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Le mardi 25 janvier 2022 marque un triste record de notre pandémie. En 24 heures, 501 635 nouveaux cas de Covid-19 ont été dépistés. Il s’agirait de chiffre encore jamais atteint. Dans les hôpitaux, on retrouve le niveau de novembre 2022 avec 30 000 patients Covid admis.

Heureusement, les réanimations ne sont pas revenues à un stade alarmant. Et pour cause, c’est le variant Omicron qui mène la danse actuellement en France. Cette souche de coronavirus découverte en Afrique du Sud est réputée pour impliquer des formes moins graves. En revanche, elle n’est pas moins contagieuse, bien au contraire. Depuis plusieurs semaines, les contaminations s’enchaînent. Au point que ce mardi 25 janvier, Jean-François Delfraissy, président du Conseil Scientifique, estime que près d'un Français sur trois soit contaminé par la vague Omicron.

Vous voyez vos proches contaminés les uns après les autres. Mais vous, étrangement, semblez passer entre les mailles du filet. Pourquoi certaines personnes résistent-t-elles à cette vague déferlante ? Sont-elles moins vulnérables ? Ont-elles une immunité plus performante ? Plusieurs études scientifiques ont leur théorie. Attention, pour le moment, il n’y a rien de moins sûr. Ce n’est pas parce que vous avez échappé à la Covid-19 et à ses variants que vous pouvez renoncer aux gestes barrières.

Covid : votre groupe sanguin, serait-il déterminant ?

De nombreuses études se sont intéressés au groupe sanguin des patients pour connaître leur susceptibilité de contracter la Covid.

Une étude relayée par l’Inserm estime notamment que les personnes issues du groupe O seraient moins impactées que des groupes A et AB.

"L’hypothèse la plus crédible s’intéresse aux anticorps anti-groupes sanguins A et B. En effet les cellules de l’arbre respiratoire – où se multiplie principalement le virus – synthétisent les antigènes A ou B en fonction du groupe sanguin de la personne infectée. Ces antigènes sont des sucres complexes qui sont liés à des protéines ou à des lipides présents sur la membrane des cellules, mais aussi sur l’enveloppe virale du SARS-CoV-2. Les particules virales émises par une personne des groupes A, B, ou AB pourraient alors porter ces antigènes, décrit l’Inserm. Lorsqu’une personne transmet le virus à une autre personne qui possède des anticorps anti-A ou anti-B, ces particules virales ABO incompatibles pourraient être neutralisées et éliminées. Cela pourrait expliquer pourquoi les personnes de groupe sanguin O, qui possèdent à la fois des anticorps anti-A et anti-B seraient plus en mesure de lutter contre le virus".

Une étude canadienne parue dans Blood Advance a ainsi démontré que les patients de groupe A et AB étaient plus susceptibles de rester longtemps en réanimation ou d’avoir recours à la ventilation mécanique que les autres groupes. En France, une étude parue dans le Journal of Clinical Medicine a aussi souligné que le fait d’appartenir au groupe A était le facteur prédictif de mortalité le plus significatif.

"Par ailleurs, une étude italienne a montré que chez des patients plus jeunes atteints d’une forme grave de Covid et ayant des antécédents d’hypertension, le risque de décès était trois fois plus élevé chez les non O que chez les O. De tels résultats devront être confirmés par des études s’appuyant sur de plus larges échantillons de patients", rapporte encore l’Inserm.

Covid : votre dernier rhume, vous a-t-il protégé ?

Une étude menée par des scientifiques de l'Université de Glasgow (Ecosse) et publiée dans le Journal of Infectious Diseases suggère que les rhinovirus responsables du rhume pourraient bloquer la réplication du Sars-CoV-2.

Ce phénomène a aussi été mis en avant récemment par les chercheurs de l'Imperial College de Londres dans la revue Nature Immunology.

Les victimes du rhume développeraient des lymphocytes T protectrices

En comparant les données de 52 personnes exposées au virus, les chercheurs ont ainsi pu observer que les risques de contracter le virus étaient moins élevés chez les personnes qui avaient auparavant attrapé un rhume, dont la trace restait visible dans certaines cellules de l'organisme.

À titre de précision, les 52 personnes vivaient sous le même toit qu'une personne testée positive à la Covid-19.

Les chercheurs de l'Université de Glasgow (Ecosse) estiment que les rhinovirus pourraient bloquer la réplication du Sars-CoV-2. Une théorie qui s’appliquerait particulièrement avec Omicron.

A priori, ce seraient les cellules T provenant du rhume qui jouiraient d’un pouvoir protecteur. Les personnes victimes du rhume pourraient développer des lymphocytes T. Ces globules blancs agissent en faveur de l’immunité. Ces cellules perdurent dans le temps, contrairement aux anticorps produits par l’organisme pour lutter contre la Covid-19 qui peuvent diminuer quelques semaines après l’infection.

