerné par l’hypertension artérielle, près de la moitié ne le sait pas, selon les chiffres publiés par l’INSERM. 

Hypertension essentielle (ou primaire)

Cela signifie qu’aucune cause connue n'explique son apparition, mais elle est favorisée par des facteurs de risque. 

Hypertension primaire ou secondaire ?

Si dans l'immense majorité des cas, l'origine de l'hypertension artérielle reste inconnue, parfois, c'est une anomalie qui est responsable de l'élévation de la tension. On parle alors de tension artérielle secondaire. Cela peut être dû à des anomalies rénales par exemple, ou à d'autres pathologies. 

Hypertension pulmonaire

L'hypertension artérielle ne doit pas être confondue avec l'hypertension artérielle pulmonaire, qui elle est une maladie rare caractérisée par une pression anormalement élevée du sang dans les artères pulmonaires. Ce qui a pour conséquence de faire travailler davantage le cœur, qui risque alors de se fatiguer. Jusqu’à provoquer à terme, une insuffisance cardiaque.

Les facteurs de risques sont multiples. Prédispositions génétiques, sclérodermie, anomalies cardiaques ou encore infection par le VIH font partie des causes potentielles. Sans oublier les HTAP sans cause connue, qui restent les plus fréquentes. En ce qui concerne les symptômes, rien de spécifique à la maladie. C’est d’ailleurs ce qui la rend difficile à détecter. Essoufflement à l’effort, douleurs thoraciques, étourdissements et œdèmes des jambes et des pieds. Au moindre doute, ici aussi mieux vaut en référer directement à son médecin.

Mieux comprendre la mesure de la tension artérielle

Plusieurs chiffres apparaissent lorsque l’on mesure sa pression artérielle. Chiffres que le commun des mortels peine à déchiffrer. - Les fameux 140/90 mmHg, soit 14/9 cmHg -. Ils représentent respectivement la pression systolique et diastolique.

  • Pression systolique 

Il s'agit de la pression du sang lorsque le coeur se contracte et envoie du sang dans les artères. 

  • Pression diastolique 

Il s'agit de la pression du sang lorsque le coeur se relâche et se vide. 

Quid de l’interprétation des résultats ? On considère que la tension est normale en dessous de 14/9, l’idéal étant 13/8 - 12/8. Ces mesures doivent toutefois être discutées avec votre médecin. Lui seul pourra vous conseiller et vous orienter.

Hypertension : comment la surveiller ?

Ceux qui suivent un traitement contre cette maladie doivent réaliser plusieurs mesures par mois. Une seule mesure ne suffit pas. Et pour cause, la pression artérielle augmente avec le stress et l’effort. Il est donc nécessaire de confirmer ces chiffres en suivant la "règle des 3". Pendant trois jours consécutifs, réaliser 3 mesures espacées d’une à deux minutes. 3 le matin avant le petit déjeuner et avant d’avoir pris vos médicaments et également 3 mesures espacées d’une à deux minutes le soir avant de vous coucher. Faire une moyenne de ces 18 mesures et transmettre le résultat à votre médecin.

Hypertension : quels traitements pour faire baisser sa tension ?

Les traitements contre l’hypertension artérielle visent à réduire au maximum le risque de complications cardiovasculaires. Il en existe plusieurs, parmi lesquels les traitements non médicamenteux.

Comme cité plus haut : plusieurs facteurs de risques sont associés à l’hypertension artérielle. Parmi lesquels l’âge, la surconsommation de sel, le surpoids, l’obésité, la sédentarité, l’alcool et le tabac. "Changer certaines de ces habitudes de vie peut déjà constituer une partie de la solution", explique le cardiologue. "C’est d’ailleurs ce que l’on conseille avant de recourir à un traitement médicamenteux".

Parmi ces recommandations : arrêter sa consommation de tabac et limiter sa consommation d’alcool

Médicaments anti-hypertenseurs

De nombreux médicaments sont également utilisés pour traiter l’hypertension artérielle. "Certains agissent directement sur les hormones de l’organisme qui régulent la tension artérielle, d’autres rendent les parois des artères plus souples, d’autres encore permettent d’éliminer le surplus de sel et d’eau que contient l’organisme, et d’autres enfin tendent à faire diminuer la pression dans les artères. Comme leur mode d’action est différent, ces médicaments peuvent être associés pour avoir un effet plus important", explique le site de l’Assurance Maladie. On appelle ces médicaments des antihypertenseurs.

Ils se divisent en plusieurs sous-catégories :

  • les diurétiques thiazidiques, qui agissent sur les reins et favorisent l’élimination du sel.
  • les bêta-bloquants, qui ralentissent la fréquence cardiaque et limitent l’intensité de la pression que le sang exerce sur la paroi des artères.
  • les inhibiteurs calciques qui facilitent le relâchement des artèresles inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) et les antagonistes des récepteurs à l’angiotensine 2 (ARA 2), qui agissent sur certaines hormones (rénine et angiotensine) qui régulent la tension artérielle en diminuant la contraction des vaisseaux.

