Définition

Le cancer du sein correspond à la multiplication de cellules anormales dans le sein. Celles-ci peuvent facilement se disséminer par voie lymphatique et provoquer des métastases ganglionnaires, puis à distance.
À noter : les hommes sont également susceptibles d’être atteints de cancer du sein. Un pour cent des cas sont des hommes.

Point d'actualité 

Le cancer du sein est le plus fréquent en 2020 

Selon un rapport réalisé par la Société américaine contre le cancer (ACS) et du Centre international de recherche sur le cancer, en 2020, le cancer du sein est devenu le cancer le plus courant avec 2,3 millions de cas diagnostiqués (11,7 %), suivi du cancer du poumon (11,4%), du cancer colorectal (10 %), de la prostate (7,3 %) et de l'estomac (5,6 %). Il est en forte augmentation en Afrique et en Asie, notamment à cause de la modification du mode de vie (obésité, inactivité physique, grossesse tardive, baisse de l'allaitement...). En termes de mortalité, selon le rapport, c'est toutefois le cancer du poumon qui reste le plus meurtrier avec 1,8 million de décès en 2020 (18%), suivi du cancer colorectal (9,4%), du foie (8,3%), de l'estomac (7,7%) et du sein chez la femme (6,9%).  S'il représente 2,3 millions de cas en 2020, soit le cancer le plus courant, le cancer du sein a causé 693 100 décès sur les 9,9 millions de morts du cancer dans le monde. 

Chez la femme, le cancer peut revêtir plusieurs types différents :

  • Le carcinome canalaire in situ : il s’agit d’un cancer non invasif. C’est le cancer du sein le plus fréquent. Il se forme aux dépens des canaux galactophores (structures tubulaires qui conduisent le lait excrété par les glandes mammaires, des lobules mammaires au mamelon). Le pronostic de ce cancer est très souvent favorable et sa guérison est obtenue dans la plupart des cas s’il est dépisté suffisamment tôt, grâce à la mammographie. S’il n’est pas dépisté assez tôt, il peut devenir invasif.
  • Le carcinome canalaire : ce cancer se développe aux dépens des canaux de lactation. Il s’agit d’un cancer invasif, c’est-à-dire susceptible de provoquer des métastases.
  • Le carcinome lobulaire : ce cancer infiltrant (les cellules tumorales, d'abord limitées à un type de tissu organique, envahissent les tissus voisins) se développe aux dépens des lobules (petites parties constituant un lobe) et se disséminent dans les tissus avoisinants.
  • Le carcinome inflammatoire : ce cancer se manifeste par un aspect très inflammatoire du sein, qui devient rouge, oedematié (siège d'un œdème) et chaud. C’est un cancer à progression rapide et dont le pronostic est sombre.
  • Les carcinomes médullaires, mucineux, tubulaires et papillaires sont plus rares.
  • La Maladie de Paget du mamelon est un cancer rare qui se manifeste par une petite plaie chronique du mamelon qui ne cicatrise pas pas.

Photo : imagerie médicale d'un cancer du sein

Photo : imagerie médicale d'un cancer du sein

Crédit : Hg6996 — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Chiffres

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Son incidence progresse encore, mais son taux de mortalité diminue en raisondu dépistage organisé et des progrès en matière de traitement.

On estime qu’une femme sur 9 sera atteinte d’un cancer du sein au cours de sa vie et 1 femme sur 27 décèdera de son cancer.

Il survient plus souvent après 50 ans, mais peut survenir plus tôt dans la vie dans les formes familiales. Le taux de survie à 5 ans se situe entre 80 et 90% en fonction du type de cancer et de son extension au moment du diagnostic.

Symptômes

Au début de son évolution, le cancer du sein passe inaperçu. Lorsqu’il se développe les symptômes peuvent être les suivants :

  • Une grosseur au sein, retrouvée à l’auto-palpation.
  • Des écoulements au niveau du mamelon.
  • Une rétraction du mamelon.
  • Un aspect peau d’orange au niveau du sein.
  • Un changement de grosseur ou de la forme d’un sein.
  • La perception d’un ganglion axillaire (de l'aisselle) persistant.

