Lessive "hypoallergénique" : 5 ingrédients qui posent problème
Les plaques rouges et les crises d’eczéma ne sont pas toujours liées au stress ou à l'alimentation. Le linge, en contact permanent avec l'épiderme, est un vecteur majeur d'irritation chimique. Pourtant, les bidons affichant "peau sensible" induisent souvent le consommateur en erreur sur la composition réelle du produit.
Irritation ou allergie ? Faites la différence !
Il est nécessaire de différencier l'irritation, qui est une brûlure chimique directe sur une peau sèche, de l'allergie de contact qui mobilise le système immunitaire. Selon l'Association Française de l'Eczéma, ce sont les résidus imprégnés dans les fibres textiles qui provoquent rougeurs, urticaire ou lésions eczémateuses. Ne vous fiez pas aveuglément aux mentions marketing comme "testé dermatologiquement". Ces essais sont fréquemment réalisés sur des peaux d'adultes saines et non sur des peaux atopiques, plus sensibles. À force d'exposition, la barrière cutanée s'altère, laissant le champ libre aux réactions inflammatoires. Si vous avez la peau fragile, vous êtes susceptible de développer irritation, rougeurs et démangeaisons avec une lessive pourtant estampillée “hypoallergénique”.
Lessives : 5 substances chimiques à bannir
Vos ennemis ? Des molécules qui persistent sur le tissu après le rinçage. Voici les catégories d'ingrédients qui peuvent se trouver dans votre bidon et que vous devriez éviter :
- Les conservateurs Isothiazolinones : Indispensables aux formules liquides pour empêcher la prolifération microbienne, la Methylisothiazolinone (MIT) et ses dérivés (CMIT, BIT) sont considérés par les dermatologues comme responsables d'une "épidémie d'allergies".
- Les parfums allergènes : Qu'ils soient d'origine naturelle ou synthétique, des composés comme le Linalol ou le Limonène peuvent déclencher une réaction même en deçà du seuil d'affichage obligatoire de 0,01 %.
- Les tensioactifs sulfates agressifs : Le Sodium Lauryl Sulfate (SLS) est un détergent si puissant qu'il sert de référence pour évaluer l'irritation cutanée en laboratoire. Il décape le film hydrolipidique et aggrave la sécheresse.
- Les azurants optiques : Ces dérivés pétrochimiques ne se rincent pas : ils restent sur la fibre pour refléter les UV et donner l'illusion du blanc, assurant un contact cutané permanent.
- Les colorants : Repérables par le code "CI" suivi de chiffres (ex: CI 19140), ils n'ont aucune fonction lavante et augmentent le risque allergique inutilement.
Peau atopique : décrypter les étiquettes et adapter le lavage
Sur l'étiquette, la réglementation impose de lister les ingrédients par ordre de concentration décroissante. Une astuce simple : les noms latins désignent souvent des produits naturels, tandis que les termes anglais ou chimiques signalent des molécules de synthèse. Privilégiez les labels indépendants exigeants (type Ecolabel) et orientez-vous vers les lessives en poudre ou en capsules, qui ne contiennent généralement pas de conservateurs agressifs.
Côté machine, l'optimisation du cycle est primordiale. Bannissez les programmes courts qui rincent mal le linge. Réduisez la dose de lessive de moitié pour limiter les résidus et supprimez l'adoucissant, souvent saturé de parfums irritants.
Lessives : quelles sont les alternatives naturelles et sûres ?
Pour une tolérance maximale, la lessive maison reste une option intéressante. Une recette simple à base de copeaux de savon de Marseille véritable, de bicarbonate de soude et d'eau suffit pour le quotidien. Pour raviver l'éclat du blanc sans azurants optiques, utilisez du percarbonate de sodium. Enfin, remplacez l'adoucissant industriel par du vinaigre blanc dans le bac de rinçage : non irritant, il dissout le calcaire et élimine les derniers résidus de savon.