Covid : et si la grippe pouvait nous protéger ?

Noushin Mossadegh-Keller, vice-présidente de la société française d’immunologie, avait aussi partagé à nos confrères de La Dépêche une théorie selon laquelle la grippe pourrait aussi nous prémunir. "La grippe pourrait aussi nous préserver. Même s'ils ne font pas partie de la famille, les virus partagent certains marqueurs, certaines molécules. Avoir la grippe, ça veut dire que notre système immunitaire a combattu et a gardé en mémoire un virus. Donc il peut y avoir ici un autre facteur d'explication", a-t-elle partagé. La grippe pourrait donc être en réalité un vecteur de protection contre le coronavirus. "Certaines personnes peuvent être dans un état immunologique qui ne favorise pas l’infection : s’il y a eu une grippe récemment par exemple", explique à La Croix Olivier Schwartz, directeur de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur. Selon le professeur, votre organisme va alors développer "des molécules qui pourraient constituer une forme de protection contre le virus".

Covid-19 : la génétique peut-elle jouer ?

Notre ADN pourrait aussi expliquer pourquoi certains résistent à la Covid. "Il pourrait y avoir des prédispositions génétiques", explique ainsi Noushin Mossadegh-Keller.

"On pourrait imaginer des variations très spécifiques dans la reconnaissance du virus qui pourrait empêcher son entrée", estime de con côté Jean-François Deleuze, le directeur du Centre National de Recherche en Génomique Humaine, dans les colonnes du Figaro.

Il faut toutefois garder en tête que ces variations sont rares. Il est donc peu probable que vous soyez nombreux à être immunisé grâce à ça.

Immunité : tout peut se jouer lors de vos premières années de vie

Certes, nous ne sommes pas tous égaux face aux virus. Si la génétique n’explique pas tout, Noushin Mossadegh-Keller estime toutefois que les inégalités immunitaires peuvent prendre effet dans les premières années de vie. Vos premières semaines de vie vont être décisives : si vous avez été exposé à des pathogènes, vous êtes susceptibles d’avoir développé une meilleure immunité.

"Je pense aux enfants qui sont gardés en collectivité, en crèche par exemple, détaille-t-elle. Les trois premières années sont un peu compliquées parce qu’ils sont souvent malades, mais après, ils ont une immunité beaucoup plus robuste".

Covid : et si trop d’hygiène était nocif ?

L’hygiène peut aussi expliquer la résistance de certains face à la Covid-19. On dit que le système immunitaire se développe après la naissance d’une personne. Il n’y a qu’une seule façon de le stimuler : entrer en contact avec les bactéries et les virus. Si c’est le cas, l’immunité va se mettre en place progressivement.

Une théorie qui peut aussi prouver que les gestes barrières peuvent agir à double tranchant : s’ils sont la seule manière de prévenir l’infection à la Covid-19, ils risquent aussi d’être nocifs pour votre immunité.

"Notre immunité n'est plus assez challengée"

"Notre immunité n'est plus assez challengée", explique Noushin Mossadegh-Keller. Si le port du masque et le lavage des mains permettent d'éviter au virus de se propager notamment lorsqu'on est porteur sain, il est important que notre système immunitaire soit confronté au monde extérieur bactérien et viral".

Évidemment, ce n’est pas une raison pour abandonner les gestes barrières. Même si vous êtes vacciné, ils restent le moyen le plus sûr d’échapper à la Covid. Il est donc important d’en tenir compte lorsque c’est possible et surtout si vous avez déjà des comorbidités.

Covid : des systèmes immunitaires moins forts

De manière très basique, face au coronavirus, la force des systèmes immunitaires est inégale. "Il y a de vraies inégalités", souligne Noushin Mossadegh-Keller dans Ouest-France. Une différence d'immunité qui serait créée dès le plus jeune âge selon la vice-présidente de la société française d’immunologie. "Je pense aux enfants qui sont gardés en collectivité, en crèche par exemple", détaille-t-elle. "Les trois premières années sont un peu compliquées parce qu’ils sont souvent malades mais après, ils ont une immunité beaucoup plus robuste", assure-t-elle Au-delà des vitamines, du sport et d'autres bienfaits apportés par notre hygiène de vie, l’exposition à différents pathogènes dans l'enfance permettrait à notre corps de développer une plus forte immunité à l'âge adulte contre des maladies comme le coronavirus.

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Sources

https://presse.inserm.fr/les-personnes-appartenant-au-groupe-sanguin-o-protegees-contre-le-sars-cov-2-vraiment/42382/

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1755436521000098?via%3Dihub

https://www.nature.com/articles/s41467-021-27674-x

https://www.ladepeche.fr/2022/01/25/covid-19-genetique-rhume-grippe-groupe-sanguin-pourquoi-certaines-personnes-sont-elles-epargnees-par-le-virus-10067587.php

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