Masse au niveau des sein : quand consulter ?

Mon conseil de médecin généraliste :

"Certains facteurs peuvent modifier l’apparence des seins comme les cycles menstruels, la présence de kystes. Toutes les masses palpées sont majoritairement bénignes mais doivent être explorées."

Causes

La principale cause de cancer du sein est une mutation génétique, transmise d’une génération à l’autre ou acquise au cours de la vie, par l’exposition à des radiations ou produits chimiques, par exemple. Les mutations des gènes BRCA1 et BRCA2 exposent les femmes au cancer du sein à un âge précoce. En dehors des mutations génétiques, il n’existe pas de réelles causes de cancer du sein, mais plutôt des facteurs de risque.

Photo : gène BRCA1

Photo : gène BRCA1

Crédit : Emw — Travail personnel © CC - Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/

Découverte du gène à l'origine de la propagation des métastases 

C'est une découverte majeure pour comprendre les causes de la propagation du cancer du sein. Alors que l'on célébrait ce jeudi 4 février la journée mondiale de lutte contre le cancer, des chercheurs taïwanais révèlent dans une étude publiée dans la revue Proceedings National Academy of Science qu'ils auraient découvert le gène qui participerait à la progression des métastases du cancer du sein. Une découverte majeure quand on sait que les métastases sont la cause majeure des décès chez les patients atteints d'un cancer. Comme le rapporte Futura Santé, qui relaie l'étude, les variations de l'expression d'un gène déjà connu, nommé gène desmogléine 2 ou DGS2, auraient un rôle majeur dans ce processus.

Jusqu'à présent, on savait peu pourquoi les cellules tumorales d'un cancer migraient soudainement dans le système sanguin, propageant le cancer à d'autres organes. Les chercheurs taïwanais ont analysé les cellules métastatiques et constaté qu'elles avaient un niveau plus élevé du gène DGS2 par rapport aux autres cellules tumorales. Les scientifiques ont ensuite désactivé l'expression de ce gène chez certaines souris et ont regardé ce qu'il se passait au niveau de la taille de la tumeur, du nombre de cellules tumorales circulantes et des nodules pulmonaires chez des souris immunodéprimées auxquelles on avait préalablement injecté des cellules tumorales DGS2+ ou DGS2-.

Plus de métastases et des tumeurs plus grosses

Résultat, les souris dont le gène DGS2 est toujours actif présentent plus de métastases au niveau des poumons. Les scientifiques ont aussi constaté une présence cinq fois plus importante de clusters de cellules tumorales circulantes, c'est-à-dire de métastases, chez ce même groupe que dans le groupe où le gène DGS2 a été désactivé. Les scientifiques ont aussi observé que l'expression du DGS2 augmentait la taille de la tumeur du site primaire, en l'occurrence, ici, du sein. À l'inverse, désactiver ce gène entraîne une diminution de la capacité de migration des cellules cancéreuses. La possibilité d'utiliser le DSG2 comme cible thérapeutique contre le cancer est prometteuse pour la poursuite des travaux pour inhiber les métastases. Un véritable espoir dans le traitement des cancers du sein si on parvenait à empêcher la propagation des métastases du cancer du sein.

Facteurs de risques

Un cancer du sein peut se développer sans cause ni facteur de risque. Il existe cependant des facteurs de risques modifiables, augmentant l’incidence du cancer du sein :

  • Le surpoids et l’obésité après la ménopause : une prise de poids de 20 kg double le risque de développer un cancer du sein.
  • La sédentarité : moins de 3 heures d’exercice physique par semaine expose au risque de cancer du sein.
  • La consommation d’alcool.
  • L’hormonothérapie substitutive à la ménopause, utilisée pendant plus de 5 ans, comportant une association œstrogènes-progestérone.
  • La pilule contraceptive, utilisée pendant plus de 4 ans.
  • L’exposition à des produits chimiques répétée.

