Les conservateurs alimentaires impliqués dans la hausse des cancers et du diabète en France : des preuves inédites
“Une consommation plus élevée d’additifs alimentaires conservateurs, largement utilisés dans les aliments et les boissons transformés industriellement pour prolonger leur durée de conservation, a été associée à une augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2” lance l’Inserm dans un communiqué de presse.
"Il s’agit des deux premières études au monde sur les liens entre additifs conservateurs et incidence de cancer et de diabète de type 2”
Pour preuve, deux études distinctes, l’une sur l’incidence du diabète de type 2 induit par les conservateurs, parue hier dans Nature Communication et l’autre sur le risque de cancer pour les mêmes causes parue ce matin dans le British Medical Journal (BMJ) valident ce que les scientifiques soupçonnaient de longue date.
Cancer, diabète et conservateurs : les données de 100 000 Français examinées
Les conservateurs sont partout. “Parmi les trois millions et demi d’aliments et de boissons répertoriés dans la base de données Open Food Facts World en 2024, plus de 700 000 contiennent au moins une de ces substances”, détaille l’Inserm. Sur les emballages, ils correspondent généralement aux codes européens compris entre E200 et E299 (pour les conservateurs au sens strict) et entre E300 et E399 (pour les additifs antioxydants). On savait déjà que ces substances avait un impact sur nos cellules et même sur notre ADN, ces travaux suggèrent qu’elles augmentent aussi le risque de diabète de type 2 et de cancer.
Les conservateurs sont associés à un risque accru de diabète de type 2, allant de +40 % à +49 % de risque selon l’additif.
L’équipe Inserm dirigée par Mathilde Touvier, directrice de recherche, qui a entrepris d’examiner les liens entre l’exposition à ces conservateurs et le risque de cancer d’une part et de diabète de type 2 d’autre part, s’est appuyée sur les données communiquées par plus de 100 000 adultes français participant à l’étude NutriNet-Santé. “Il s’agit des deux premières études au monde sur les liens entre additifs conservateurs et incidence de cancer et de diabète de type 2” a précisé la directrice de recherche.
Conservateurs : un risque plus élevé de cancer, notamment de cancer du sein
Tous les conservateurs ne sont pas associés à un risque plus élevé de cancer, sur les 17 que compte l’étude, 11 ont montré patte blanche. Toutefois, certains conservateurs posent réellement problème. Ainsi, liste l’Inserm :
- Les sorbates, en particulier le sorbate de potassium (E202), étaient associés à une augmentation de 14 % du risque global de cancer et à une augmentation de 26 % du risque de cancer du sein ;
- Les sulfites étaient associés à une augmentation de 12 % du risque global de cancer. En particulier, le métabisulfite de potassium (E224) était associé à une incidence accrue de 11 % de cancer au global et 20 % de cancer du sein ;
- Le nitrite de sodium (E250) était associé à une augmentation de 32 % du risque de cancer de la prostate, tandis que le nitrate de potassium était associé à une augmentation du risque de cancer en général (13 %) et de cancer du sein (22 %) ;
- Les acétates (E262) quant à eux étaient associés à une augmentation du risque de cancer en général (15 %) et de cancer du sein (25 %), tandis que l’acide acétique était associé à une augmentation de 12 % du risque de cancer en général.
- Les érythorbates totaux et l’érythorbate de sodium (E316) se sont avérés associés à une incidence plus élevée de cancer au global (12 %) et du sein (21 %).
Les chercheurs supposent que “ces composés peuvent altérer les voies immunitaires et inflammatoires, ce qui pourrait déclencher le développement d'un cancer”.
Diabète de type 2 : quels sont les conservateurs en cause ?
Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, une consommation plus élevée de 12 d’entre eux était associée à un risque accru de diabète de type 2, allant de +40% à +49% de risque selon l’additif.
Ces conservateurs alimentaires sont largement utilisés dans les produits courants et vous pouvez les repérer sur les étiquettes sorbate de potassium (E202), métabisulfite de potassium (E224), nitrite de sodium (E250), acide acétique (E260), acétates de sodium (E262) et propionate de calcium (E282) – et des additifs antioxydants : ascorbate de sodium (E301), alpha-tocophérol (E307), érythorbate de sodium (E316), acide citrique (E330), acide phosphorique (E338) et extraits de romarin (E392).
Afficher les sources de cet article
Communiqué de presse Inserm