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L'heure n'est pas encore au déconfinement en France. Si le ministre de la santé, Olivier Véran, assure comprendre "l’impatience des Français", il maintient que "le confinement continue plus que jamais et qu’il durera aussi longtemps qu’il est nécessaire qu’il dure".

En effet, mettre la France en quarantaine apparaît comme le seul moyen de stopper la propagation du Covid-19, à l'origine d'une pandémie historique. Le confinement a pour but de ralentir la propagation du coronavirus, réputé pour se transmettre d’homme à homme, essentiellement par la toux, les postillons et à moindre degré par la parole. L’objectif du confinement est ainsi d’éviter que les gens se rencontrent, échangent et se transmettent le virus.

Après trois semaines de confinement, le gouvernement a appelé, lundi 6 avril, les Français à ne pas relâcher leurs efforts pour lutter contre un coronavirus qui a causé des milliers de décès dans le pays.

"Nous ne sommes pas au bout de l'ascension épidémique", a mis en garde Olivier Véran.

Invité sur Franceinfo le 8 avril 2020, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique et immunologiste, estime que le confinement doit persister encore "plusieurs semaines à partir de maintenant. Nous l'avons demandé". Alors que le confinement doit, compte tenu des données actuelles, durer jusqu'au 15 avril prochain, les dernières recommandations du Conseil Scientifique laissent à penser qu'il pourrait encore se prolonger. Selon les scientifiques sur lesquels s’appuie le gouvernement, trois critères devraient être réunis avant de libérer les Français.

Déconfinement : les services de réanimation ne devraient plus être surchargés

Le Conseil Scientifique est unanime : l'objectif "à court terme" du confinement était d'éviter la propagation du virus pour "soulager les services de réanimation", aujourd'hui surchargés. Un déconfinement ne pourra être envisageable que lorsque cette saturation sera "jugulée". À ce jour, nous sommes encore loin du résultat attendu : le mardi 7 avril, lors du point presse, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, annonçait 7 313 personnes en réanimation à cause du coronavirus.

Les scientifiques recommandent également que “les capacités hospitalières et de médecine de ville” des régions qui ont été particulièrement touchées, comme le Grand Est, soient restaurées.

"Avant d’envisager une sortie du confinement, le gouvernement devra s’assurer que l’objectif de l’intervention est atteint", annonce le Conseil Scientifique.

Les soignants devront bénéficier d'une période suffisamment longue pour "récupérer"

En outre, les équipes de soignants devront également être en mesure de récupérer de l’effort considérable fourni pendant les semaines qui viennent de s’écouler.

"Les stocks de matériel, traitements spécifiques à la réanimation, et équipements de protection devront être reconstitués", ajoutent les experts.

Cette condition est loin d'être suffisante pour envisager un déconfinement de la population française. Deux autres critères doivent être respectés si l'on veut éviter une deuxième vague de l'épidémie, selon le corps scientifique. On vous en dit davantage page suivante.

Coronavirus : la détection de tous les cas devrait redevenir possible

Coronavirus : la détection de tous les cas devrait redevenir possible© Istock

"Le confinement devrait conduire à une réduction du nombre de cas de Covid19 sur le territoire national", espère le Conseil Scientifique. En effet, en obligeant les Français à rester à leur domicile et à croiser le moins de monde possible, la propagation du virus devrait ralentir.

On devrait pouvoir détecter tous les nouveaux cas de coronavirus

"Idéalement, cette réduction [du nombre de cas, ndlr] devra être suffisamment importante pour que la détection des nouveaux cas de façon systématique redevienne possible", ajoute le Conseil Scientifique. Cette démarche permettra de disposer de chiffres fiables sur la progression de l’épidémie afin de détecter et contrer précocement les potentielles nouvelles vagues.

Actuellement, faute de matériel suffisant, les dépistages du coronavirus sont limités à certaines conditions. Sont testés les personnes concernées par :

  • les troubles respiratoires,
  • les maladies chroniques,
  • les sujets âgés,
  • les professionnels de la santé symptomatiques,
  • les donneurs d'organes,
  • les femmes enceintes.

La totalité des nouveaux cas n'est donc plus détectée à ce jour. Or, on devrait pouvoir à nouveau dépister tout le monde pour que le déconfinement soit possible.

Déconfinement : du gel hydroalcoolique et des masques pour tous

Déconfinement : du gel hydroalcoolique et des masques pour tous© Istock

"Le gouvernement devra s’assurer que les éléments d’une stratégie postconfinement seront opérationnels, incluant notamment le choix des mesures de distanciation sociale qui seront maintenues pendant la période de post-confinement", rapporte encore le Conseil Scientifique. En outre, une autre condition concerne l'approvisionnement des protections matérielles.

Déconfinement : des masques pour l'ensemble des Français

"La disponibilité des protections matérielles comme les gels hydro-alcooliques et les masques à l’usage des personnels soignants, des personnes en situation d’exposition au virus en priorité, puis à l’ensemble de la population, comme en Asie", constitue également une condition pour envisager le déconfinement selon les scientifiques.

Actuellement, le port du masque fait débat. Alors que l’Académie de médecine préconise un “port généralisé” pour se prémunir contre l’épidémie de coronavirus, les stocks de masques sont bas dans notre pays.

La production hexagonale de masques médicaux ne va atteindre que "10 millions par semaine dans les semaines qui viennent", avait indiqué Edouard Philippe jeudi 2 avril, sur TF1, et les deux milliards d'exemplaires commandés à des industriels chinois seront livrés d'ici fin juin.

Sources

Avis du Conseil scientifique COVID-19 - 2 avril 2020 - État des lieux du confinement et critères de sortie, Conseil Scientifique

Coronavirus : "Il faut que le confinement persiste plusieurs semaines à partir de maintenant", affirme le président du Conseil scientifique, Franceinfo, 8 avril 2020

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