Cancer du sein : les sels d'aluminium des déodorants responsables ?

Les déodorants une nouvelle fois dans le viseur. Des scientifiques appellent à l’interdiction des sels d’aluminium dans les déodorants. Dans une nouvelle étude publiée dans le International Journal of Molecular Sciences, des chercheurs suisses ont démontré que cellules, y compris celles de la glande mammaire, qui sont exposées aux sels d’aluminium "assimilent ce métal rapidement".  Dans cette étude, les chercheurs du laboratoire suisse de Cancérogenèse Environnementale de la Fondation des Grangettes et de l'université d'Oxford ont révélé que "dans les 24 heures qui suivent, une instabilité génomique apparaît sous forme d’une altération dans la structure et le nombre des chromosomes". Les résultats de l’étude confirment donc le potentiel cancérigène de l’aluminium sur les cellules mammaires. L’étude révèle en effet que "l'aluminium pénètre dans les cellules mammaires et déstabilise la structure et le nombre des chromosomes", ce qui peut entraîner des cancers du sein.

Le microbiote intestinal peut être en cause

Une bactérie présente dans le côlon et couramment associée au développement de la colite et du cancer du côlon, pourrait également jouer un rôle dans le développement de certains cancers du sein, révèle une étude menée par des chercheurs du Johns Hopkins Kimmel Cancer Center and its Bloomberg~Kimmel Institute for Cancer Immunotherapy. Les cellules du tissu mammaire exposées à cette toxine conservent une mémoire à long terme, ce qui augmente le risque de développer la maladie.

Les microbes en question sont appelés Bacteroides fragilis entérotoxinogènes. Elles ne représentent que 1 à 2 % des bactéries fécales cultivables, mais on les retrouve chez près de 80 % des enfants et des adultes. 

"Malgré de multiples facteurs de risque établis pour le cancer du sein, tels que l'âge, les changements génétiques, la radiothérapie et les antécédents familiaux, un grand nombre de cancers du sein surviennent chez des femmes qui ne présentent aucun de ces facteurs, ce qui souligne la nécessité de regarder au-delà. Notre étude suggère l'existence d'un autre facteur de risque, qui est le microbiome. Si votre microbiome est perturbé ou si vous hébergez des bactéries toxigènes avec une fonction oncogène, cela pourrait être considéré comme un facteur de risque supplémentaire de cancer du sein", détaille le Pr Dipali Sharma, professeur d'oncologie et auteur de l'étude. 

Personnes à risque

Certaines personnes sont plus à risque de développer un cancer du sein. Ces risques sont non modifiables. Ces sujets doivent donc bénéficier d’un dépistage précoce et de mesures préventives adaptées.
Ces critères de risque sont :

  • Le sexe féminin, puisque 99% du cancer du sein touche les femmes.
  • L’âge : plus de 80% des cas surviennent après 50 ans, sauf dans les formes familiales.
  • Les antécédents familiaux de cancer du sein : les femmes ayant une mère, une grand-mère, une sœur, une tante ou une fille ayant eu un cancer du sein doivent se faire dépister régulièrement. Il s’agit d’une anomalie génétique portée par les gènes BRCA1 et BRCA2.
  • Un antécédent personnel de cancer du sein augmente le risque d’en développer un second.
  • Être porteuse d’une lésion à risque au sein comme un carcinome in situ ou une hyperplasie épithéliale intra-canalaire atypique.
  • La nulliparité (le fait de ne pas avoir eu d'enfant) ou les grossesses tardives, c’est-à-dire après 35 ans.
  • L’exposition accrue aux œstrogènes naturels, c’est-à-dire une arrivée des règles avant l’âge de 12 ans et une ménopause tardive.  

Durée

Plutôt que de durée, on parle de pronostic (cf plus bas).

