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Ovaires : un cancer difficile à repérer et diagnostiquer

Le cancer des ovaires figure parmi un des plus difficiles à diagnostiquer. Il peut en effet se développer jusqu'à un stade avancé, sans qu'aucun symptôme évocateur ne se soit manifesté. De ce fait, il est souvent diagnostiqué lorsque des cellules cancéreuses ont atteint le péritoine. En cause, l'ovaire, qui est un organe situé en profondeur dans la cavité abdominale. Hormis lorsque la tumeur est à un stade avancé et développe des symptômes caractéristiques (épanchement de liquide...), les signes sont assez difficiles à repérer.

Ce samedi 15 janvier, la célèbre joueuse de tennis Chris Evert a annoncé sur ses réseaux sociaux souffir d'un cancer des ovaires de stade 1. "Je voulais vous annoncer que l’on m’a diagnostiqué un cancer de l'ovaire de stade 1. Je me sens très chanceuse qu'il ait été repéré à temps et j'attends des résultats positifs de mon traitement chimiothérapique", a expliqué la championne. Une maladie que l'on sait héréditaire et qui a déjà causé la mort de sa soeur Jeanne Evert Dubin, en 2020. Certaines prédispositions héréditaires augmentent tellement le risque de développer ce cancer qu'une ablation des ovaires peut être recommandée.

Le cancer des ovaires est le 5e cancer féminin. Chaque année, environ 4 500 nouveaux cas sont diagnostiqués en France. Les personnes à risque sont les femmes de 60 ans et plus, celles sans enfant, qui ont eu des règles précoces ou une ménopause tardive.

Cancer des ovaires : quelles sont les personnes à risque ?

Selon l'Institut national du cancer, d’autres facteurs augmentent le risque de développer un cancer de l’ovaire, tels que :

  • l’absence de grossesse ;
  • la surcharge pondérale et l’obésité ;
  • la précocité des règles ;
  • une ménopause tardive
  • l’âge (65 ans en moyenne lors du diagnostic).

Des données récentes affirment que l'origine de ces cancers se trouve dans le pavillon des trompes dans un tiers des cas. La contraception orale, la grossesse, l'allaitement, la ligature des trompes diminuent en revanche les risques. C’est le cas de mutations des gênes BRCA1 et 2 qui prédisposent aussi aux cancers du sein, au syndrome de Lynch. Ces mutations se diagnostiquent dans les familles où surviennent des cancers du colon avant 50 ans, mais aussi dans les familles où plusieurs cancers du sein et de l’ovaire sont présents.

Quel que soit la manière dont ont découvre une masse ovarienne, un certain nombre d’examens doit être réalisé pour confirmer le diagnostic de cancer et en évaluer le stade, c’est-à-dire son degré d’extension. L’ensemble de ces examens constitue le bilan diagnostique. La preuve du cancer est apportée par l’examen anatomopathologique des tissus retirés lors d’une chirurgie ou prélevés lors d’une biopsie. Leurs résultats permettent aux médecins de définir si le stade de la tumeur, c’est-à-dire de son étendue au moment du diagnostic. Trouvez ci-après les 8 symptômes qui peuvent pour permettre de repérer un cancer des ovaires, avant de pouvoir commencer les traitements. La chirurgie et les traitements médicamenteux (chimiothérapie conventionnelle et/ou thérapies ciblées) sont les principaux traitements des cancers de l’ovaire.

Des ballonnements

Des ballonnementsLes manifestations : Des troubles digestifs peuvent se manifester lors d'un cancer des ovaires, comme des diarrhées, une constipation, des gaz, des ballonnements abdominaux, une sensation de satiété rapide même après un repas léger, une digestion difficile, une sensation de ventre dur.

Pourquoi : Les ovaires sont dans la cavité péritonéale de l'abdomen, et hormis lorsque la tumeur produit du liquide avec épanchement qui fait gonfler le ventre, les signes sont assez difficiles à repérer dans les premiers temps. Souvent, cela se présente sous la forme de troubles digestifs, mais rien de bien déterminé. Ce qui rend le diagnostic difficile à poser.

Un conseil : "Si ces symptômes persistent plus de 2 semaines, consultez", explique le Dr Rochambeau. Les maux de ventre comme les ballonnements ont plusieurs autres causes - en dehors du cancer des ovaires. Pour écarter tout risque, parlez-en avec votre médecin.

Un gonflement de l'abdomen

Un gonflement de l'abdomenLes manifestations : Le ventre gonfle de plus en plus et reste gonflé. "Ce n'est pas douloureux, mais ce symptôme s'accompagne assez rapidement d'une altération de l'état général avec amaigrissement, fatigue inhabituelle... ", explique le Dr Rochambeau.

