Vertiges, fringales, prise de poids… et si c’était dû à un excès de cortisol ?

Publié par Edouard Korvaul
le 16/02/2026
femme qui se jette sur la nourriture
Autre
Le stress chronique maintient votre corps en état d'alerte et entraîne une surproduction de cortisol. Le problème ? Le cortisol en excès peut provoquer des symptômes déroutants comme des envies irrépressibles de sucre ou des vertiges. Explications.

Vertiges, fringales, prise de poids… Ces signaux corporels sont fréquemment banalisés ou attribués à une simple fatigue passagère. Pourtant, ils témoignent d'une réaction en chaîne physiologique complexe orchestrée par nos glandes surrénales. Comprendre ce mécanisme est la première étape pour éviter l'épuisement, et retrouver une bonne forme.

Cortisol : de l'hormone de survie à la source de déséquilibre chronique

Sécrété par les glandes surrénales, le cortisol est le principal acteur de la réponse au stress. Sa mission première consiste à mobiliser le glucose et à accroître la vigilance pour permettre à l'organisme de réagir face à une menace, que ce soit pour combattre ou fuir. Il régule par ailleurs la tension artérielle et possède une action anti-inflammatoire nécessaire au bon fonctionnement du corps.

Toutefois, lorsque la pression professionnelle ou la charge mentale devient constante, le cerveau reste bloqué en mode "alerte permanente". Cette élévation prolongée perturbe l'équilibre métabolique et finit par devenir toxique pour la santé mentale et physique. Un excès de cortisol se manifeste alors par une fatigue tenace, des troubles du sommeil, de l'anxiété et une prise de poids abdominale caractéristique.

Le mystère des fringales : quand l'excès de cortisol dérègle la glycémie

Le cortisol est une hormone hyperglycémiante : il stimule le foie pour produire du glucose et augmenter le taux de sucre sanguin. L'objectif biologique initial est de fournir du "carburant" immédiat aux muscles et au cerveau. Cependant, une élévation continue entraîne une résistance à l'insuline des cellules de l'organisme.

Pour compenser, le pancréas doit produire davantage d'insuline afin de stabiliser la glycémie. Ce déséquilibre hormonal, suivi d'une chute brutale du taux de sucre, déclenche une augmentation féroce de l'appétit. L'organisme, croyant devoir constituer des réserves de survie face au danger perçu, réclame alors spécifiquement des aliments à forte densité calorique, c'est-à-dire gras et sucrés.

Vertiges légers et "tête vide" : le cortisol aussi en cause

Les effets d’un excès de cortisol ne s’arrêtent pas là. L'anxiété chronique maintient l'organisme dans un état d'hypervigilance sensorielle. Cette tension intérieure place le corps en surchauffe et accroît la sensibilité aux sensations de déséquilibre. Les zones cérébrales gérant l'équilibre et le stress appartenant au même réseau, l'anxiété peut amplifier des signaux corporels subtils, créant de "faux vertiges".

De plus, les hormones du stress provoquent parfois des interférences neuronales impactant le système vestibulaire de l'oreille interne. L'hyperventilation, fréquente chez les sujets anxieux, modifie les niveaux de gaz carbonique sanguin et génère ces étourdissements, tout comme les variations de pression artérielle qui perturbent l'irrigation cérébrale.

Hypercortisolémie : reconnaître les signaux avant l'épuisement

Il est indispensable de repérer les autres marqueurs de l'hypercortisolémie, tels qu'une fatigue qui ne s'améliore pas avec le repos ou des réveils nocturnes fréquents, souvent entre 3h et 4h du matin. La prise de poids localisée autour de l'abdomen est également un indicateur fiable.

Il faut toutefois distinguer cet excès initial de l'insuffisance surrénalienne. La phase d'épuisement survient lorsque la production de cortisol s'effondre après une sollicitation excessive. Dans ce cas de figure, les symptômes basculent : les vertiges s'accompagnent d'une hypotension marquée et d'une envie accrue de sel plutôt que de sucre. Dans tous les cas, si vous observez ces signes, consultez un médecin pour établir un diagnostic précis.

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