Contagion

Le cancer mammaire n'est pas contagieux.

Dépistage

Le dépistage organisé

Le dépistage organisé par les autorités sanitaire invite les femmes de 50 à 75 ans à réaliser une mammographie tous les deux ans, intégralement prise en charge par la Sécurité sociale. Cette mammographie fait l’objet d’une double lecture. Des anomalies peuvent être détectées très précocement et ce dépistage organisé a permis de diminuer significativement le taux de mortalité par cancer du sein.

Photo : mammographie

Photo : mammographie

L’autopalpation des seins

La palpation des seins systématique par un gynécologue au cours des consultations fait également partie du dépistage du cancer du sein. L’autopalpation est alors enseignée à la patiente afin qu’elle puisse détecter elle-même une éventuelle anomalie mammaire.

Comment faire autopalpation du sein  ?
Mon conseil de médecin généraliste :

"L’autopalpation des seins s’effectue en position debout, devant un miroir. L’inspection de l’état cutané et du mamelon constitue la première étape. Puis, il faut lever un bras et avec 3 doigts de l'autre main, effectuer des petits cercles à la recherche d'une masse. Il ne faut jamais chercher une masse en pressant le sein entre 2 doigts car l’effet de 'masse' sera ressenti alors qu’il s’agit des glandes mammaires. Il est également nécessaire de vérifier l’absence d’écoulement par le mamelon."

Qui, quand consulter ?

Lorsque l’on perçoit une masse au niveau du sein ou qu’une anomalie morphologique ou cutanée du sein apparaît, il est nécessaire de consulter son médecin traitant qui, après un examen clinique, va proposer une mammographie ou une échographie. En fonction des résultats, un avis gynécologique pourra être demandé.

Examens et analyses

Lorsqu’une masse est palpée au niveau du sein ou découverte à la mammographie, on propose une échographie mammaire qui va permettre de mieux observer la lésion et surtout de pratiquer une biopsie échoguidée, afin d’analyser si les cellules sont cancéreuses et si oui, de quel type de cancer il s’agit. Un dosage des récepteurs hormonaux va également permettre de savoir si la tumeur est hormono-dépendante.
Le test génétique recherchant une mutation du gène HER2 est aussi effectué, car en présence de cette mutation, il est probable que l’on soit face à une tumeur à croissance rapide.

Traitements

Le traitement du cancer du sein est un traitement lourd et souvent très long, qui repose sur 5 techniques principales. Plusieurs études scientifiques récentes suggèrent que jeûner pourrait affamer les tumeurs et accélérer les effets des traitements. La plus récente a été menée par des chercheurs de l'USC et de l'IFOM Cancer Institute de Milan, en collaboration avec l'Université de Gênes. La précédente étude est le fruit des recherches des scientifiques de l’Université de Leiden (Pays-Bas).

La chirurgie

La chirurgie est souvent le premier traitement du cancer du sein. On peut procéder à une tumorectomie, qui consiste en l’ablation simple de la tumeur, lorsque celle-ci est de petite taille et circonscrite, ou à une mastectomie partielle ou totale. La mastectomie est l’ablation de tout ou partie d’un sein. A cette chirurgie, est toujours associée l’ablation du premier ganglion de la chaine ganglionnaire, appelé ganglion sentinelle. Si celui-ci est porteur de cellules cancéreuses, alors un curage ganglionnaire (ablation) sera effectué. Dans le cas contraire, les ganglions seront laissés en place. Le principal effet secondaire du curage ganglionnaire est le lymphœdème du bras. Il s’agit d’un œdème persistant du bras, qui touche 25% des femmes après une chirurgie mammaire. Lorsqu’il apparaît, celui-ci devient chronique et son traitement est difficile.

La chirurgie du cancer du sein peut également être réalisée après une chimiothérapie qui sert à réduire la taille de la tumeur et rendre l’acte chirurgical moins lourd.
En cas de mastectomie totale, la reconstruction mammaire peut être proposée dans le même temps opératoire ou dans un second temps.

