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Depuis l’apparition de la variole du singe sur le territoire français, 17 cas avérés (13 en Ile-de-France, 1 en Auvergne-Rhône-Alpes, 2 en Occitanie et 1 cas en Normandie) ont été recensés par Santé Publique France le 31 mai 2022. Pour lutter contre le virus, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la mise en place d’une “stratégie vaccinale active”, grâce à l’usage d’un vaccin déjà existant : l’Imvanex.

En effet, contrairement à la Covid-19, la France possède déjà un vaccin contre la variole. Disposant d’une autorisation de mise sur le marché européen en 2013, celui-ci est considéré comme étant de la troisième génération puisque les premières et deuxièmes ne sont plus disponibles sur le marché. “Il présente un mode d’administration et un profil de sécurité beaucoup plus favorable que ceux des vaccins de 1ʳᵉ et 2ᵉ génération, tout en assurant une immunogénicité comparable”, explique la HAS. “Il a été montré que la vaccination antivariolique avait une efficacité de 85 % pour la prévention de Monkeypox.”

Vaccination : HAS préconise de vacciner les cas contact

Selon la HAS, il serait utile d’administrer ce vaccin aux personnes adultes ayant été en contact avec une personne contaminée, y compris les professionnels de santé. “Cette stratégie paraît pertinente au regard des délais d’incubation de la maladie souvent compris entre six et seize jours”, estime la HAS. Invitée de RTL le 25 mai 2022, la nouvelle ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, s'était voulue rassurante sur les stocks de vaccin et d'antiviraux (pour les personnes déjà infectées). Elle affirme que “les stocks sont là” et qu’ils sont “stratégiques”.

D’ailleurs, deux premières personnes considérées comme cas contact ont été vaccinées le 27 mai 2022 à l’hôpital Bichat, à Paris. En premier lieu, il s'agit d’un homme âgé d’une trentaine d’années et résidant à Paris. Selon l’AFP, celui-ci a été en contact avec le premier cas confirmé en France. “Je l’ai vu le 14 mai dans l’après-midi dans un appartement à Paris. Je n’ai pas eu de relation sexuelle avec cette personne, mais j’ai été en contact (physique) prolongé avec celle-ci pendant trois heures et dans le même espace”, témoigne-t-il auprès de l’AFP tout en gardant l’anonymat. “Mon cas a été discuté, car je n’ai pas été exposé par relations sexuelles, ce qui ne fait pas de moi un cas rouge, mais plutôt orange.”

Vaccin : comment se déroule le schéma vaccinal ?

En ce qui concerne la campagne de vaccination “des recommandations ont été apportées, pour repérer, détecter, et ensuite isoler”, indique la ministre de la Santé. Elle ne concerne que les personnes qui ne sont pas encore vaccinées contre la variole du singe, qui ont plus de 18 ans et qui sont considérées comme cas contact avec un malade. La Haute Autorité de Santé préconise d’administrer ce vaccin “dans les quatre jours après le contact à risque et au maximum 14 jours plus tard. Le tout avec un schéma de deux doses (trois pour les immunodéprimés) espacées de 28 jours.”

Toutefois, pour le moment, il existe trop peu de données concernant la vaccination des femmes enceintes et allaitantes. Il est donc déconseillé de le recevoir si vous êtes dans ce cas-là.

Variole du singe : comment savoir si on est cas contact ?

Pour rappel, la variole du singe peut être transmise par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d’une personne malade, ainsi que par les gouttelettes (salive, éternuements, postillons…). On peut également se contaminer au contact de l’environnement du malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain…).

C’est pour cette raison qu’ “il est donc important que les malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières croûtes, le plus souvent trois semaines)”, avertit Santé Publique France. Il faut aussi savoir qu'un contact direct avec une peau lésée durant un rapport sexuel facilite la transmission. La variole du singe n'est toutefois pas considérée comme une IST.

Par conséquent, les cas contact se définissent selon Santé Publique France comme :

  • Toute personne ayant eu un contact physique direct non protégé avec la peau lésée, ou les fluides biologiques, d’un cas probable ou confirmé symptomatique, quelles que soient les circonstances, y compris rapport sexuel, actes de soin médical ou paramédical, ou partage d’ustensiles de toilettes, ou contact avec des textiles (vêtements, linge de bain, literie) ou de la vaisselle sale utilisés par le cas probable ou confirmé symptomatique.”
  • Toute personne ayant eu un contact non protégé à moins de 2 mètres pendant trois heures avec un cas probable ou confirmé symptomatique. Par exemple : un ami proche ou intime, une personne partageant le même lieu de vie sans lien intime, un voisin pour un transport de longue durée, des personnes partageant le même bureau, un acte de soin ou d’hygiène, même classe scolaire, salle de TD universitaire, club de sport pour les sports de contacts, salles de sport, ...).”

Quels sont les symptômes de la variole du singe ?

La propagation de la variole du singe n’inquiète pas l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Celle-ci a assuré le 30 mai 2022 ne pas redouter que la transmission du virus, au-delà des pays africains, puisse déclencher une pandémie mondiale. “Pour le moment, nous ne sommes pas préoccupés par une pandémie mondiale”, indique Rosamund Lewis, la principale experte de la variole du singe à l’OMS. “Il est encore possible d’arrêter cette épidémie avant qu’elle ne s’étende.”

Le virus de la variole du singe est très proche de celui de la variole qui a tué des millions de personnes dans le monde chaque année avant d’être éradiqué en 1980. Mais le Monkeypox est beaucoup moins dangereux, car la plupart des individus infectés se rétablissent en trois voire quatre semaines.

Parmi les symptômes reconnaissables, il y a :

  • La fièvre : alors que “l’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours, la phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours”, écrit Santé Publique France
  • Les maux de tête et des courbatures
  • L’asthénie : elle se caractérise par une fatigue qui perdure malgré le sommeil
  • Une éruption vésiculeuse : “après 2 jours environ, apparaît une éruption vésiculeuse, faite de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croûtes puis la cicatrisation. Des démangeaisons peuvent survenir. Les vésicules se concentrent plutôt sur le visage, les paumes des mains et plantes des pieds”, avertit Santé Publique France
  • Des éruptions dans la bouche et la région génitale
  • Des ganglions lymphatiques à la mâchoire et au cou enflés et douloureux

Si vous êtes concernés par ces symptômes ou que vous avez été en contact direct avec une personne infectée, contactez immédiatement les urgences afin d’être pris en charge et isolez vous.

Sources

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3340419/fr/monkeypox-vacciner-les-adultes-et-professionnels-de-sante-apres-une-exposition-a-la-maladie

https://www.20minutes.fr/sante/3297907-20220527-variole-singe-deux-premieres-personnes-cas-contact-vaccinees-france

https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2022/cas-de-monkeypox-point-de-situation-au-30-mai-2022

https://www.20minutes.fr/sante/3299207-20220531-variole-singe-oms-moment-preoccupee-pandemie-mondiale

https://www.rtl.fr/actu/international/variole-du-singe-3-questions-sur-la-vaccination-7900158913

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