Le variant anglais provoque-t-il plus de symptômes ? Les connaissances sur ce variant sont encore minces et controversées sur cette mutation du virus qui serait plus contagieuse que la souche originale. Selon une étude publiée le mercredi 27 janvier dernier par l'Office national des statistiques britanniques, le variant anglais provoquerait les mêmes symptômes que la souche d'origine, mais ces symptômes seraient plus fréquents. Les chercheurs ont découvert que les malades infectés par le variant britannique souffraient davantage de toux, de fatigue, de maux de gorge, de fièvre et de douleurs musculaires ou myalgies.

Plus de toux, de fatigue, de maux de gorge et de fièvre

En effet, comme le rapporte La Dépêche, qui relaie l'étude, les chercheurs britanniques ont comparé deux groupes de malades, l'un infecté par le variant, l’autre par le virus original. Résultat, 35% des malades du variant ont déclaré souffrir de toux, contre 28% des autres contaminés par le coronavirus "de base". Les malades atteints du variant seraient également plus nombreux à déclarer ressentir de la fatigue, 32%, contre 29% pour les autres malades. Les maux de gorge seraient également plus fréquents pour les malades du variant, 22% en souffrent, contre 19% pour les patients infectés par la souche orignale du virus. C'est également le cas pour la fièvre (21% contre 19%) et les douleurs musculaires ou myalgies.

Si les maux de tête, les nausées ou encore la sensation de souffle court sont équivalents pour les deux groupes, les personnes atteintes du variant sont moins nombreuses (19%) à souffrir de perte de goût ou d'odorat par rapport aux autres malades du Covid-19 (22%). Si cette étude de l'Office national des statistiques britanniques assure que les malades infectés par le variant développent plus de symptômes de la maladie, cela est contredit par une autre étude britannique publiée par King’s College London, University College London et Harvard Medical School deux jours plus tard le 29 janvier.

Des résultats contredits par une autre étude

"Nous n'avons trouvé aucune différence dans les symptômes et pas d'aggravation globale dans la sévérité de la maladie", assurent à l'inverse les chercheurs, qui se sont basés sur les données de 36 920 utilisateurs de l'application Covid Symptom Study. Ils s'opposent à l'étude précédente ayant "conclu que des individus infectés par le B.1.1.7 [le variant anglais, NDLR] étaient plus susceptibles de manifester de la toux, des maux de gorge, de la fatigue, des myalgies et de la fièvre dans les sept jours précédant leur test, et moins susceptibles de manifester des pertes de goût ou d'odorat".

Selon eux, "l'ajustement aux facteurs de l'âge, du sexe et de l'environnement n'est pas clair dans cette étude". "Si l'on ne corrige pas en fonction de ces facteurs, on trouve des différences signifiantes dans les témoignages des symptômes mais de notre point de vue, ces différences ne sont probablement pas dues au B.1.1.7", estiment les scientifiques, qui reconnaissent toutefois qu'il est "nécessaire de mener de plus amples études sur les symptômes de B.1.1.7 dans différents contextes pour être définitif sur la question".

Sources

Coronavirus (COVID-19) Infection Survey: characteristics of people testing positive for COVID-19 in England, Office for National Statistics, 27 January 2021.

The effect of SARS-CoV-2 variant B.1.1.7 on symptomatology, re-infection and transmissibility, medRxiv, 29 janvier 2021. 

Covid-19 : le variant anglais provoque-t-il des symptômes plus graves ?, La Dépêche, 1er février 2021. 

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