Cancer de l’ovaire : 5 signes discrets à ne jamais ignorer après 40 ans
Le cancer de l'ovaire se classe parmi les cancers gynécologiques les plus difficiles à détecter à un stade précoce, ce qui explique son taux de mortalité élevé. “Dans 75 % des cas, il est à un stade avancé au moment du diagnostic, en raison bien souvent de l’absence de symptômes évocateurs à un stade précoce”, explique ainsi la Dre Patricia Pautier, cheffe du service d'oncologie gynécologique de Gustave Roussy, institut spécialisé dans la prise en charge du cancer.
Aux premiers stades de la maladie, les symptômes sont en effet souvent vagues et imitent couramment ceux des troubles gastro-intestinaux bénins. Les femmes, en particulier celles de plus de 40 ans, tendent à ignorer ces signaux, les attribuant à l'âge, à une mauvaise alimentation ou à la ménopause.
Identifier les symptômes : la confusion fréquente
Pourtant, la reconnaissance rapide de ces signes est vitale. Car le cancer de l’ovaire tend à diffuser. “Le cancer de l’ovaire se développe initialement dans l’ovaire mais surtout sur la trompe, et peut rapidement s’étendre au péritoine et à d’autres organes abdominaux par contiguïté”, explique encore la Patricia Pautier.
Lorsque les symptômes sont causés par un cancer de l'ovaire, ils présentent des caractéristiques spécifiques : ils sont nouveaux, plus sévères qu'à l'accoutumée, et surtout, ils persistent pendant plusieurs semaines. Ils se manifestent fréquemment, souvent plus de 12 fois par mois. Bien que l'apparition d'un cancer de l'ovaire soit plus fréquente après la ménopause, le risque augmente bien avant, rendant la vigilance essentielle dès la quarantaine.
Agir vite : l'impact sur la survie en cas de cancer de l'ovaire
L'enjeu est de taille : un diagnostic précoce améliore significativement les chances de survie. C'est pourquoi il est crucial de ne pas banaliser un mal de ventre, des ballonnements ou une sensation de ventre plein qui ne disparaissent pas avec les traitements habituels. Ignorer ces manifestations au profit de l'automédication peut retarder une prise en charge nécessaire.
Réagir rapidement : quand consulter ?
Si l'un des symptômes abdominaux ou digestifs suivants persiste au-delà de deux ou trois semaines, une consultation gynécologique ou médicale s'impose. L'institut national du cancer en Grande-Bretagne, le NICE (pour National Institute for Health and Care Excellence) recommande d'ailleurs une attention particulière pour les symptômes évoquant le côlon irritable chez les femmes de plus de 50 ans. Une évaluation approfondie permet d'écarter toute cause grave.
En France, la Ligue contre le cancer rappelle que “le suivi gynécologique régulier est essentiel : il est donc très important de consulter pour un suivi gynécologique (avec un gynécologue, le médecin traitant ou une sage-femme) une fois par an et consulter un médecin en cas de symptômes abdominaux ou pelviens inexpliqués.” Il est ainsi recommandé que les femmes continuent leur suivi gynécologique, même une fois ménopausée.
Le diaporama ci-dessous détaille les cinq principaux signaux d’alarme abdominaux qui nécessitent une évaluation médicale.
Afficher les sources de cet article
Le ballonnement abdominal : signe discret, mais persistant
Souvent confondu avec des gaz ou une indigestion, le ballonnement lié au cancer de l'ovaire se distingue par son caractère persistant, sans lien direct avec l'alimentation du moment. Il s'accompagne parfois d'une augmentation progressive et inexpliquée du tour de taille ou d'une sensation de gonflement permanent.
Ce symptôme figure parmi les plus fréquemment rapportés par les patientes. Le gonflement peut résulter de la tumeur elle-même ou de l'ascite, une accumulation de liquide dans l'abdomen caractéristique des stades avancés.
Satiété rapide et difficulté à manger : le signal d’alarme digestif
Ce signe se caractérise par une sensation d'être rassasié très rapidement, même après avoir ingéré une petite quantité de nourriture, ou par une difficulté marquée à s'alimenter. Il est souvent associé à une perte d'appétit ou à des nausées chroniques.
Contrairement à une indigestion passagère, cette sensation résulte généralement de la pression exercée par la masse tumorale sur l'estomac et d'autres organes digestifs. Si ce trouble devient quotidien et inexpliqué, il nécessite un avis médical.
Douleur ou pression pelvienne : quand elle devient constante
Une douleur ou une pression constante dans le bas-ventre est un symptôme classique, trop souvent attribué à tort aux règles chez les femmes non ménopausées ou à des kystes bénins. L'alerte doit être donnée lorsque cette gêne est nouvelle, persistante sur plusieurs semaines et ne s'améliore pas avec les antalgiques habituels.
Elle peut irradier sous forme de maux de dos dans la région lombaire. Selon les données cliniques, cette douleur constitue, avec les ballonnements et les troubles urinaires, un trio de symptômes majeurs dont l'association renforce la suspicion clinique.
Changements persistants dans le transit intestinal
Toute modification récente et durable des habitudes intestinales, comme l'apparition d'une constipation soudaine ou de diarrhée sans cause infectieuse, doit alerter. Ces troubles deviennent suspects, surtout après 50 ans, lorsqu'ils résistent aux régimes ou aux laxatifs classiques.
Le cancer de l'ovaire peut affecter le transit en exerçant une pression physique directe sur l'intestin. Il est fréquent qu'une femme atteinte tente de traiter ces douleurs abdominales par automédication avant d'obtenir le diagnostic correct.
Fréquence ou urgence urinaire : le signal méconnu
Bien que non strictement digestif, ce symptôme est intimement lié à la sphère pelvienne. Il se manifeste par un besoin d’uriner beaucoup plus fréquent ou urgent que la normale, en l'absence de toute infection urinaire prouvée.
Ce phénomène est causé par la tumeur qui appuie sur la vessie, réduisant sa capacité. Lorsqu'il est conjugué à des ballonnements et à une douleur pelvienne, il justifie impérativement une évaluation diagnostique.
- Cancer des ovaires et endométriose : des scientifiques ont mis au point des serviettes hygiéniques pour les détecter précocement
- Un test permet de cibler 96 % des cancers de l'ovaire chez la femme ménopausée
- L’aspirine pourrait protéger du cancer de l’ovaire
- Cancer du sein : les survivantes sont plus à risque de développer un autre cancer