Comment lutter contre un lymphoedème du bras ?

Mon conseil de médecin généraliste :

"Pour lutter contre le lymphoedème du bras, plusieurs règles sont à respecter :

  • Consulter médecin si une lourdeur au bras apparaît après le traitement.
  • Eviter de soulever des objets lourds dans le courant des semaines suivant la chirurgie.
  • Utilisez le bras et faires des étirements progressifs.
  • Protéger la peau du bras des risques de coupures, de brûlures et de piqûres d’insectes. 
  • Ne pas faire de prise de sang, d’injection, de vaccin ou de prise tensionnelle sur ce bras.
  • Porter des gants pour les tâches manuelles. 
  • Faire des exercices d’intensité modérée de façon régulièrement, sous contrôle d’un kinésithérapeute, au début, afin de ne pas perdre la musculature du bras.
  • Surveiller son poids car le surpoids peut aggraver le lymphoedème.
  • Eviter les températures très chaudes.
  • Porter un vêtement de compression, fait sur mesure, qui enserre le bras, jour et nuit.
  • Pratiquer des exercices de drainage et d’étirement du bras et de l’épaule avec l’aide d’un kinésithérapeute.
  • Faire de l’exercice physique adapté à ses capacités.
  • Faire faire des drainages lymphatiques manuels par un kinésithérapeute.

La radiothérapie

La radiothérapie consiste à irradier la zone de la tumeur, souvent après la chirurgie, pour détruire d’éventuelles cellules cancéreuses persistante et éviter la récidive. La radiothérapie laisse fréquemment des séquelles locales.

Sein gauche : la radiothérapie augmente les risques de maladie cardiaque

La radiothérapie est un traitement efficace et largement utilisé pour le cancer du sein. Toutefois, une étude publiée dans la revue JACC Cardio Oncology en septembre 2021 révélait que les jeunes femmes atteintes d'un cancer du sein gauche ayant subi une radiothérapie, avaient deux fois plus de risque de développer une maladie coronarienne dans les 5 ans suivants que celles ayant été prises en charge pour un cancer du sein droit.

L’équipe du scientifique est parvenue à cette conclusion après avoir suivi 900 femmes âgées de moins de 55 ans lorsque leur  tumeur mammaire cancéreuse a été diagnostiquée entre 1985 et 2008. La durée moyenne de suivi était de 14 ans. L’incidence globale de la maladie coronarienne chez les patientes ayant reçu une radiothérapie du sein gauche était de 10,5 % contre 5,8 % pour celles ayant été traitées au côté droit.

"Il est important que les cliniciens qui s'occupent de jeunes patientes atteintes d'un cancer du sein, communiquent l'importance de la radiothérapie contre cette maladie, tout en expliquant la nécessité d'une attention à long terme au risque de maladie cardiaque, notamment pour les femmes recevant une radiothérapie du côté gauche", explique le professeur Gordon Watt. 

"La radiothérapie est un élément indispensable des soins du cancer du sein, et la bonne nouvelle pour les patientes atteintes d'un cancer du sein est que les techniques modernes et la planification informatisée du traitement ont réduit la quantité de rayonnement qui atteint le cœur, diminuant ainsi le risque de développer une maladie cardiaque", rassure-t-il.

La chimiothérapie

La chimiothérapie consiste à administrer des médicaments anti-cancéreux par voie injectable généralement, avant ou après la chirurgie. Le choix de la chimiothérapie dépend du type de tumeur et de son stade, ainsi que de la présence ou non de métastases ganglionnaires ou à distance (le cancer s’est établi dans une partie du corps éloignée de l’endroit où il est apparu). Les effets secondaires de la chimiothérapie sont sévères : chute de cheveux, troubles digestifs, infections…

Selon les scientifiques de l’Université de Leiden, suivre un jeûne avant de débuter une chimio, améliore justement l’état des malades du cancer du sein. Ce régime imitant le jeûne (Fasting mimicking diet, FMD), composé de soupes, de bouillons, de liquides et de thé, affameraient les tumeurs. 

