Acrochordons : un signe de prédiabète ?
Il faut envisager le prédiabète un peu comme une salle d'attente avant la maladie chronique. Il se caractérise par une glycémie à jeun comprise entre 1,10 g/L et 1,25 g/L, signalant un dérèglement métabolique sans pour autant atteindre le seuil du diabète avéré. Cette phase est traître car elle est généralement dénuée de symptômes visibles. Pourtant, c'est précisément à ce stade que la pathologie est encore réversible grâce à des ajustements hygiéno-diététiques ciblés. De plus, la vigilance doit s'accroître avec l'âge : le risque de basculer vers un diabète de type 2 grimpe en flèche au milieu de la vie. En France, la situation est préoccupante avec plus de 4 millions de personnes touchées par le diabète, dont une part importante ignore être malade. Le diagnostic tombe souvent trop tardivement, puisque 28 % des patients ne découvrent leur maladie qu'au stade des complications graves, nécessitant parfois une hospitalisation, constate la Fédération Française des Diabétiques (FFD). Il devient donc impératif que chacun puisse identifier les symptômes silencieux du prédiabète dès 50 ans pour agir avant que l'irréversible ne s'installe.
Décrypter les messages cachés de l'organisme
Le premier indicateur, et sans doute le plus visible, se situe au niveau de votre ceinture. La prise de poids abdominale ne doit pas être prise à la légère, car elle traduit la présence de graisse viscérale. Contrairement à la graisse sous-cutanée, cette graisse profonde est métaboliquement active et libère des substances inflammatoires favorisant la résistance à l'insuline. Il existe un lien direct entre le tour de taille et le risque de diabète. Selon les normes de l'International Diabetes Federation, le seuil d'alerte est fixé à 80 cm chez la femme et 94 cm chez l'homme. Au-delà de ces mesures, le risque métabolique est avéré.
D'autres manifestations, souvent attribuées à tort au vieillissement ou au stress, doivent vous mettre la puce à l'oreille. Une fatigue persistante qui ne cède pas au repos indique souvent que vos cellules peinent à absorber le glucose nécessaire à leur énergie. Parallèlement, soyez attentif à votre soif et à votre fréquence urinaire. Si vous vous levez la nuit pour uriner plus que d'ordinaire, c'est peut-être le signe que vos reins travaillent excessivement pour éliminer le surplus de sucre. Enfin, observez votre capacité de récupération : une cicatrisation lente ou des infections cutanées à répétition constituent des signaux d'alerte du diabète insidieux. De même, des picotements ou engourdissements dans les extrémités peuvent révéler une neuropathie précoce, des lésions nerveuses débutant dès le stade prédiabétique. Plus surprenant encore, certaines lésions dermatologiques peuvent indiquer un prédiabète ou un diabète. C’est le cas des acrochordons (Molluscum pendulum) qui siègent le plus souvent dans les plis.
Agir pour inverser la tendance
Si vous présentez l'un de ces signes ou des facteurs de risque comme la sédentarité, le surpoids ou des antécédents familiaux, restez vigilant et parlez-en à votre médecin. Il pourra vous prescrire une prise de sang pour mesurer la glycémie à jeun et l'hémoglobine glyquée. Le dépistage du diabète de type 2 le plus tôt possible augmente les chances de retour à la normale sont élevées. Les nouvelles recommandations de l'ESC Scientific Document Group insistent d'ailleurs sur une prise en charge globale, visant non seulement la glycémie, mais surtout la protection cardiovasculaire, le diabète multipliant par deux le risque de maladies du cœur.
Cette prise en charge repose sur deux piliers fondamentaux : la révision de l'assiette et l'augmentation de l’activité physique. Une perte de poids modérée, associée à une activité physique régulière, suffit souvent à normaliser la glycémie et à éviter l'entrée dans la maladie chronique. Ne laissez pas ces signaux sans réponse : votre santé future se joue maintenant.