Deuil, maladie, dépression : pourquoi votre optimisme aggrave les choses ?

Publié par Céline Willefrand
le 18/02/2026
Deux personnes en train de discuter sur un canapé
New Planet Media
Face à la maladie, au deuil ou au stress chronique, attention à ne pas jouer uniquement la carte de l'optimisme. L'injonction à "voir le bon côté" peut faire plus de mal que de bien. Voici pourquoi.

Pas toujours facile de trouver les mots justes. Traverser une épreuve de santé majeure ou la perte d’un être cher est une expérience dévastatrice qui s'accompagne d'un tourbillon émotionnel complexe. Pourtant, l’entourage, souvent par maladresse ou malaise, tend à répliquer par des encouragements excessifs. Ce phénomène, loin d'aider, isole celui qui souffre et peut fragiliser la relation.

Positivité toxique : pourquoi est-ce un piège ?

La positivité toxique se définit par la croyance erronée selon laquelle un individu doit maintenir une attitude positive en toutes circonstances, quelles que soient la gravité de la situation ou la douleur ressentie. Elle diffère fondamentalement de l'optimisme sain. Là où l'optimisme laisse une place à l'espoir tout en reconnaissant la réalité du problème, la positivité toxique nie la souffrance.

Les phrases comme “Ça va aller, il faut juste penser positif” ou “Rien n'arrive pour rien” ou encore “Très vite, tout ira mieux” sont des phrases qui peuvent faire mal à celui ou celle qui les entend pendant un moment difficile. Bien que l'intention soit de remonter le moral, ces injonctions blessent. Dans un contexte de maladie chronique ou de deuil, des émotions comme la peur, la colère ou la tristesse sont des réactions biologiques et légitimes. L'entourage utilise souvent ces formules car il se sent démuni face à cette détresse intense.

Comprendre les dégâts psychologiques du “Tout va bien” !

Nier ou supprimer les émotions négatives d’une personne en souffrance a des répercussions directes sur sa capacité d'adaptation. Lorsqu'un proche entend que ses sentiments ne sont pas appropriés, il subit une invalidation émotionnelle : il a l'impression que son vécu n'est pas pris au sérieux. Cette dynamique engendre un sentiment de honte et de culpabilité. Le malheureux se sent obligé de porter un masque pour rassurer son entourage, ce qui accroît son isolement. Or, les émotions refoulées ne disparaissent pas ; elles s'accumulent et augmentent le niveau de stress physiologique. Cette difficulté à exprimer la détresse réelle peut nuire à la qualité de la communication et, par analogie, compliquer l'adhésion au processus de deuil ou de récupération lorsque le ressenti n'est pas écouté.

La bonne attitude face au décès ou à la maladie : pratiquer l'écoute active et la validation

L'alternative constructive réside dans la validation émotionnelle. Il s'agit de l'acte de reconnaître et d'accepter l'émotion de l'autre (qu'il s'agisse de terreur ou d'abattement) sans porter de jugement de valeur. L'émotion est toujours valide, même si son mode d'expression peut parfois sembler maladroit.

Adopter un accueil non-jugeant permet d'apaiser immédiatement la tension psychique et de créer un climat de sécurité. Cela aide la personne souffrante à identifier ses besoins réels. Dans ces moments de crise, la présence physique et l'écoute priment sur le conseil ou la solution miracle : n’essayez pas de faire disparaître le problème, soyez simplement présent.

Soutien à un proche : trois phrases à dégainer en toutes circonstances

Pour offrir un appui solide, remplacez les clichés par des paroles qui valident le vécu de l'autre.

« Je vois que c'est incroyablement difficile, et c'est normal de te sentir comme ça. » Cette phrase reconnaît la réalité de la douleur. Elle donne la permission explicite de ne pas aller bien, libérant le proche du poids du jugement.

« Je ne sais pas exactement quoi dire, mais je suis là pour toi. » L'honnêteté désamorce la pression de devoir trouver les mots parfaits. Elle garantit une présence inconditionnelle, souvent bien plus réconfortante que des conseils non sollicités.

« Tu n'as pas à être fort(e), mais je crois en toi et je continue d'avancer à tes côtés. » Cette formule enlève l'injonction à la performance ou à la guérison rapide. Elle réaffirme votre confiance en ses capacités tout en assurant un soutien dans la durée, peu importe le rythme de l'épreuve.

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