Vertiges : comment distinguer les bénins et les graves ?

Publié par Céline Willefrand
le 29/01/2026
personne d'une cinquantaine d'année soumise à un vertige dans la rue
New Planet Media
Un vertige est souvent impressionnant. Mais est-il pour autant grave ? Non, pas toujours. Comment distinguer un simple vertige sans gravité d’une pathologie plus grave ? Que faire ? Les réponses.

Les vertiges sont courants. Le vertige positionnel paroxystique bénin, ou VPPB, constitue même la cause la plus répandue de consultations pour des sensations de tête qui tourne. Il représente entre 17 % et 42 % des cas de vertiges, une fréquence qui double chez les femmes et s'intensifie nettement après 55 ans. Ce trouble purement mécanique résulte du déplacement inopportun d'otolithes, souvent appelés "cristaux". Ces minuscules concrétions de calcium migrent de l'utricule vers l'un des canaux semi-circulaires, le plus souvent le canal postérieur dans près de 90 % des cas. Leur accumulation perturbe le mouvement des fluides de l'oreille interne, envoyant ainsi des signaux erronés de mouvement au cerveau.

VPPB : des vertiges bénins mais parfois handicapants au quotidien

Les symptômes se manifestent par un vertige rotatoire violent mais bref, d'une durée inférieure à une minute. Ce tournis est systématiquement déclenché par des changements de position spécifiques de la tête, comme le fait de se retourner dans son lit, de se coucher ou de regarder vers le haut. Ces épisodes s'accompagnent fréquemment de nausées et de vomissements, rendant le quotidien des patients particulièrement pénible, bien que l'origine du mal soit bénigne.

Vertiges : quels signes doivent alerter ?

Si ces vertiges positionnels sont très courants, il faut veiller à ne pas les confondre avec une atteinte du système nerveux central, telle qu'un accident vasculaire cérébral (AVC). Certains signes sont des "drapeaux rouges" qui doivent déclencher un avis médical immédiatement. Lesquels ? Des maux de tête intenses et inhabituels ou l'apparition soudaine de troubles de la vision, comme une vision double, ne relèvent pas du VPPB classique.

De même, toute difficulté à articuler, une faiblesse ou un engourdissement d'un seul côté du corps exigent un appel aux services d'urgence. Contrairement au VPPB qui provoque un déséquilibre lors des crises, une ataxie sévère (impossibilité de marcher droit) survenant sans mouvement de tête déclencheur est un signe de gravité. L'observation des yeux fournit aussi des indices précieux : un nystagmus (mouvement involontaire des yeux) vertical, multidirectionnel ou qui persiste malgré la fixation du regard doit inquiéter. Enfin, un vertige survenant à la suite d'un traumatisme crânien nécessite une évaluation médicale sans délai.

Comment distinguer un vertige bénin de la maladie de Ménière ?

L'oto-rhino-laryngologiste joue un rôle central pour poser un diagnostic de précision et écarter les pathologies graves. L'examen de référence pratiqué en cabinet est le test de Dix-Hallpike. De quoi s’agit-il ? Le praticien bascule rapidement le patient en position couchée, la tête tournée sur le côté, afin de reproduire le vertige et d'observer les mouvements oculaires caractéristiques. Cette manœuvre permet non seulement de confirmer la présence d'un VPPB, mais aussi d'identifier précisément quel canal semi-circulaire est affecté.

Cette expertise permet également de distinguer le VPPB d'autres affections vestibulaires. Par exemple, la névrite vestibulaire qui se caractérise par une grande crise vertigineuse continue sur plusieurs jours, sans surdité, tandis que la maladie de Ménière associe les vertiges à des signes auditifs comme des acouphènes ou une baisse de l'audition.

Comment se débarrasser des vertiges bénins ?

La prise en charge du VPPB, par un ORL ou un kinésithérapeute vestibulaire, est essentiellement mécanique. L'objectif est de remettre les otolithes à leur place initiale dans l'utricule, où ils cessent de provoquer des vertiges. Pour y parvenir, le spécialiste réalise des gestes thérapeutiques codifiés, tels que la manœuvre d'Epley ou de Sémont. Ces séquences de mouvements de la tête et du corps sont très efficaces et apportent souvent un soulagement immédiat. Si vous êtes sujet aux vertiges, ne négligez pas cette prise en charge. Outre son efficacité sur les vertiges, elle réduit aussi le risque de chutes qui grimpe à 10 % chez les personnes atteintes de VPPB, contre seulement 1 % chez les autres. Une intervention rapide par un ORL ou un kinésithérapeute vestibulaire favorise une récupération optimale et permet de prévenir ces accidents domestiques potentiellement graves.

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