Asthme : les anomalies dans les poumons seraient héréditaires selon une étude

Plusieurs nouvelles études remettent en question nos connaissances sur l’asthme après des IRM réalisés sur un échantillon de patients asthmatiques. Non seulement, cette maladie respiratoire aurait une composante héréditaire, mais en plus, les anomalies liées à l’asthme persisteraient dans les mêmes régions du poumon pendant une longue période.
Asthme : les anomalies dans les poumons seraient héréditaires selon une étudeIstock

L'asthme est une pathologie respiratoire chronique, qui se caractérise par des crises de dyspnée (difficultés respiratoires) sifflantes. Cette maladie survient lors d’une contraction incontrôlée des muscles des bronches. L'asthme touche entre 2 et 5 % de la population. En France, cela représente 3 millions de personnes.

La crise constitue parfois une urgence vitale nécessitant une hospitalisation. Comme oppressée, la personne asthmatique a beaucoup de mal à respirer. Des médicaments bronchodilatateurs d’action rapide comme le salbutamol (Ventoline®, Airomir®) permettent de gérer ces crises.

Plusieurs chercheurs de l’Université Western (Canada) viennent de remettre en question plusieurs hypothèses sur l’asthme, à travers deux études. L’équipe de scientifiques, dirigée en partie par Rachel Eddy, candidate au doctorat au Western's Schulich Medicine and Dentistry, ont identifié des anomalies liées à l’asthme ainsi que leur évolution au fil du temps. Contrairement, à ce que l’on croyait, "il y a des régions locales dans les poumons qui sont anormales et qui le restent avec le temps", explique Rachel Eddy.

Or, jusqu’alors, nous pensions que les anomalies qui empêchent aux asthmatiques de respirer étaient aléatoires et changeaient d’emplacement d’une crise à l’autre. En outre, les chercheurs sont parvenus à démontrer le caractère héréditaire de l’asthme.

"Il y a des régions anormales dans les poumons, et elles le restent avec le temps"

Des IRM réalisées chez des patients atteints d’asthme persistant ont démontré que cette maladie était due à des anomalies des voies respiratoires qui représentent visuellement à des empreintes digitales, qui "se maintiennent dans le temps", d’après les chercheurs.

Ces derniers les nomment les défauts de ventilation. Ils empêchent l’air de circuler normalement. Une étude publiée dans la revue Radiology a suivi 11 patients asthmatiques légers à modéré sur une période de 6 ans. Grâce à l’IRM, les chercheurs ont pu visualiser les endroits du poumon où l’air circulait et ceux où elle n’y parvenait pas.

Très longtemps, les scientifiques pensaient que les défauts de ventilations étaient "aléatoires, répandus et changeaient d’emplacement dans les poumons en fonction d’un certain nombre de facteurs chez les patients asthmatiques".

Or, les IRM démontrent l’inverse : "La plupart des patients de notre étude présentaient essentiellement les mêmes défauts de ventilation lors de la première visite et six ans plus tard, à la fois en termes de taille et de localisation spatiale dans les poumons, a déclaré Rachel Eddy. Il y a des régions dans les poumons qui sont anormales, et elles le restent avec le temps".

Les anomalies respiratoires ont un caractère héréditaire

Les chercheurs de l’Université Western mettent une autre étude en lumière. Cette dernière a étudié plusieurs groupes de jumeaux asthmatiques. "Si les jumeaux ne sont pas identiques, les résultats ont montré qu’ils présentaient en réalité des défauts de ventilation similaires, situés dans le même segment pulmonaire (supérieur gauche), et qui sont restés les mêmes pendant toute la durée de l’étude (7 ans, ndlr)", indiquent les chercheurs.

"Les résultats chez les jumeaux nous aide à mieux comprendre que l’asthme n’est pas aléatoire et que les anomalies persistent pendant de longues périodes dans les mêmes régions pulmonaires, précise la Pr Schulich Grace Parraga, l’une des auteurs. Les anomalies des voies respiratoires ont probablement une composante héréditaires et environnementale".

"Ces études approfondissent la compréhension de l'asthme et ouvrent également des possibilités de thérapies personnalisées pouvant cibler des zones spécifiques des poumons", soulignent les chercheurs.

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