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Selon l'Institut National du Cancer : "Le dépistage organisé du cancer du sein a été généralisé en France en 2004. Il a pour double objectif de réduire la mortalité liée au cancer du sein et d’améliorer l’information et la qualité des soins des personnes concernées. Il garantit notamment à chaque femme un accès égal au dépistage sur l’ensemble du territoire et un niveau de qualité élevé."

Cancer du sein : un dépistage pour qui ?

Toutes les femmes à partir de 50 ans et jusqu'à 74 ans sont concernées par le dépistage organisé du cancer du sein. La mammographie, la radiographie des seins, permet de dépister des tumeurs de petites tailles, avant même qu'elles ne soient palpables et que les symptômes n'apparaissent. Les femmes ciblées sont invitées par courrier à se faire dépister tous les deux ans. L'examen est pris en charge à 100 %, sans aucun frais à avancer. « Il s'agit uniquement des femmes qui ne présentent pas de symptômes et sans antécédent familial ou personnel de cancer du sein. Celles-ci bénéficient d'un suivi spécifique et il n'est évidemment pas question de les écarter de leur suivi individuel », explique à Medisite Nathalie Clastres, chargée de mission prévention et dépistage à la Ligue contre le cancer.

A partir de 50 ans, les femmes sont particulièrement exposées au risque de développer un cancer du sein. L'âge est un facteur de risques en soi. « On sait que 80 % des cancers du sein touchent des femmes de 50 ans et plus, des femmes ménopausées ou en pré-ménopauses. C'est un cancer moins fréquent chez les femmes plus jeunes », confirme Nathalie Castres.

Par ailleurs, les seins des femmes plus jeunes étant beaucoup plus denses, une anomalie sera bien plus difficile à détecter sur un cliché. La densité des seins imposent en outre au radiologue d'utiliser une dose plus importante de rayons X, ce qui accroit le risque de cancers dits radio-induits. « La mammographie n'est donc pas contributive, en terme de santé publique, chez les femmes plus jeunes et peut apporter plus d'effets délétères que de bénéfices », note la chargée de mission à la Ligue contre le cancer.

Dépistage du cancer : quel radiologue choisir ?

Avec le courrier est fournie une liste des radiologues agréés à pratiquer l'examen dans le département où les femmes sont domiciliées. Si vous n'avez pas reçu ce courrier et que vous avez 50 ans ou plus, vous pouvez demander conseil à votre médecin traitant lors d’une consultation pour qu’il vous indique la marche à suivre. Vous pouvez aussi appeler la structure de gestion en charge de l'organisation du dépistage du cancer du sein, le CRCDC de votre région (centre régional de coordination des dépistages des cancers) qui pourra vous inclure dans le programme. Notez qu'il est possible de prendre rendez-vous avec un radiologue qui n'exerce pas dans votre département. « Les femmes doivent toutefois s'assurer que le médecin qu'elles choisiront est bien agréé pour le dépistage organisé », pointe Nathalie Clastres. « Même les équipements sont agréés pour cet examen, ils font l'objet d'un contrôle qualité très strict. Les radiologues et manipulateurs qui sont dans le programme ont, eux, suivi une formation particulière », ajoute-t-elle.

Le courrier d'invitation, ainsi que la carte vitale, seront demandés le jour de la mammographie. Le dépistage consiste en une mammographie, réalisée par un manipulateur, et un examen clinique, une palpation réalisée par le radiologue qui interprétera également le cliché. « On vérifie toujours s'il n'y a pas une masse qui pourrait être sentie lors de la palpation et qu'on n'aurait pourtant pas détecté à la mammographie », précise Nathalie Clastres. La mammographie, si elle est parfois désagréable n'est toutefois pas douloureuse, et se déroule quoi qu'il en soit très rapidement.

Les résultats du dépistage

Le jour de la mammographie, si le radiologue ne trouve aucune anomalie, il donne un premier résultat oral et provisoire à la patiente. « Le cliché part ensuite en deuxième lecture au CRCDC de votre région. Si le deuxième lecteur ne trouve rien, les femmes reçoivent leurs résultats définitifs quinze jours à un mois après l'examen », explique la professionnelle. « Si le premier lecteur a vu une anomalie, il fait d'emblée un bilan diagnostic, une échographie, un grandissement des clichés éventuellement une ponction... Si l'anomalie n'est perçue que par le deuxième lecteur, celui-ci demandera alors des examens complémentaires », développe Nathalie Clastres. Ces examens complémentaires sont pris en charge au tarif habituel de remboursement par l'Assurance maladie et par la mutuelle. Cette deuxième lecture est une sécurité supplémentaire qui s'avère primordiale au vu des chiffres. « Elle permet de diagnostiquer chaque année entre 5 à 6 % de cancers du sein qui n'ont pas été détectés lors de la première lecture », déclare Nathalie Clastres.

Pour les dépistages suivants – chaque femme est invitée à se faire dépister tous les deux ans- il est vivement conseillé d'apporter le jour de l'examen les clichés précédents. Le radiologue pourra ainsi comparer les deux mammographies et observer les éventuelles différences entre les deux images.

Les chiffres du dépistage du cancer du sein

Le dépistage, individuel et organisé, représente chaque année près de 58 500 nouveaux cas de cancers détectés. « Avec près de 12 000 décès par an, les chiffres de la mortalité restes stables par rapport à l'incidence qui elle continue à augmenter, car la prise en charge et les traitements progressent », précise la chargée de mission. Encore faut-il que les femmes se fassent dépister. En effet, Nathalie Clastres ne cache pas son inquiétude quant à 2020 et les conséquences de la crise sanitaire. « L'année dernière, moins de 43 % de la population concernée a participé au dépistage organisé du cancer du sein. La crise nous a mis un gros coup sur la tête alors qu'on se maintenait aux alentours de 48 à 50 % par an de femmes dépistées en moyenne. Au plus haut, on a été à presque 53 %, la différence est énorme. Le baisse du nombre de dépistages va forcément entraîner un retard de diagnostic, un retard de traitement et augmenter le risque de décès, alors qu'on peut guérir de 9 cancers sur 10 si la maladie est prise à temps », argumente Nathalie Clastres.

Octobre Rose : un appel à la mobilisation

A l'occasion d'Octobre Rose, notre interlocutrice appelle à une remobilisation des femmes pour le dépistage oganisé. S'il n'empêche pas l'apparition d'une tumeur, il permet une prise en charge précoce, avant l'apparition des symptômes, qui augmentera considérablement les chances de guérison.

Le dépistage organisé du cancer du sein n'est évidemment pas le seul moyen de lutter contre ce fléau. Pour toutes les femmes, même avant 50 ans, il est conseillé de consulter une fois par an un spécialiste - médecin généraliste, sage-femme, gynécologue - qui pourra pratiquer une palpation du sein et observer une éventuelle anomalie. « Pour toutes les femmes à partir de 25 ans et durant toute leur vie, nous recommandons aux femmes d'être attentives aux signes en accordant une attention particulière à leur sein. Mais cette auto-surveillance ne doit pas remplacer le rendez-vous chez un spécialiste tous les ans », insiste notre experte.

Ces signes auxquels une femme doit être particulièrement attentives sont les suivants : une boule ou une grosseur dans un sein ou sous le bras, un aspect irrégulier de la peau du sein ou une rougeur, un écoulement anormal et/ou une rétractation au niveau du mamelon. Si vous observez l'un de ces signes, consultez votre médecin.

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