L’équipe du centre médical de l'université néerlandaise s'appuient sur les données obtenues après avoir suivi 129 patientes atteintes d’un cancer du sein de stade 2 ou 3. 65 d’entre elles devaient “jeûner” trois jours avant la chimiothérapie ainsi que le premier jour du traitement.

Résultat : le jeûne améliore la survie sans progression de la tumeur. Selon les chercheurs européens, les cellules saines passent d'un état de prolifération à celui de réparation pendant ce régime, tandis que les cellules malignes ne s'adaptent pas à un environnement pauvre en nutriments. "Le jeûne prive les cellules cancéreuses proliférantes de nutriments, de croissance et d'autres facteurs, ce qui les rend plus sensibles au traitement du cancer et augmente la mort cellulaire", est-il écrit dans la revue scientifique.

Chimiothérapie : des effets secondaires réduits chez les sportives

Parmi les effets secondaires de la chimiothérapie, le “brouillard cérébral” est l’un des plus connus. Il se caractérise par des modifications au niveau de la réflexion, de l'attention ou de la mémoire de la patiente. D’après une étude publiée dans le Journal of Clinical Oncology, ces effets toucheraient moins les femmes qui ont pratiqué une activité sportive avant le début du traitement, à hauteur de 150 minutes par semaine.

L’hormonothérapie

L’hormonothérapie est utilisée en complément des autres traitements lorsque les cellules cancéreuses sont porteuses de récepteurs à la progestérone et/ou aux œstrogènes. On peut proposer soit les anti-œstrogènes comme le tamoxifène, soit les inhibiteurs de l’aromatase comme l’anastrozole ou le letrozole. Ces traitements sont administrés par voie orale, sous forme de comprimés.

Une équipe de scientifiques dirigée par l'USC vient de découvrir qu'un régime imitant le jeûne combiné à une hormonothérapie pouvait aider à traiter le cancer du sein. Les tests ont été menés sur des animaux et de petits essais cliniques ont été menés chez l'homme.

"Notre nouvelle étude suggère qu'un régime imitant le jeûne associé à une thérapie endocrinienne pour le cancer du sein a le potentiel non seulement de réduire les tumeurs, mais également d'inverser les tumeurs résistantes chez la souris", a déclaré Valter Longo, co-auteur principal de l'étude et directeur de l'étude.

La thérapie ciblée

La thérapie ciblée est utilisée pour les femmes présentant un cancer exprimant le gène HER2. Le trastusumab, administré par injection intra-veineuse bloque l’action du gène HER2. L’intérêt des thérapies ciblées est d’avoir moins d’effets indésirables que la chimiothérapie. De nombreux travaux sont encore en cours pour développer les thérapies ciblées.

Surveillance après traitement

Le cancer du sein peut récidiver plusieurs dizaines d’années après le traitement. C’est pourquoi sa surveillance doit être longue et rapprochée. Elle est effectuée par le gynécologue et l’oncologue et une mammographie est régulièrement effectuée. Les deux seins sont à surveiller, car la récidive peut apparaître sur l’autre sein.

Selon le Docteur Béguier, radiothérapeute :" le pronostic du cancer du sein s'est considérablement amélioré grâce au dépistage organisé et aux progrès des traitements par hormonothérapie, chimiothérapie ou thérapies ciblées, qui permettent d'allonger la survie même à un stade avancé."

Un nouveau nano-médicament pourrait tuer les cellules cancéreuses du sein

Des chercheurs de l'Université de l'Arkansas viennent de développer un nouveau nano-médicament qui pourrait tuer les cellules cancéreuses du sein, lorsqu'il est triple négatif. Le cancer du sein triple négatif est l'un des types de cancer du sein les plus agressifs et les plus mortels. 

