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Comme pour le variant Delta, Omicron mute et crée des sous-lignages de sa forme initiale. BA.2 est l’un d’eux. Il a fait son apparition dans une dizaine de pays, notamment en Israël, au Royaume-Uni, en Belgique ou au Canada. Au Danemark, celui-ci est déjà majoritaire.

Le sous-lignage BA.2 continue de progresser pour atteindre 38% dans notre pays selon Santé Publique France dans son point épidémiologique du 3 mars. "La progression de BA.2 au détriment de BA.1 (souche majoritaire d'Omicron) est observée dans toutes les régions de France métropolitaine" indiquent les autorités de santé.

Si BA.2 semble moins dangereux qu'Omicron, ce sous-variant est connu pour être plus transmissible. Que sait-on d'autres sur cette souche ? Résiste-t-elle à nos vaccins ? Implique-t-elle des symptômes différents ? Dans quelles zones françaises est-elle détectée ? La rédaction Medisite fait le point.

BA.2 : il est déjà observé dans toutes les régions françaises

"Le BA.2 est un sous-variant d'Omicron. C'est un 'petit cousin' du variant Omicron" a rapporté Jean-François Delfraissy, président du Conseil Scientifique Covid, au micro de Franceinfo mardi 25 janvier.

L’arrivée de ce nouveau variant inquiète, car il serait susceptible d’attiser l’épidémie dans l’Hexagone.

Par ailleurs, la croissance rapide de BA.2 au Danemark ne rassure pas. Le pays avait prévu d’atteindre son pic à la mi-janvier, mais les courbes sont reparties à la hausse.

En France, le nouveau variant BA.2 continue de progresser et représente désormais 38% des nouveaux cas de Covid-19 selon Santé Publique France. "Le sous-lignage BA.2 continue de progresser pour atteindre 25% des cas en semaine 7 (du 14 au 20 février) contre 15,4% en semaine 6 (du 7 au 13 février). La progression de BA.2 au détriment de BA.1 est observée dans toutes les régions de France métropolitaine" ajoute Santé Publique France dans son point épidémiologique du 3 mars.

"Il était devenu majoritaire en Nouvelle-Aquitaine depuis la semaine du 14 février, où il semble avoir été introduit plus précocement que dans les autres régions".

Covid : BA.2 serait plus transmissible

Si la virulence de la nouvelle mutation semble être la même que celle d'Omicron, les données suggèrent que BA.2 serait plus transmissible.

"Les premières données issues d'études limitées suggèrent que le BA.2 est 30% plus transmissible que le BA.1. De plus, une analyse des données montre un avantage de taux de croissance du BA.2 par rapport au BA.1 dans les 43 pays disposant de données suffisantes sur les séquences et la co-circulation des deux lignées" indiquait l'OMS le 16 février.

Il semblerait que, non seulement BA.2 serait plus contagieux, mais surtout qu'il présenterait des risques importants de recontamination. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, nous avait mis en garde à ce sujet lors du Conseil des ministres du 2 février.

En outre, une étude danoise du 31 janvier révèlait "un taux d'attaque secondaire global de 39 % dans les ménages infectés par BA.2, contre 29 % dans les ménages infectés par BA.1".

BA.2, résiste-t-il aux vaccins ?

"L'efficacité du vaccin contre la maladie symptomatique provoquée par BA.1 et BA.2 est similaire : après deux doses l'efficacité est de 10% pour BA.1 et 18% pour BA.2, après trois doses l'efficacité contre la maladie symptomatique est de 69% pour BA.1 et 74% pour BA.2. L'efficacité tombe à près de 50% deux mois et demi après la 3e dose pour BA.1 et BA.2" selon la dernière étude de l'agence sanitaire britannique.

"Cela suggère que la vaccination est au moins aussi efficace pour prévenir BA.2 et pourrait être plus efficace pour prévenir la transmission du BA.2 que du BA.1", a remarqué l'OMS.

On rappelle que pour Omicron, l'efficacité vaccinale est conservée après l'administration d'une dose de rappel.

Le sous-variant d'Omicron BA2 ne provoque pas de forme plus grave

"Le sous-variant d'Omicron BA2 ne provoque pas de forme plus grave du Covid que BA1" selon Maria Van Kerkhove, responsable technique de l'OMS. A priori, n'y a pas "de différence en termes de gravité entre BA1 et BA2 et donc un niveau de gravité similaire en termes de risques d'hospitalisation".

En effet, le risque de déclencher une forme grave de la Covid-19 est réduit de 50 % à 80 % avec Omicron par rapport à Delta. Le virologue à l’Imperial College de Londres, Tom Peacock, a pour sa part indiqué sur Twitter que "les observations très préliminaires en Inde et au Danemark suggèrent qu’il n’y a pas de grosse différence de gravité par rapport à BA.1. Ces données devraient être solidifiées dans les semaines à venir".

Le risque d'hospitalisation encore plus faible avec BA.2

"Après ajustement en fonction de l'âge, des précédentes infections, du sexe, ou encore de l'origine ethnique, le risque d'hospitalisation et de forme grave [du Covid-19] avec BA.2 (0,87) serait encore plus faible qu'avec BA.1" selon un rapport publié par l'agence sanitaire britannique.

Test PCR : la souche BA.2 plus difficile à détecter

Surnommé "Omicron furtif", BA.2 serait plus difficile à repérer. Pour comprendre, il faut savoir qu'il présente une vingtaine de mutations supplémentaires, notamment au niveau de la protéine de Spike (celle qui sert au virus à se lier aux cellules). Les mutations qui distinguent la protéine Spike de BA.1 de celle de BA.2 jouent un rôle important dans les protocoles de tests PCR. Même si ces variations n'empêchent pas de trouver le virus, celui-ci échappe complètement à la stratégie "SGTF" permettant de détecter le variant via les tests PCR.

Cette impossibilité à le repérer serait due à la différence qu'il porte face à la variété standard d’Omicron.

Pour en venir à bout, la Chine mise sur un test anal. Très controversé, il s'avère plus efficace face aux formes asymptomatiques ou bénignes comme face à Omicron, selon leurs données. "Après trois à cinq jours, il est possible que les asymptomatiques n'aient plus de traces du virus dans la gorge, explique le Dr Li Tongzeng, de l'hôpital You'an de Pékin. Chez certains patients infectés, le coronavirus survit plus longtemps dans le tube digestif ou dans les excréments que dans leurs voies respiratoires".

Sous variant BA.2 : pas de symptômes spécifiques

Pour l'instant, il n'y a pas de symptômes spécifiques recensés sur les quelques cas concernés par le sous variant BA.2.

En revanche, si l'on se repenche sur le variant Omicron "les investigations épidémiologiques indiquent une présentation clinique spécifique avec plus de symptômes respiratoire hauts et moins de perte de gout et d'odorat, ainsi qu'une sévérité moindre (risque d'hospitalisation et d'admission en soins intensifs jusqu'à 80% plus faible)" a rappelé Santé Publique France le 26 janvier dernier.

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Sources

https://www.ladepeche.fr/2022/01/20/nouveau-variant-domicron-plus-transmissible-indetectable-que-va-provoquer-la-souche-ba2-10057661.php

https://www.lindependant.fr/2022/01/21/covid-omicron-ba2-le-test-anal-est-il-la-solution-contre-les-variants-furtifs-10059714.php

https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/1057359/Technical-Briefing-37-25February2022.pdf

Santé publique France, Point épidémiologique, 3 mars 20222

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