Cancer à un stade avancé : démarrage d'un essai clinique sur une nouvelle combinaison de médicament très prometteuse

Publié par Edouard Korvaul
le 13/02/2026
photo de cellules cancéreuses
New Planet Media
Le lancement de l'essai clinique évaluant une nouvelle combinaison d’anticorps-médicament représente un espoir majeur pour les patients atteints d'un cancer avancé ou métastatique. Ce traitement innovant cible la résistance aux immunothérapies classiques grâce à un double mécanisme d'action. Décryptage.

Plus de 430 000 nouveaux cas de cancers sont déclarés chaque année en France. Si les progrès thérapeutiques permettent d’augmenter les chances de guérison, les formes avancées et/ou métastatiques sont toujours de pronostic plus sombres. Face à cette impasse thérapeutique, la recherche se tourne vers des technologies de précision pour contourner les mécanismes de résistance tumorale. C'est dans ce cadre que s'inscrit la récente initiative du laboratoire chinois Henlius Biotech, visant à évaluer une nouvelle classe de médicaments prometteurs.

Le lancement d'un essai clinique stratégique dans le cancer avancé

Selon un communiqué officiel du laboratoire Henlius Biotech, le premier patient de l'essai clinique de phase 1 de HLX43 a été inclus en novembre 2023. Cet essai clinique s'adresse spécifiquement aux patients atteints d'un cancer avancé ou métastatique, une population souvent confrontée à l'échec des traitements standards et dont le pronostic reste réservé. L'étude se divise en deux volets distincts. La phase 1b se concentre sur la vérification de la sécurité et du dosage optimal, notamment en combinaison avec d'autres molécules. La phase 2 vise ensuite à évaluer l'activité antitumorale préliminaire du médicament sur cette cible précise de patients.

HLX43 : un conjugué anticorps-médicament (ADC) à double action

Le HLX43 repose sur la technologie des ADC, souvent qualifiée de "chimiothérapie vectorisée". Il combine un anticorps monoclonal, un agent cytotoxique puissant et un lien chimique. L'anticorps cible spécifiquement la protéine PD-L1, très présente sur les cellules tumorales. Ce mécanisme permet une double attaque : il bloque le point de contrôle immunitaire (comme une immunothérapie) tout en délivrant un inhibiteur de la topoisomérase I directement au cœur de la cellule malade. De plus, grâce à un mécanisme appelé "effet bystander", le médicament diffuse dans le microenvironnement tumoral pour détruire les cellules cancéreuses voisines, même celles n'exprimant pas la cible PD-L1. 

Répondre à un besoin médical non satisfait dans le cancer avancé

Les immunothérapies (anti-PD-1/PD-L1) “ont transformé le traitement du cancer à différents stades, détaille encore le laboratoire. Cependant, certains patients présentant une expression positive de PD-L1 ne répondent pas à ces thérapies ou développent une résistance à celles-ci. PD-L1 est présent dans de nombreux types de tumeurs, notamment le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), le cancer colorectal (CCR), le cancer du sein triple négatif (CSTN) et le carcinome épidermoïde”. 

Pour prendre l’exemple des cancers du côlon ou du rectum, environ 95 % des cancers colorectaux sont stables (MSS) et résistent à ces traitements lorsqu'ils sont utilisés seuls. Bien que l'espérance de vie médiane ait progressé, passant de 6 mois dans les années 80 à plus de 3 ans aujourd'hui grâce aux trithérapies, l'impasse thérapeutique guette les patients en récidive. Ce nouvel essai vise précisément à combler ce manque pour les malades ne répondant pas aux standards actuels.

Quelles perspectives pour ces thérapies combinées ? 

Pour maximiser les chances de succès, l'essai explore l'association du HLX43 avec d'autres molécules, comme le Serplulimab (anti-PD-1) ou le HLX07 (anti-EGFR). Cette stratégie de combinaison vise à exploiter la synergie entre la cytotoxicité ciblée de l'ADC et la stimulation du système immunitaire. Selon les données présentées par Henlius, des résultats préliminaires sur d'autres tumeurs solides, comme le cancer du poumon non à petites cellules, ont montré une activité encourageante et un profil de sécurité gérable, y compris sur des tumeurs exprimant peu de PD-L1. Si ces résultats se confirment pour les autres cancers avancés, cela pourrait marquer un tournant dans la prise en charge de la maladie métastatique.

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