Des centaines de jeunes hospitalisés suite à la prise de compléments alimentaires

Publié le 06 Juin 2019 par Pauline Capmas-Delarue, journaliste santé
Les compléments alimentaires pour perdre du poids, prendre du muscle ou améliorer ses performances sexuelles pourraient s’avérer dangereux, en particulier pour les plus jeunes, selon une étude de Harvard.
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Pilules brûle-graisse, “whey protein”... les compléments alimentaires visant à perdre du poids ou à renforcer les muscles sont en plein essor, mais ils s’avèrent plus dangereux qu’on ne le pense. Une étude publiée dans le Journal of Adolescent Health révèle que ces produits ont conduit des centaines d’adolescents à l’hôpital, au cours des dix dernières années.

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Près de 1000 réactions à ces produits, dont 40 % étaient graves

Les publicités pour ce type de produits ciblent souvent les jeunes. Pourtant ces derniers seraient particulièrement vulnérables aux effets secondaires qu’ils peuvent entraîner. Des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health ont analysé les données de la FDA - agence de santé américaine - sur dix ans, afin d’examiner les réactions causées par ces suppléments.

Ils ont notamment observé le nombre d’hospitalisations, les maladies, l’invalidités à long terme et les décès dus à ces compléments, chez les moins de 25 ans. Résultat : 977 réactions à ces produits ont été enregistrées, dont 40 % étaient graves.

Les scientifiques ont aussi constaté que les jeunes qui utilisent une supplémentation pour perdre du poids, prendre de la masse musculaire ou être plus énergique, ont trois fois plus de risques de tomber malade que ceux qui prennent de simples vitamines. Quant aux produits pour améliorer les performances sexuelles ou détoxifier le côlon, ils sont deux fois plus susceptibles de provoquer des réactions médicales graves que les vitamines.

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Ces compléments alimentaires ne sont pas validés par des médecins

"La FDA a publié d'innombrables avertissements concernant les suppléments vendus pour la perte de poids, la musculation ou les performances sportives, la fonction sexuelle et l'énergie, et nous savons que ces produits sont largement commercialisés et utilisés par les jeunes", souligne Flora Or, auteure principale de l’étude.

Le Pr. Bryn Austin, qui a aussi mené cette étude, rappelle que les médecins ne recommandent pas ce type de supplémentation, que ce soit pour perdre du poids, pour stimuler son énergie ou développer sa musculature. D’autant que nombre de ces produits ne font pas l’objet de recherches ou de tests suffisants.

La réglementation est plus stricte en France, mais leur conformité tient de la responsabilité des industriels

En France, les compléments alimentaires “font l’objet de déclarations auprès de la Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui examine leur composition et réalise des contrôles à l’instar des autres catégories alimentaires”, peut-on lire sur le site de l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire). Les ingrédients autorisés dans ces produits sont réglementés au niveau national et européen.

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L’Anses précise toutefois que “contrairement aux médicaments, la commercialisation des compléments alimentaires ne nécessite pas d’autorisation individuelle de mise sur le marché”. L’industriel est donc responsable de la conformité des produits qu’il commercialise, en matière de sécurité et de non-tromperie du consommateur.

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