L'intérêt de ce traitement selon les chercheurs ? Il permettra aux cliniciens de cibler directement les cellules cancéreuses du sein tout en évitant les effets secondaires indésirables et toxiques de la chimiothérapie.

Les chercheurs, dirigés par Hassan Beyzavi, professeur adjoint au Département de chimie et de biochimie, ont associé une nouvelle classe de nanomatériaux, appelés cadres métalliques-organiques, avec un médicament de thérapie photodynamique déjà développé pour cibler et tuer les cellules tumorales sans endommager les cellules normales.

Cancer du sein triple négatif : identification des mécanismes de résistance aux médicaments

Dans une étude publiée le 17 août 2021, des chercheurs annoncent qu’ils pourraient, à terme, améliorer la prise en charge des femmes atteintes de cancer du sein triple négatif, en adaptant le traitement selon le profil génétique des cellules tumorales métastatiques. En effet, ils ont découvert que tous les mécanismes de résistance au médicament sacituzumab govitecan (le traitement le plus efficace) étaient liés à des modifications génétiques dans les cellules tumorales métastatiques apparues après la tumeur primaire. Cela signifie que ce cancer deviendrait résistant aux médicaments qu’après l'apparition de métastases et qu’il aurait donc une “résistance acquise”, par opposition à une “résistance innée” qui serait présente dès le départ.

Cancer du sein triple négatif : les inhibiteurs de HDAC6 augmentent l'efficacité de l'immunothérapie 

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Cancer Research par des chercheurs du George Washington University (GW) Cancer Center, le modificateur génétique HDAC6 pourrait réguler la croissance tumorale et stopper les métastases lors d'un cancer du sein triple négatif.

"Notre recherche pourrait conduire à de nouvelles options de traitement vitales pour les patientes atteintes d'un cancer du sein qui ne répondent pas aux immunothérapies conventionnelles", rapportent les chercheurs.

Les agents à ciblage moléculaire, tels que les inhibiteurs de HDAC6, ont été largement décrits dans la littérature scientifique comme étant cytotoxiques - toxiques pour les cellules cancéreuses et saines. Les scientifiques ont découvert de nouvelles propriétés régulatrices de ces médicaments épigénétiques, en découvrant que l'inhibition de HDAC6 a un effet puissant et fort sur le système immunitaire.

Cette recherche démontre pour la première fois que les inhibiteurs de HDAC6 peuvent à la fois améliorer la réponse à l'immunothérapie et diminuer le caractère invasif du cancer du sein, avec des effets cytotoxiques minimes.

Cancer du sein triple négatif : quel est ce médicament innovant indisponible en France ?

Chaque année, ce sont 11 000 femmes qui sont touchées par le cancer du sein triple négatif. Il touche dans la majorité des cas des femmes jeunes et est très agressif. Représentant 15% à 20% des cancers du sein, cette pathologie met la plupart du temps en échec les traitements habituels par chimiothérapie. L'une des principales problématiques de ce cancer du sein est qu'il n'existe pas une grande variété d'options thérapeutiques pour le traiter efficacement, comparativement aux autres types de cancer du sein. En effet, selon le ministère de la Santé, "ces cancers sont caractérisés par l'absence de récepteurs hormonaux (progestérone et œstrogènes) et de la protéine HER2". Or, ce sont ces "marqueurs" qui permettent aux thérapies de traitement de "s'attaquer" aux cellules cancéreuses.

Pourtant, un médicament novateur et ayant prouvé ses bénéfices existe. Le Trodelvy, efficace dans certains cancers difficiles à soigner, a montré des résultats très encourageants chez certaines patientes, mais il n'est pas disponible en Europe. En effet, le traitement est pour l'instant réservé au marché américain. Une situation qui révolte Claude Coutier, porte-parole d'un collectif de femmes qui demandent l'accès au médicament. "Nous perdons toutes les semaines des triplettes qui auraient pu arracher plusieurs mois de vie supplémentaires, si elles avaient bénéficié de ce médicament", confie-t-elle au Figaro.

