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Une vague de froid accompagné de fortes chutes de neige s’est abattue sur la France ce mardi, si bien que Météo-France a placé 13 départements en vigilance orange. L’organisme météorologique évoque “un épisode de froid d'une intensité nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées”. À tout cela s’ajoute un risque élevé de verglas.

Dans certains départements, le mercure pourrait bien dégringoler jusqu’à - 7 °C, avec un ressenti pouvant atteindre - 16 °C, en raison d’un vent de nord-est. En conséquence, le Nord, le Pas-de-Calais, la Manche, la Somme et l'Oise ont déclenché le plan "Grand Froid".

Mais quelles sont, précisément, les conséquences de telles températures sur notre organisme ? Certaines personnes sont-elles plus en danger que d’autres ? C’est ce que nous vous dévoilons dans les pages suivantes.

Quand peut-on parler de “grand froid” ?

D’après le gouvernement, un épisode de grand froid se caractérise “par sa persistance, son intensité et son étendue géographique”. Celui-ci dure au moins deux jours, avec des températures nettement inférieures aux normales saisonnières, et le vent amplifie les températures ressenties.

Il “constitue un danger pour la santé de tous”, dans la mesure où, chaque année, “des centaines de personnes sont victimes de pathologies provoquées par le froid”. Néanmoins, certains individus sont plus à risque que d’autres…

Grand froid : les personnes les plus à risque

Dans un communiqué de presse, le ministère des Solidarités et de la Santé rappelle que le grand froid constitue un danger plus important pour certaines populations. À savoir :

  • les populations précaires, sans domicile ou isolées ;
  • les personnes âgées ;
  • les jeunes enfants ;
  • les personnes présentant certaines pathologies chroniques ;
  • toutes les populations exposées (notamment ceux qui travaillent en extérieur).

Découvrez les risques engendrés par le froid à la page suivante.

Les dangers du grand froid sur la santé

L’exposition à des températures très basses n’est pas sans conséquence sur l’organisme. Tout d’abord, le froid favorise les maladies cardiovasculaires, et peut aggraver ces pathologies lorsqu’elles sont préexistantes. En effet, il provoque une contraction des vaisseaux sanguins, augmente la pression artérielle et demande au cœur de battre plus vite pour maintenir une température corporelle normale.

D’autre part, le froid peut aussi provoquer une hypothermie, c’est-à-dire une diminution de la température du corps en dessous de 35 °C. Celle-ci s’accompagne de symptômes qui tendent à s’aggraver si l’on ne se réchauffe pas rapidement : frissons, extrémités engourdies, tachycardie, chute de la pression artérielle… voire arrêt cardiaque.

Quant à la neige et aux verglas, ils sont régulièrement à l’origine de chutes et de fractures, mais aussi d’accidents de voiture.

Les gelures, plus graves que les engelures

Le froid peut aussi être à l’origine d’engelures, des lésions cutanées rouges et douloureuses, liées à l’étrécissement des vaisseaux sanguins exposés au froid, à l’origine d’une réponse inflammatoire de l’organisme.

Plus graves, les gelures sont liées à une exposition prolongée à une température inférieure à 0 °C. Pour se consacrer aux organes vitaux, le sang ne circule plus dans les extrémités (mains, pieds, nez ou oreilles), ce qui entraîne un gel des tissus. La peau devient d’abord blanche et insensible, puis se teinte de bleu et les membres concernés perdent leur mobilité.

Aux stades les plus sévères, un gonflement apparaît, la peau devient de plus en plus foncée et les tissus se nécrosent à cause du manque d’oxygène. Dans ce cas, l’amputation est inéluctable.

Infographie : ce qui se passe dans le corps par temps froid

Infographie : ce qui se passe dans le corps par temps froid

© Ministère des Solidarités et de la Santé

Intoxication au monoxyde de carbone : une conséquence indirecte du froid

Enfin, le ministère de la Santé insiste sur une conséquence plus inattendue du froid : l’intoxication au monoxyde de carbone. Et pour cause, lorsque le mercure dégringole, il est fréquent de monter le chauffage pour se réchauffer.

Pour éviter ce drame, les autorités sanitaires recommandent de ne jamais :

  • utiliser de façon prolongée un chauffage d’appoint à combustion ;
  • se chauffer avec des appareils non destinés à cet usage (réchauds de camping, fours, barbecues…) ;
  • utiliser un groupe électrogène dans un lieu fermé ;
  • obstruer les grilles de ventilation de son habitation ;
  • oublier d’aérer régulièrement son intérieur.

Si vous présentez les symptômes d’une intoxication au monoxyde de carbone (maux de tête, nausées, confusion mentale, fatigue) appelez le 15, le 18 ou le 112.

On vous explique comment vous protéger du froid dans la page suivante.

Comment se protéger des basses températures ?

Pour éviter de vous mettre en danger face aux épisodes de grand froid, les autorités sanitaires recommandent de limiter les activités extérieures et les déplacements, et notamment le soir, où les températures sont au plus bas. Dans la mesure du possible, mieux vaut rester chez soi - en particulier les enfants et les adultes de plus de 65 ans.

Si vous devez tout de même sortir :

  • Habillez-vous très chaudement, en multipliant les couches, sans oublier de couvrir vos mains, vos pieds, votre nez, vos oreilles et votre cou.
  • Couvrez bien les enfants et les nourrissons et transportez-les dans vos bras ou une poussette plutôt que dans un porte-bébé.
  • Marchez prudemment sur la neige ou le verglas, avec des chaussures adaptées, pour ne pas glisser.
  • Informez-vous sur l’état des routes avant de prendre la voiture, et emportez des boissons chaudes, des couvertures, vos médicaments et un téléphone chargé, au cas où votre véhicule serait bloqué par la neige.

Les efforts physiques sont à proscrire lorsque le mercure chute, pour éviter de provoquer ou d’aggraver des troubles cardiovasculaires. Pour rappel, le cœur est déjà mis à contribution pour essayer de réchauffer l’organisme. Par ailleurs, mieux vaut ne pas consommer d’alcool, dans la mesure où l’ébriété fait disparaître les signaux d’alerte liés au froid.

En revanche, pensez à vous nourrir correctement et à bien vous hydrater, même si vous n’avez pas soif. Maintenez la température de votre domicile autour de 19 °C, sans utiliser de chauffage d’appoint en continu.

“Pensez également à prendre régulièrement des nouvelles des personnes âgées ou handicapées et/ou isolées de votre voisinage ou entourage”, conseille le ministère de la Santé dans un communiqué. “Enfin, n’hésitez pas à appeler le 115 si vous remarquez une personne sans abri ou en difficulté dans la rue”.

Infographie : les précautions pour sortir par temps froid

Infographie : les précautions pour sortir par temps froid

© Ministère des Solidarités et de la Santé

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Sources

Grand froid, gouvernement.fr

Vigilance météorologique, Météo France.

Risques sanitaires liés au froid, Ministère des Solidarités et de la Santé. 

Survenue d’un épisode de grand froid durable : les précautions à prendre pour limiter l’impact sur votre santé, Ministère des Solidarités et de la Santé. 

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