Le choix du traitement est fait par le médecin selon chaque cas particulier.

  • Les effets secondaires des médicaments antihypertenseurs

Les médicaments antihypertenseurs peuvent, chez certaines personnes, provoquer des effets non souhaitables, appelés aussi effets secondaires. Compte tenu des nombreuses catégories de médicaments antihypertenseurs, ils peuvent être très variables et difficiles à prévoir. Au moindre doute, mieux vaut consulter son médecin traitant ou son cardiologue.

  • Durée du traitement antihypertenseur

L’hypertension artérielle est une maladie chronique, c’est-à-dire une affection de longue durée qui évolue avec le temps. Une personne qui souffre d’hypertension artérielle devra donc s’astreindre à suivre un traitement sur une très longue période, voire à vie. D’ailleurs, en cas d’arrêt du traitement, la tension artérielle remonte immédiatement. Avoir des chiffres de tension normaux avec le traitement prouve justement son efficacité, mais ce n’est en aucun cas un argument pour le stopper.

Alimentation : que manger en cas d'hypertension artérielle ?

"Les produits riches en potassium  sont à privilégier" pour le Comité Français de Lutte Contre l'Hypertension Artérielle. Brocolis, épinards, choux ou encore courges, sont conseillés tout comme certains fruits (bananes, agrumes, ananas, abricots secs), germes de blé, légumineuses (fèves et haricots secs, pois secs, lentilles), et autres fruits oléagineux (amandes, noisettes).

Photo : les bananes riches en potassium aide à lutter contre l'hypertension

Photo : les bananes riches en potassium aide à lutter contre l'hypertension© Istock

  • Diète 

"Ce qu’il faut, c’est que le patient modifie son hygiène de vie sur le long terme et qu’il mange équilibré", affirme le médecin. "On sait globalement ce que cela veut dire. Plus de produits frais, de fruits, de légumes, moins de produits transformés… Mais si certains préfèrent donner un nom à cette hygiène de vie, effectivement il serait bien représenté par le régime DASH (dietary approaches to reduce hypertension) ou le régime méditerranéen".

  • Le régime DASH 

Piqûre de rappel : le régime méditerranéen est caractérisé par la consommation abondante de fruits, légumes, légumineuses, céréales, herbes aromatiques et d'huile d'olive. Il encourage ses adeptes à limiter la viande rouge, le sucre, l'alcool et les produits laitiers (sans les interdire pour autant).

Même principe pour le régime DASH, un peu plus strict, qui encourage ses adeptes à ne garder les sucreries, les viandes rouges et les produits laitiers les plus riches, que pour certaines occasions. Et surtout, qui met un point d’honneur à supprimer le sel. Pour ce faire, on exclut la salière de la table et on fait également attention à sa consommation de charcuteries et de fromages. Exit également les produits transformés. Et pour cause, 80 % du sel que nous consommons est incorporé dans le pain, les céréales que l’on prend au petit déjeuner, le fromage, la charcuterie, les biscuits apéritifs, les préparations toutes faites ou les plats à emporter… On modère donc la consommation de ces aliments. On vérifie également sur l’étiquetage le contenu en sel des produits avant de les acheter afin de choisir les ingrédients les moins salés.

Exercice physique

En complément de ce rééquilibrage alimentaire, Nicolas Baron préconise aux hypertendus de pratiquer une activité physique régulière, une demi-heure de marche par jour par exemple. 

Perte de poids

Autre recommandation du professionnel : la perte de poids. "Une perte de poids, même minime, peut déjà améliorer la situation", affirme le professionnel.

Mesures antistress

Le stress peut entraîner une élévation temporaire de la pression artérielle. Cette élévation disparaît avec l'arrêt du stress. Le stress n'est pas une cause de l'hypertension artérielle.

Evolutions et complications de l’hypertension artérielle (HTA) 

Si elle n’est pas traitée, l'hypertension artérielle peut à terme entraîner des complications graves au niveau cardiovasculaire, cérébrovasculaire ou au niveau de certains organes cibles (rein, rétine…). Exemples : l’accident vasculaire cérébral (AVC), les infarctus du myocarde, l’insuffisance rénale, l'insuffisance cardiaque…
Ces complications s’expliquent par "l’épaississement et la rigidification progressive des artères sous l’impact constant de la trop forte pression sanguine", rapporte l’INSERM.

Sites d'informations et associations 

HTAPFrance 

21, rue de Cîteaux

21190 Meursault

Tel : 06 37 44 52 80 

Fédération française de Cardiologie 

5 Rue des Colonnes du Trône

75012 Paris

Tel : 01 44 90 83 83