Nous avons tendance à penser qu'après une infection à la Covid-19, nous sommes immunisés. C'est, en tout cas, ce que de nombreuses études laissaient penser. Les personnes ayant été infectées par le SARS-CoV-2 développent des anticorps propres à ce virus, ce qui devraient les prémunir contre des futures contaminations.

Alors qu'actuellement, la France fait face à un rebond épidémique lié aux sous-variants, BA.4 et BA.5, une nouvelle étude met en garde les patients qui ont été victimes de la Covid et en particulier de la souche Omicron : ils ne seraient pas protégés d'une infection future, estiment des chercheurs de l'Imperial College de Londres.

Omicron : votre système immunitaire aurait du mal à s'en souvenir

Les chercheurs ont examiné des échantillons de sang d'agents de santé en Grande-Bretagne qui ont été triplement vaccinés avec des vaccins à ARNm. Ils ont découvert qu'une infection antérieure offrait peu ou pas de protection contre la souche hautement transmissible d'Omicron.

"Le message est un peu sombre. Omicron et ses variants sont mauvais pour induire l'immunité. Nous obtenons donc des réinfections", assure le professeur Danny Altmann, du département d'immunologie et d'inflammation de l'Impérial College.

"Non seulement il peut résister aux défenses vaccinales, mais il semble laisser très peu d'anticorps sur le système immunitaire, ajoute le scientifique. Il est plus furtif que les variants précédents et passe sous le radar, de sorte que le système immunitaire est incapable de s'en souvenir".

"Dans ce scénario, les personnes qui ont eu une infection à Omicron seraient mal stimulées et mal protégées contre une infection future", a confirmé le professeur Rosemary Boyton, auteur principal de l'étude.

Les sous-variants BA.4 et BA.5 ne seraient pas plus risqués qu'Omicron

"Une hausse de la présence de la mutation en position L452 aux tests de criblageétait à nouveau observée cette semaine en lien avec l’augmentation de certains sous-lignages d’Omicron dont BA.4 et BA.5. Ceci est d’ailleurs confirmé par les données de séquençage qui montraient une augmentation de la détection de ces sous-lignages", note Santé Publique France dans un communiqué envoyé le 3 juin dernier.

Concrètement, cela signifie que les sous-variants BA.4 et BA.5, qui proviennent d'Omicron, ont fusionné et sont à l'origine d'une augmentation des cas en France, mais aussi dans l'ensemble de l'Europe.

BA.4 et BA.5 ne semblent pas présenter un risque plus élevé de formes sévères que les autres formes d'Omicron. Or, une augmentation du nombre de cas due à des taux de transmission plus élevés risque d'entraîner une augmentation des hospitalisations et des décès, craint l'CDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies).

"La croissance signalée de BA.4 et BA.5 suggère que ces variants deviendront dominants", redoutent les experts.

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Sources

https://www.science.org/doi/10.1126/science.abq1841 

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