Le manque de recul compte parmi les principaux arguments des personnes qui refusent le vaccin contre la Covid-19, qui s’inquiètent de ne pas connaître ses effets à long terme. Mais est-ce vraiment le cas ? Pas vraiment, comme le font remarquer plusieurs virologues.

La vaccination à ARNm, testée sur l’homme depuis 20 ans

Interrogée par nos confrères de La Voix du Nord, le Dr Anne Goffard explique qu’en réalité, “la vaccination à ARN messager est testée chez l’humain depuis le début des années 2000”. Elle précise que ces tests n’ont pas été effectués dans une stratégie préventive, comme c’est le cas dans le contexte de la pandémie actuelle, “mais dans un autre objectif de vaccination dite thérapeutique. On voulait vacciner des gens qui étaient atteints de maladies comme le cancer”.

Si les résultats n’ont pas été concluants pour combattre le cancer, les essais in vitro réalisés sur des animaux et des humains ont tout de même permis d’évaluer les risques de ce type de vaccin. Et ce, grâce au suivi réalisé durant plusieurs années après les essais, dans différents groupes de populations.

“Cela nous a permis de voir qu’il n’y avait pas d’effets sur la fertilité, ni n’entraînait pas de maladies auto-immunes à long terme, ni de cancer. On savait qu’il n’y avait pas d’effets secondaires tardifs et graves liés à cette technologie”, détaille la virologue.

Quant à ceux qui craignent que l'on modifie leur ADN, le Professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’APHP a tenu à les assurer ce dimanche 25 juillet sur LCI. Il assure qu'"à aucun moment, l'ARN est entré dans le noyau [de nos cellules Ndlr.]". "Notre patrimoine génétique est tranquille. On n’y a pas touché", promet-il. Pour Rémi Salomon, "il n'y a pas de raisons de penser qu'il y aura des effets à long terme".

Janssen, AstraZeneca : quid des vaccins à vecteurs viraux ?

De son côté, le Pr Daniel Floret, vice-président du Comité technique des vaccinations, rattaché au Haut Conseil de la santé publique, se veut également rassurant. Dans une interview accordée à France Info, il explique que “l'ARN messager disparaît de la cellule très rapidement après son introduction, donc il ne persiste pas [dans l’organisme]. Il en va de même pour les particules lipidiques, qui sont le vecteur de l'ARN messager”.

En ce qui concerne les vaccins Janssen et AstraZeneca, il précise que l’on a “davantage de recul, puisqu’il y a déjà des vaccins à vecteurs viraux qui existent et pour lesquels on n’a pas eu de problème particulier”. Cette même technologie est utilisée depuis des dizaines d’années contre la rougeole, la rougeole, la rubéole ou les oreillons.

Vaccin contre la Covid-19 : déjà un an de recul

Par ailleurs, le professeur Florent rappelle que depuis le début de la campagne de vaccination, 39,9 millions de Français ont reçu au moins une dose (soit 59,5 % de la population) et plus de 30 millions ont reçu un schéma vaccinal complet. À l’échelle mondiale, 2,1 milliards de premières injections ont été effectuées. D’après lui, “ça fait quand même quelque chose de consistant”.

Le scientifique précise que l’on a “déjà un recul de l'ordre d'une année pour les personnes qui ont été dans les essais cliniques". Or, d’après le vaccinologue, “les effets indésirables des vaccins apparaissent habituellement dans les jours, voire dans les semaines qui suivent la vaccination”.

Lors de la précédente pandémie de grippe A (H1N1), entre 2009 et 2010, le vaccin Pandemrix avait, lui aussi, fait l’objet de quelques réticences. D’après un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament, les effets indésirables qu’il avait pu occasionner étaient survenus en moyenne quatre mois après l’injection chez les enfants et cinq mois chez les adultes - le plus tardif ayant été constaté deux ans et demi après la vaccination.

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Sources

Des chercheurs vous répondent : connaît-on les effets à long terme de l’ARN messager ?, La Voix du Nord, 25 juillet 2021. 

Manque-t-on vraiment de recul vis-à-vis des vaccins contre le Covid-19 ?, France Info, 17 juillet 2021. 

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