Doigts : ces 4 signes doivent vous faire penser à une polyarthrite rhumatoïde
Se réveiller avec les doigts engourdis ou les pieds douloureux est une sensation fréquente, mais pas anodine. Si beaucoup associent immédiatement ces gênes à l'usure naturelle, elles peuvent dissimuler une pathologie bien différente. Il est indispensable de savoir différencier une simple « rouille » matinale des prémices d'une maladie inflammatoire sérieuse.
Polyarthrite rhumatoïde : comment la différencier de l'arthrose ?
La polyarthrite rhumatoïde (PR) n'est pas une fatalité liée au vieillissement. C'est un rhumatisme inflammatoire chronique d'origine auto-immune qui s'attaque spécifiquement à la membrane synoviale des articulations. Selon les données épidémiologiques (EPI-PHARE), elle concerne environ 300 000 personnes en France, touchant deux à trois fois plus souvent les femmes que les hommes.
Contrairement à l'arthrose, principalement causée par l'usure mécanique du cartilage, la polyarthrite rhumatoïde résulte d'un dérèglement du système immunitaire. Il s’agit donc bien de deux pathologies différentes, avec des prises en charge différentes.
Ces 4 signaux d'alerte montrent qu’il y a une inflammation
Pour suspecter une polyarthrite rhumatoïde, il faut surveiller quatre indicateurs précis qui la distinguent des douleurs mécaniques.
Premier signal : la durée du « dérouillage ». Une raideur articulaire au réveil qui persiste plus de 30 minutes, et souvent plus d'une heure, est le critère à ne pas négliger. À l'inverse, la gêne liée à l'arthrose se dissipe généralement rapidement après le lever.
Deuxième indice : la symétrie. La maladie frappe souvent les deux côtés du corps simultanément (les deux poignets, par exemple) et cible en priorité les petites articulations des mains et des pieds.
Troisième point : le type de douleur. Celle de la polyarthrite rhumatoïde est inflammatoire : elle est sourde, peut survenir au repos, voire vous réveiller en fin de nuit, mais tend à s'atténuer avec l'activité physique.
Enfin, le quatrième signal est visible : l'apparition d'une tuméfaction (gonflement), accompagnée d'une sensation de chaleur au niveau de l'articulation indique plutôt une polyarthrite rhumatoïde. Notez qu'une fatigue intense et inexpliquée accompagne ces symptômes chez près de 90 % des patients.
Pourquoi faut-il consulter rapidement ?
Le temps joue contre vos articulations. Les rhumatologues évoquent une « fenêtre d'opportunité » idéale : le diagnostic doit être posé dans les 6 semaines suivant l'apparition des premiers symptômes. C'est durant cette phase initiale que les traitements bloquent le plus efficacement l'évolution de la maladie.
Sans cette prise en charge rapide, l'inflammation chronique provoque une destruction progressive de l'os et du cartilage, menant inévitablement à des déformations et une perte de mobilité handicapante. Agir vite permet ainsi de préserver la fonction articulaire.
Polyarthrite rhumatoïde : quel traitement ?
Vous avez mal aux doigts sans raison apparente ? Ne négligez pas ce problème. En cas de doute persistant, consultez rapidement votre médecin traitant qui vous orientera vers un rhumatologue qui pourra mettre en place un traitement efficace si vous êtes vraiment atteint d’une polyarthrite rhumatoïde. Le médecin pourra déterminer la nature et les causes de vos douleurs et/ou raideurs grâce à un examen clinique complet, complété par un bilan sanguin recherchant des marqueurs inflammatoires (CRP) ou des auto-anticorps, ainsi que par l'imagerie médicale.
L'objectif thérapeutique est d'atteindre la rémission clinique le plus vite possible. Le Le traitement de fond, souvent basé sur le méthotrexate, vise à contrôler l'emballement immunitaire. Si cela ne suffit pas, des solutions comme les biothérapies ou thérapies ciblées sont introduites pour stopper la destruction articulaire.
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