Le vernis semi-permanent abîme-t-il les ongles ? La réponse (enfin)
Entre la promesse d'une manucure impeccable pendant deux semaines et la crainte d'abîmer ses mains, il est parfois difficile de s'y retrouver. Si cette technique est devenue un standard de la beauté, il est bon de rappeler que les ongles ne sont pas une armure indestructible et nécessitent des précautions spécifiques pour éviter allergies et fragilisation. Ceci étant dit, le vernis semi-permanent, différent d’un vernis classique ou d’un gel, n’est pas nécessairement le pire pour vos ongles.
Certaines techniques de pose endommagent-elles les ongles ?
Ce n'est pas tant le vernis lui-même qui est le premier responsable des dégâts, mais bien la gestuelle qui l'accompagne. Une préparation mécanique excessive, comme le limage ou le ponçage pour "griffer" la surface, affine dangereusement la tablette unguéale. De même, repousser brutalement les cuticules traumatise la matrice, racine de l'ongle. Le risque chimique existe toutefois : les acrylates présents dans les formules peuvent provoquer de sévères allergies de contact. En revanche, il n'y a plus de risque avec le TPO, un ingrédient toxique suspecté d’affecter la fertilité, puisqu’il a été interdit en France dans ces produits en septembre 2025. Attention si vous achetez vos vernis sur Internet, vérifiez bien la composition.
Vernis semi-permanent : est-ce grave si l’ongle ne “respire” pas ?
En réalité, avec ou sans vernis, l’ongle ne respire pas. L’ongle est composé de kératine et ne contient aucune cellule vivante nécessitant de l'oxygène extérieur. Il puise ses nutriments et son oxygène directement via le flux sanguin situé sous la matrice. Si vos ongles ressortent mous ou dédoublés après une dépose, ce n'est pas parce qu'ils ont "étouffé", mais souvent à cause de l'amincissement de la tablette lié au ponçage ou à une mauvaise technique de retrait.
Les lampes UV présentent-elles un risque de brûlure ?
L'Académie nationale de médecine a émis une alerte sérieuse : ces dispositifs pourraient "favoriser le développement de cancers de la peau". Qu'elles soient à néons ou LED, ces lampes émettent principalement des rayons UVA. Ces derniers pénètrent profondément dans le derme, endommagent l'ADN cellulaire et accélèrent le vieillissement cutané des mains. Pour limiter les risques de carcinome, l'application d'une crème solaire ou le port de gants anti-UV laissant dépasser seulement l'ongle est vivement recommandé avant l'exposition.
Utiliser un dissolvant sans acétone suffit-il à préserver l’ongle ?
L'acétone est un solvant puissant qui dissout le vernis mais élimine aussi le film hydrolipidique protecteur, asséchant la peau et l'ongle. L'hydratation immédiate avec une huile pour cuticules est donc indispensable après son usage pour restaurer la barrière cutanée. Si des dissolvants sans acétone existent, attention à une autre erreur fréquente : gratter ou râper trop fort les résidus de vernis endommage la structure de l'ongle bien plus sévèrement que le produit chimique lui-même.
Les pauses entre les poses sont-elles indispensables ?
Même si l'ongle ne respire pas, espacer les poses est nécessaire. Ce temps de repos permet à l'ongle naturel, qui met environ six mois à se renouveler intégralement, de se régénérer et de récupérer de l'agression chimique et mécanique. C'est aussi l'occasion d'examiner vos mains : une pause permet de repérer des taches blanches, une infection ou même un mélanome sous l'ongle, souvent masqué par la couleur permanente. Si vous constatez une anomalie, consultez immédiatement un dermatologue.