Pourquoi : "La tumeur se dissémine souvent dans l'ensemble de la cavité péritonéale de l'abdomen. Cela entraîne la sécrétion d'un liquide en quantité si importante que le péritoine ne peut pas le réabsorber". Ce liquide en se propageant dans l'abdomen donne l'impression de changer de tour de taille très rapidement avec la sensation d'un ventre en permanence gonflé*. Nous sommes déjà à un stade avancé du cancer quand ce symptôme survient.

* Cette accumulation de liquide de plusieurs litres dans la cavité abdominale est appelée ascite.

Des envies pressantes d'uriner

Des envies pressantes d'urinerLes manifestations : Des envies fréquentes d'uriner, et des fuites d'urine à cause d'une impossibilité de se retenir.

Pourquoi : "C'est la compression et l'irritation de la vessie par la tumeur ou par l'ascite (accumulation de liquide) qui provoquent ces symptômes", explique le Dr Rochambeau.

Sachez-le : L'association ballonnements, augmentation du tour de taille et signes urinaires survient chez près d'une patiente sur deux atteintes d'un cancer de l'ovaire, et seulement chez 1 femme sur 10 non touchées.

Des douleurs pelviennes

Des douleurs pelviennesLes manifestations : une sensation qu'une masse appuie sur le bas du ventre avec des faux besoins pour aller à la selle. Cela peut aussi entraîner des douleurs aiguës.

Pourquoi : "Les douleurs sont en général en rapport avec l'atteinte intestinale par la tumeur. Cela entraîne des coliques très pénibles. Les faux besoins sont liés à l'atteinte du rectum, qui est l'organe le plus proche de l'ovaire", explique le Dr Rochambeau.

Des saignements vaginaux anormaux

Des saignements vaginaux anormauxLes manifestations : Des saignements vaginaux après la ménopause et des pertes liquides anormales.

Pourquoi : "Certains cancers de l'ovaire sécrètent anormalement des hormones qui peuvent provoquer des saignements. Cela peut aussi provenir des trompes qui sont à l'origine de ces cancers dans 30 % des cas. Les fuites liquides sont dues à l'ascite abdominale qui s'écoule par les trompes" explique le Dr Rochambeau.

Un amaigrissement inexpliqué

Un amaigrissement inexpliquéLes manifestations : Une perte de poids, une fatigue inhabituelle font partie des signes des cancers de l’ovaire évolués.

Pourquoi : "Quand l’atteinte de la cavité abdominale est importante, le cancer utilise beaucoup d’énergie pour se développer et épuise véritablement la patiente qui maigrit", explique le Dr Rochambeau.

Encore plus tard, une douleur thoracique et des difficultés à respirer

Encore plus tard, une douleur thoracique et des difficultés à respirerLes manifestations : Un essoufflement inhabituel et un point de côté peuvent révéler une extension de la tumeur.

Pourquoi : "Le péritoine* qui est atteint par la dissémination de la tumeur est en continuité avec la plèvre** qui finit par être atteinte à son tour. », explique le Dr Rochambeau.

* Le péritoine est une membrane qui tapisse l'abdomen.
** La plèvre est une membrane thoracique très mince composée de deux couches séparés par un espace vide, la cavité pleurale, qui se situe entre les poumons et la cage thoracique.

Plus rarement : un gonflement des membres inférieurs.

Plus rarement : un gonflement des membres inférieurs.Les manifestations : Les mollets, puis les jambes qui gonflent, une douleur aiguë du mollet qui révèle une phlébite, et une sciatique peuvent survenir.

Pourquoi : "La compression du système veineux et lymphatique par l’envahissement de la tumeur dans l’abdomen gêne la circulation de retour et peut déclencher ces symptômes. Il s’agit d’une manifestation tardive", explique le Dr Rochambeau.

Son évolution

Son évolution70 à 90 % des femmes dont le cancer à été détecté précocement sont toujours en vie 5 ans après le diagnostic, contre seulement 20 à 30 % de celles à qui on l'a diagnostiqué à un stade avancé.

Peut-on prévenir : Aucun test de dépistage ne permet de le détecter précocement et 3 fois sur 4, il est découvert tardivement. "C’est pourquoi, les seules mesures de prévention efficaces concernent les femmes à haut risque familial de ces cancers chez qui il est préconisé une consultation d’oncogénétique", explique le Dr Rochambeau.

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Sources

Merci au Dr Bertrand de Rochambeau, gynécologue et vice-président du Syngof.

https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-l-ovaire/Les-points-cles#toc-comment-est-diagnostiqu-un-cancer-de-l-ovaire-

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