Sommaire

Au cours de sa vie, près d’une femme sur huit sera confrontée au cancer du sein. C'est le cancer le plus fréquent chez la femme. Chaque année en France, près de 60 000 nouveaux cas sont diagnostiqués selon l’Institut National du Cancer. Face à une telle ampleur, la campagne Octobre Rose se tient chaque année pour sensibiliser le public au dépistage et pour récolter des fonds pour la recherche.

Si le cancer du sein survient le plus souvent après 50 ans, sachez que chaque femme peut développer cette maladie, même sans prédisposition familiale.

À partir de 50 ans, même si l'on est en bonne santé, il est donc recommandé de faire une mammographie de dépistage tous les deux ans ainsi qu’une autopalpation régulière. Dès l'âge de 25 ans, un examen clinique de vos seins est recommandé tous les ans. Il consiste en une palpation des seins. Si cet examen se déroule chez votre gynécologue, vous pouvez également le pratiquer régulièrement dans votre salle de bain. On parle alors d’autopalpation. Cela consiste à examiner soi-même sa poitrine, afin de s’assurer de l’absence d’anomalie.

"Une boule ou une masse dans un sein est le signe d’un cancer du sein le plus couramment observé", partage l'Institut National du Cancer. Toutefois, il faut savoir que chaque cas est unique. D'autres symptômes peuvent être annonciateurs. Medisite s'est entretenu avec 5 femmes qui ont été touchées par le cancer du sein au cours de leur vie et qui ont accepté de se confier sur ce qui a été pour elle le premier symptôme révélateur.

"J’avais senti une boule dans mon sein durant l’été"

"Au moment du diagnostic, c’était la douche froide. Pourtant, je n’aurai pas dû être aussi surprise. Le cancer est assez présent dans ma famille et le cancer du sein particulièrement".

"Grâce à l’autopalpation, j’avais senti une boule dans mon sein durant l’été. Il se trouve qu’un an avant, j’avais également ressenti une douleur à ce même sein. Exactement là où on a trouvé la boule. À l’époque, j’avais préféré ne pas y penser. Mais avec du recul, je me dis que j’aurai dû consulter bien avant. Je suis donc allée faire une mammographie et mon cas a nécessité une biopsie [un prélèvement, ndlr]. Le docteur m’avait rassurée en me disant que j’avais 99,9 % de chance que ce ne soit rien. "Il ne faut pas vous inquiéter", m’avait-il dit. Après le diagnostic, il s’est excusé. Il voulait simplement se montrer rassurant et empathique. En même temps, si l’on tient compte des statistiques, aux vues de mon âge [Alice Detollenaere à 32 ans aujourd'hui, ndlr] , le médecin ne pouvait pas s’attendre à un tel diagnostic. Après les examens, je m’étais donc replongée dans ma vie sans me préparer psychologiquement".

Alice Detollenaere, 32 ans, auteure de Guérie par ton amour (éditions Leduc.s)

Cancer du sein : "On pensait à une déchirure musculaire ou à une côte fêlée"

"J’avais mal au sein, on pensait à une déchirure musculaire ou à une côte fêlée"

"On m’a diagnostiquée mon cancer du sein en octobre 2020. Le diagnostic a pris plusieurs mois. J’avais mal au sein après mon accouchement, or, la sage-femme pensait à une déchirure musculaire. Mon ostéopathe soupçonnait une côte fêlée, mais m’a toutefois conseillée d’avoir recours à une échographie. Et là, tout s’est enchaîné : je souffrais d’un cancer du sein triple négatif".

Emilie, 33 ans, auteure de Liberté, égalité, maternité (éd. Leduc.s)

Le cancer du sein triple négatif représente environ 10 à 15 % des cancers du sein. Il implique un haut risque de rechute métastatique précoce du fait du caractère agressif de ces tumeurs, de leur réponse partielle à la chimiothérapie et de l'absence de cible thérapeutique, permettant de proposer un traitement spécifique.

"Dans un moment d'intimité, mon époux a repéré une grosseur dans la poitrine"

"Dans un moment d’intimité, mon mari a remarqué une grosseur palpable dissimulée dans ma poitrine. Puis tout s’est enchaîné : diagnostic, opération, traitement, après cancer… C'était un cancer du sein au Stade 3. Agressif. Et surtout, synonyme de chirurgie, de chimiothérapie et de radiothérapie. Après l’annonce du cancer, mon mari et moi avons été très soudés. Même si, on ne peut nier que la maladie est venue tout compliquer. Je me souviens de la dernière fois ou j’ai fait l’amour avant la chirurgie. J’avais le sentiment que c’était la dernière fois. Et c’est très déroutant de se dire que c’est peut-être la dernière fois qu’on fait l’amour avec un corps intact. J'ai refusé la mastectomie. J’ai demandé une tumorectomie: on retire uniquement la tumeur et pas l’ensemble du sein. Je suis consciente d’avoir pris un risque en refusant, mais je l'ai assumé".

Isabelle, auteure de Combattante, éd. Cherche Midi, 2019

"J'ai eu un écoulement du sein"

Corinne Canudo a eu un cancer du sein à 33 ans. "J'ai eu un écoulement du sein mais les médecins me disaient que je ne rentrais pas dans les clous. J'avais allaité mon fils, soit disant cela protège du cancer, j'avais une bonne hyhiène de vie, pas d'antécédants familiaux... En plus, j'avais fait une mamographie 4 mois avant qui n'avait rien montré." Aujourd'hui, Corinne a 58 ans et assume son cancer avec fierté : "le principal c'est d'être en vie !"

D'ailleurs, selon le site de la Sécurité Sociale, il est recommandé pour réduire son risque de cancer du sein :

  • d'arrêter de fumer,
  • de ne pas consommer plus de 2 verres d'alcool par jour et pas tous les jours,
  • de manger équilibré et varié,
  • de pratiquer une activité physique régulière.

En complément, l'Institut National du Cancer recommande un examen clinique des seins (palpation) une fois par an pour toutes les femmes à partir de 25 ans, quel que soit leur niveau de risque. Cet examen rapide et indolore permet de détecter une éventuelle anomalie. Il peut être réalisé par un généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.

"Une mammographie a révélé mon cancer du sein"

Pour Sylvie Dugelay, aucun symptôme annonciateur n'a révélé son cancer du sein : "j'ai eu beaucoup de chance d'avoir une gynécologue très attentive qui préférait commencer les échographies et les mammographies avant 50 ans. J'ai fait un premier examen à 35 ans, puis à 38. J'allais avoir 40 ans quand elle m'a de nouveau prescrit une échographie et une mammographie. Cette dernière a révélé un cancer du sein. Pour mon deuxième cancer, j'ai senti une petite boule alors que j'étais sous la douche. Evidemment, j'en ai parlé tout de suite à mon gynécologue qui m'a rassuré en me disant que c'était probablement cicatriciel. Il a tout de même souhaité vérifier et j'avais bien un second cancer du sein, différent du premier..." confie la quadragénaire aujourd'hui en rémission.

Sources

Merci à Isabelle, Emilie, Alice, Sylvie et Corinne pour la sincérité de leurs témoignages

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de Medisite.

Votre adresse mail est collectée par Medisite.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.