Cancer du sein : une découverte fondamentale pour les formes agressives ouvre la voie à de nouveaux traitements
Le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez la femme en France. Si les progrès médicaux ont considérablement amélioré le pronostic global, certaines formes de la maladie résistent encore aux arsenaux thérapeutiques classiques. Une étude récente, publiée dans la revue spécialisée Cancer Research, vient toutefois d'ouvrir une voie inédite pour combattre les tumeurs les plus difficiles à traiter.
Le cancer du sein en France : un enjeu de santé publique majeur
Les chiffres rappellent l'ampleur du défi : avec près de 61 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, le cancer du sein est la première cause de décès par cancer chez les femmes dans l'hexagone, responsable d'environ 12 000 décès annuels.
Cette pathologie se manifeste majoritairement après la ménopause, puisque près de 80 % des cancers se développent après 50 ans. L'âge médian au diagnostic se situe autour de 64 ans. Malgré cette fréquence élevée, l'espoir est réel : le taux de survie à 5 ans atteint aujourd'hui 88 %. Ce chiffre encourageant repose largement sur le programme national de dépistage organisé, proposé aux femmes de 50 à 74 ans, qui permet de repérer les lésions au plus tôt.
Le cancer du sein triple négatif : la forme la plus agressive du cancer du sein
Toutes les tumeurs ne se ressemblent pas. Le cancer du sein triple négatif (CSTN) représente environ 10 à 15 % des cas, soit près de 9 000 patientes par an en France. Ce sous-type tire son nom de l'absence de trois marqueurs spécifiques : les récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et la protéine HER2.
Cette particularité biologique rend le CSTN particulièrement redoutable. Il ne répond ni aux hormonothérapies ni aux thérapies ciblées anti-HER2. Souvent diagnostiqué chez des femmes plus jeunes, il progresse rapidement. Les médecins disposent de peu d'options : le traitement repose essentiellement sur la chimiothérapie, parfois couplée à l'immunothérapie. Le risque de récidive est élevé et l'espérance de vie en cas de métastases reste limitée, soulignant l'urgence de trouver de nouvelles solutions.
Une découverte fondamentale : cibler la protéine PUF60
C'est dans ce contexte que des chercheurs de l'Université de Californie à San Diego ont réalisé une percée significative. En analysant le fonctionnement intime des cellules cancéreuses, ils ont identifié une protéine spécifique, nommée PUF60, comme un élément indispensable à la survie des tumeurs triple négatives.
Cette protéine agit comme un régulateur de l'expression des gènes via un mécanisme appelé "épissage de l'ARN". Pour faire simple, elle aide la cellule à lire correctement son code génétique. L'étude démontre que lorsque l'on bloque l'activité de PUF60, les cellules cancéreuses accumulent des erreurs génétiques massives. Ces dysfonctionnements provoquent des dégâts sur leur ADN, entraînant un arrêt de leur multiplication et la mort de la tumeur.
Le point fort de cette découverte réside dans sa sélectivité : les tests montrent que les cellules mammaires saines sont très peu affectées par l'inhibition de PUF60, laissant espérer un traitement futur avec moins d'effets secondaires que les chimiothérapies actuelles.
Cancer du sein agressif : quelles perspectiveset défis pour de futures thérapies ?
Ces résultats valident une nouvelle approche thérapeutique. En s'attaquant à la machinerie interne de la cellule cancéreuse via l'épissage de l'ARN, les scientifiques espèrent développer des médicaments capables de bloquer spécifiquement cette protéine.
Si cette avancée est porteuse d'espoir, le chemin vers un médicament disponible en pharmacie nécessite encore du temps. La prochaine étape consistera à concevoir des molécules inhibitrices efficaces et à les tester lors d'essais cliniques rigoureux pour confirmer leur bénéfice chez les patientes.
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