Tremblements : 5 signes discrets qui doivent alerter
Le tremblement essentiel constitue le trouble du mouvement le plus répandu. Il affecte une personne sur 200 à l'échelle mondiale et environ 300 000 sont concernés en France. Contrairement aux idées reçues, cette pathologie neurologique est trois à quatre fois plus fréquente que la maladie de Parkinson. Souvent qualifiée à tort de bénigne, elle engendre pourtant un handicap physique et social majeur pour les patients concernés.
Quelles différences entre tremblements essentiels et maladie de Parkinson ?
Les tremblements essentiels se distinguent de ceux de la maladie de Parkinson, car ils ne surviennent pas au même moment. Alors que Parkinson se caractérise par un tremblement au repos, le tremblement essentiel se manifeste lors de l'action ou du maintien d'une posture. Les tremblements essentiels résultent d'un dysfonctionnement des circuits cérébraux, impliquant notamment le cervelet. Une origine génétique est identifiée dans 50 à 70% des cas, bien que des facteurs environnementaux puissent également intervenir dans le déclenchement de la maladie.
L'évolution progressive mais d’intensité variable selon les personnes
Cette affection évolue généralement de manière progressive avec l'âge. L'amplitude des mouvements involontaires tend à augmenter et peut s'étendre à de nouvelles “régions corporelles”. A mesure que la maladie s’installe, les répercussions dépassent largement le simple désagrément physique. Manger, boire ou s'habiller deviennent des défis quotidiens qui peuvent même affecter l'autonomie.
De plus, ce handicap fonctionnel s'accompagne d'un lourd retentissement psychologique : la phobie sociale touche un patient sur trois. La crainte du regard d'autrui et la confusion fréquente avec l'alcoolisme ou d'autres pathologies poussent malheureusement de nombreuses personnes à l'isolement et au repli sur soi.
Les solutions thérapeutiques : traiter pour mieux vivre
Il n'existe malheureusement pas de solution définitive, mais la prise en charge vise à réduire les symptômes et améliorer la qualité de vie. Les options incluent des traitements médicamenteux comme les bêta-bloquants (en première intention)ou la primidone (un anticonvulsivant). Pour les formes sévères et invalidantes, la stimulation cérébrale profonde ou les ultrasons focalisés offrent des résultats généralement probants.
L'utilisation d'aides techniques, tels que des couverts lestés, permet aussi de conserver une meilleure autonomie au quotidien. La mise en place de soutien étant plus efficace quand la maladie est détectée tôt, il est important de consulter dès les premiers signes. Voici en images, les principaux signaux d’alerte.
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Le test de la cuillère : évaluer la précision du geste
Le tremblement essentiel cible souvent spécifiquement les mains et les avant-bras durant les actions volontaires, rendant les gestes précis particulièrement ardus. Pour repérer ce trouble, le "test de la cuillère" s'avère révélateur : il s'agit de porter une cuillère remplie d'eau à la bouche sans en renverser. Si le liquide se renverse à l'approche des lèvres, cela signale un tremblement d'action caractéristique. Environ 66% des patients rapportent des difficultés significatives lors de l'utilisation de couverts.
Hochements de tête : des mouvements involontaires du cou
L'atteinte du cou se manifeste par des hochements rythmiques que le patient ne perçoit pas toujours lui-même. Ces mouvements oscillatoires prennent la forme d'un "oui" (flexion-extension) ou d'un "non" (rotation latérale). Souvent remarqués par l'entourage avant le patient, ces signes sont fréquemment et à tort attribués à une simple nervosité ou à un état de stress passager alors qu'ils sont neurologiques.
La voix chevrotante : quand les cordes vocales tremblent
Lorsque le trouble atteint le larynx et les cordes vocales, la voix devient instable et chevrotante. Maintenir une note, produire des voyelles soutenues ou lire à voix haute demande alors un effort considérable pour contrôler cette oscillation. Bien que rarement isolé, ce symptôme vocal touche une part significative des patients et peut compliquer les interactions sociales en rendant l'élocution laborieuse.
Tremblements des jambes : une instabilité en station debout
Moins fréquent que l'atteinte des membres supérieurs, le tremblement peut gagner les jambes, particulièrement lors d'une station debout prolongée. Il se traduit par une oscillation des genoux et une sensation d'instabilité, sans pour autant provoquer de chute immédiate. Ce symptôme apparaît généralement après plusieurs années d'évolution de la maladie.
L'écriture altérée : des lignes saccadées et illisibles
L'écriture, geste de précision par excellence, subit souvent de plein fouet les effets du tremblement essentiel. Le tracé devient ondulé, saccadé et irrégulier, rendant la lecture difficile. La fatigue musculaire s'installe rapidement lors de la rédaction. Le recours à un graphothérapeute permet souvent de développer des stratégies pour adapter la tenue du stylo et préserver une écriture fonctionnelle.
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