Masque : un groupe d'experts de l'OMS réévalue son utilité

Depuis le début de l’épidémie, l’OMS préconise de ne porter un masque que si l’on est soi-même contaminé, ou que l’on s’occupe d’un malade, et recommande de privilégier la distanciation sociale. Mais les résultats d’une nouvelle étude pourraient bien changer la donne...
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© Istock

Jusqu’à maintenant, l’Organisation mondiale de la Santé estimait que le port du masque n’était pas nécessaire pour les personnes qui ne présentent pas de symptôme du Covid-19. Mais cela pourrait bientôt changer… En effet, un groupe d’experts doit se réunir pour déterminer si le port du masque généralisé doit être envisagé pour retarder la propagation de l’épidémie.

Que dit l'OMS sur les masques ?

À l’heure actuelle, l’OMS estime qu’il “ne faut porter un masque que si on présente des symptômes du Covid-19 (en particulier, la toux) ou si on s’occupe de quelqu’un susceptible d’être atteint de la maladie”. En raison de la pénurie mondiale, l’organisation précise que “si vous portez un masque alors que vous n’êtes pas malade ou que vous ne vous occupez pas de quelqu’un qui est malade, c’est du gaspillage”. Elle conseille donc “de les utiliser avec parcimonie”.

Elle précise également que le masque n’est efficace que s’il est associé à un lavage fréquent des mains, et à condition d’être mis et retiré correctement. En outre, la meilleure façon de se protéger et de protéger les autres serait donc simplement de respecter les gestes barrières : se laver régulièrement les mains, tousser dans le pli du coude, se tenir à plus d’un mètre d’une personne qui tousse ou éternue. Autrement dit, respecter la distanciation sociale.

Les gouttelettes de salives pourraient être projetées à 8 mètres

Mais de nouvelles recherches suggèrent que la toux et les éternuements peuvent projeter des gouttelettes de salive bien plus loin que ce qu’on ne pensait. La distanciation sociale de 1 mètre recommandée en France, ou de 2 mètres préconisée au Royaume-Uni et aux États-Unis, ne serait donc pas suffisante.

Lydia Bourouiba, une chercheuse du MIT, a découvert que les gouttelettes qui se déplacent en nuage peuvent parcourir une distance pouvant atteindre 6 mètres avec la toux et 8 mètres avec les éternuements.

L’OMS examine ces données pour mettre à jour ses recommandations

Suite aux résultats de cette étude, l’OMS a annoncé la réunion d’un “Groupe consultatif stratégique et technique sur les risques infectieux”. Ce comité d’experts, dirigé par le professeur David Heymann, doit examiner les nouvelles données du MIT et d’autres institutions, afin de savoir s’il elle doit changer, ou non, ses recommandations quant à l'utilisation des masques.

Interrogé par la BBC, le Pr Heymann a expliqué : “il se pourrait que le port du masque soit tout aussi efficace, ou plus, que la distanciation sociale”. Mais à la condition que ces objets soient bien utilisés, précise l’expert. Ces derniers doivent notamment être bien appliqué sur le nez et la bouche, ne pas être mouillé et retirés avec soin, sans toucher l’intérieur.

En outre, les masques doivent être utilisés de manière cohérente. "Porter un masque et décider ensuite de l'enlever pour fumer une cigarette ou pour grignoter n’a aucune utilité, il doit être porté en permanence", indique l’expert.

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