Chloroquine : une étude chinoise montre son efficacité pour les cas graves de Covid-19

Une nouvelle étude chinoise suggère l’efficacité de l’hydroxychloroquine pour les patients atteints d’une forme grave de Covid-19. Cette molécule a permis de réduire la mortalité et le niveau d’inflammation chez les patients observés.
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À l’heure actuelle, la possible efficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, vantée en France par le Pr Raoult, fait encore débat. Certains experts soutiennent qu’elle représente un véritable espoir, tandis que d’autres la jugent totalement inefficace. Une nouvelle étude chinoise, pré-publiée le 1er mai sur medRxiv, va dans le sens de ses partisans, puisqu’elle conclut à l’efficacité de cette molécule sur les cas graves de Covid-19.

"L'hydroxychloroquine doit être prescrite pour le traitement des patients atteints de Covid-19 gravement malades afin de sauver des vies", écrivent trois médecins de l'hôpital Tongji de Wuhan (Chine) qui ont mené cette étude. Cette dernière, en attente de publication, n’a pas encore été relue ni validée par un comité scientifique.

L'hydroxychloroquine, associée à une baisse de la mortalité et de l’inflammation

Les chercheurs ont étudié 568 patients atteints d’une forme sévère de Covid-19, dans le but de déterminer si l'hydroxychloroquine pouvait diminuer leur risque de décès. Tous les participants ont reçu des traitements de base similaires : des antiviraux associés à des antibiotiques. 48 d’entre eux (soit 8,45 %) ont pris, en complément, 200 mg d'hydroxychloroquine par voie orale, deux fois par jour pendant 7 à 10 jours.

Afin d’évaluer l’efficacité du traitement, les médecins ont examiné la mortalité des patients et leurs niveaux de cytokines inflammatoires. En effet, les complications liées au coronavirus ne sont pas causées par le virus en lui-même, mais par une réaction excessive du système immunitaire, appelée “orage de cytokines”.

Moins 27 % de morts chez les cas graves traités à l'hydroxychloroquine

Résultat : ils ont observé une baisse significative de la mortalité chez les malades traités à l'hydroxychloroquine. En effet, ces derniers ont enregistré un taux de mortalité de 18,8 %, contre 45,8 % dans le groupe n’ayant reçu que le traitement de base. La durée d’hospitalisation avant la mort du patient était également plus longue pour ceux qui ont reçu la molécule.

La prise d'hydroxychloroquine semble avoir également fait chuter le niveau de cytokine inflammatoire IL-6 chez les malades. Celui-ci est passé de 22,2 pg / mL au début du traitement, à 5,2 (3,0-23,4) pg / ml (p <0,05) à son issue. Dans l’autre groupe, ce taux est resté inchangé.

Pour les auteurs de l’étude, pas de doute, "le traitement par l'hydroxychloroquine est significativement associé à une diminution de la mortalité chez les patients gravement malades atteints de Covid-19". Ils préconisent donc son usage dans ce cas précis, et ce afin de “sauver des vies”.

Des résultats positifs de l'hydroxychloroquine sur le terrain au Sénégal

En parallèle, une analyse préliminaire menée par les autorités sanitaires sénégalaises suggère que l’hydroxychloroquine permet de réduire la durée d’hospitalisation des malades du Covid-19. Le Sénégal est, en effet, un des rares pays qui a choisi de généraliser la prescription de cette molécule aux patients contaminés par le coronavirus, en milieu hospitalier.

C’est le professeur Moussa Seydi, l'infectiologue qui coordonne la prise en charge des contaminés au Sénégal, qui a présenté les résultats de cette analyse, menée sur 181 patients. Celle-ci révèle que la durée médiane d'hospitalisation était de 13 jours pour les malades n'ayant reçu aucun traitement, 11 pour ceux ayant reçu de l'hydroxychloroquine seule, 9 pour ceux ayant reçu de l'hydroxychloroquine associée à l'azithromycine, et enfin 8 jours pour les patients qui ont démarré le traitement précocement.

Dans cette même analyse, les chercheurs ont tenu à vérifier la survenue possible d’effets indésirables. Sur les 362 sujets observés, des effets secondaires, non précisés, ont été observés chez 12 d’entre eux. 4 de ces personnes ont pu poursuivre le traitement, car ces effets n’étaient pas gênants. Et “aucun effet secondaire grave” n’a été rapporté.

Au vu des résultats de cette analyse, et face à l’augmentation du nombre de cas, les autorités du pays ont annoncé, ce dimanche 3 mai, leur intention de continuer à prescrire de l'hydroxychloroquine aux patients hospitalisés.

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