Elle rappelle que chaque année, "1 700 femmes apprennent qu'elles récidivent d'un cancer avec métastases" et que "l'accès au Trodelvy est donc une urgence de vie". Le surnom de triplettes fait référence aux jeunes femmes atteintes de ce cancer du sein dit "triple négatif". Le collectif a d'ailleurs créé un hashtag #MobilisationTriplettes pour militer pour que les Françaises atteintes d’un cancer du sein triple négatif bénéficient le plus rapidement possible de ce traitement. "Cette situation provoque une injustice et une perte de chance pour toutes les patientes en impasse thérapeutique", précise le collectif dans une pétition.

Un programme d’accès précoce en décembre 2021 ?

Le laboratoire américain Gilead, qui produit le traitement, assure de son côté qu'il n'aurait pas les ressources nécessaires pour en faire parvenir en Europe  et que le traitement ne pourrait pas être fourni à la France avant la fin de l’année 2021. Seule bonne nouvelle, comme le rapporte La Dépêche, l'ANSM assure dans un communiqué qu'"un programme plus large d’accès précoce sera mis en place en décembre 2021, dès que la production du laboratoire aura augmenté, afin que les patientes puissent bénéficier de ce médicament sans restriction". Selon le ministère de la Santé, depuis le 1ᵉʳ juin, plus de 78 patients peuvent bénéficier de ce traitement. Le ministère rappelle que "la France est le pays européen à recevoir le plus de doses, même si ça ne répond malheureusement pas à l'ensemble des besoins".

Prévention

Comme tout cancer, la prévention passe par des mesures d’hygiène de vie :

  • La pratique de l’exercice physique.
  • Avoir une alimentation saine comportant suffisamment de légumes et de fruits.
  • Ne pas fumer.
  • Avoir une consommation d’alcool modérée.
  • Maintenir son poids.
  • Se supplémenter en vitamine D en automne et en hiver.
  • Éviter l’exposition à des produits chimiques toxiques. 

Photo : surveiller son IMC fait partie des mesures préventives contre le cancer du sein

Photo : surveiller son IMC fait partie des mesures préventives contre le cancer du sein

Les autres moyens de prévention sont :

  • Le suivi de mesures de dépistage par mammographie ou éventuellement échographie mammaire.
  • L’observation régulière des seins par l’autopalpation
  • Faire effectuer un examen des seins par un médecin généraliste ou un gynécologue, au moins tous les 2 ans.

La consommation de noix pourrait prévenir les récidives du cancer du sein

Une étude publiée dans l'International Journal of Cancer des survivantes du cancer du sein a démontre que la consommation de noix était liée à des risques plus faibles de récidive ou de décès liés au cancer du sein. Pour arriver à cette découverte, les chercheurs ont suivi l'alimentation de 3 449 survivantes du cancer du sein 5 ans après le diagnostic. Il y a eu 374 décès au cours d'un suivi de 8 ans. Parmi les 3 274 survivantes, 209 ont subi une récidive ou des métastases.

Les chercheurs ont pu faire la relation entre la consommation de noix et le risque de récidive ou de décès du cancer du sein. Les personnes consommant les quantités les plus élevées présentaient des risques plus faibles. 

Sites d’informations et associations

Des sites d’informations et d’entraide existent et sont consultables en ligne :

Sources

https://www.ameli.fr/loire-atlantique/assure/sante/themes/cancer-sein/comprendre-cancer-sein

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-sein

https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/articles/evaluation-du-programme-de-depistage-du-cancer-du-sein

Cancer : un gène d'intérêt découvert dans la progression des métastases, Futura Santé, 4 février 2021.

Interplay between desmoglein2 and hypoxia controls metastasis in breast cancer, Proccedings National Academy of Science, 15 décembre 2020. 

https://www.news-medical.net/news/20210106/Gut-microbe-may-play-a-role-in-the-development-of-breast-cancers.aspx 

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