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Pour certains malades, la COVID-19 n’est pas qu’une infection de quelques jours. Plus de 20% des patients ont encore au moins un symptôme 5 semaines après le début de l’infection, et plus de 10% à 6 mois.

Pour la Haute Autorité de Santé, on parle de covid long lorsque 3 critères sont réunis chez les patients. "Ils ont présenté une forme symptomatique de la Covid-19, ils présentent un ou plusieurs symptômes initiaux, 4 semaines après le début de la maladie et aucun de ces symptômes ne peut être expliqué par un autre diagnostic".

Jusqu’à présent, les professionnels de santé éprouvaient des difficultés à expliquer pourquoi certaines personnes développaient ce trouble. Des chercheurs de l’Institute for Systems Biology de Seattle assurent avoir découvert 4 facteurs de risque permettant d’identifier les personnes susceptibles de souffrir d’un covid long.

COVID Long : des malades au profil similaire

Les scientifiques ont suivi 209 patients atteints de la COVID-19 de leur diagnostic jusqu’à 2 ou 3 mois après leur convalescence. Ils ont étudié les données cliniques réunies (prise de sang, écouvillons nasaux) ainsi que les symptômes rapportés par les malades.

37% des participants ont signalé trois symptômes ou plus du Covid long deux ou trois mois après l'infection. 24% supplémentaires ont rapporté souffrir d’un ou deux signes. Près de 4 sur 10 n’avaient plus aucun symptôme.

En passant au crible les dossiers médicaux des malades indiquant avoir trois symptômes ou plus, l’équipe scientifique a découvert que 95% d’entre eux avaient plusieurs similarités. Ils présentaient au moment de l’infection un des quatre facteurs biologiques détaillés dans le paragraphe suivant.

<--pagebreak-->COVID long : 4 facteurs de risque à surveiller

L’article publié dans la revue médicale Cell le 24 janvier 2022, détaille les 4 facteurs de risque de développer un covid long, et cela que l'infection initiale ait été grave ou légère.

L’élément le plus influent semblait être les auto-anticorps, des anticorps qui attaquent par erreur les tissus de l’organisme comme ils le font dans des conditions telles que le lupus. Il était présent dans deux tiers des cas de Covid long. Le niveau d'ARN du coronavirus dans le sang au début de l'infection, un indicateur de la charge virale, peut aussi aider à déterminer les risques de développer le trouble selon les chercheurs.

Le troisième facteur identifié est la réactivation du virus d'Epstein-Barr. Ce virus est responsable de la mononucléose infectieuse, aussi surnommé la maladie du baiser. Il infecte généralement les gens lorsqu'ils sont jeunes puis devient généralement dormant. Chez de nombreux patients atteints du covid long, il était présent dans le sang lors du diagnostic de la covid-19.

Le dernier facteur de risque serait la présence d’un diabète de type 2. Toutefois, les chercheurs reconnaissent qu’il pourrait s’agir ici d’un biais. En effet, de précédentes études avaient montré que le diabète était l'une des nombreuses conditions médicales qui augmentent le risque de Covid.

Néanmoins, pour le Pr Jim Heath, président de l'Institute for Systems Biology et principal auteur de l'étude, la découverte des 4 facteurs est essentielles : "Ces signatures immunologiques associées aux symptômes révèlent quels patients présentent une gravité aiguë de la maladie et sont les plus à risque de développer des maladies chroniques".

Des outils pour le soigner le covid long

Pour l’équipe scientifique américaine, ses résultats sont susceptibles d'ouvrir la voie à des moyens de prévenir ou de traiter certains cas de long Covid. La prise de médicaments antiviraux peu de temps après le diagnostic de l’infection pourrait être une piste, selon elle.

"Je pense que cette recherche souligne l'importance de faire des analyses au début de la maladie pour comprendre comment traiter les patients, même si nous ne savons pas encore vraiment comment nous allons utiliser toutes ces informations", a expliqué l’auteur principal de l’étude Jim Heath au New York Time. "Une fois que vous pouvez mesurer quelque chose, vous pourrez peut-être commencer à faire quelque chose", a-t-il confié, ajoutant : "nous avons fait cette analyse parce que nous savons que les patients iront chez les médecins et ils diront qu'ils sont fatigués tout le temps, et le médecin leur dit juste de dormir plus. Ce n'est pas très utile. Donc, nous voulions réellement avoir un moyen de quantifier et de dire qu'il y a réellement quelque chose qui ne va pas avec ces patients".

Également interrogé par le New York Times, le Dr Steven Deeks, professeur à l'Université de Californie (San Francisco) - qui n'a pas participé à l'étude - reconnaît l’intérêt de la découverte des chercheurs. "Ils ont identifié ces quatre facteurs majeurs. Chacun est biologiquement plausible, cohérent avec les travaux d'autres personnes, et surtout, chacun est exploitable. Si ces voies sont confirmées, nous, en tant que cliniciens, pouvons réellement mettre en place une prise en charge pour soigner les malades. C'est le message à retenir".

Sources

https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(22)00072-1#relatedArticles

https://www.nytimes.com/2022/01/25/health/long-covid-risk-factors.html

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