Décès de James Van Der Beek : faut-il dépister le cancer colorectal plus tôt ?
"Notre bien-aimé James David Van Der Beek est mort paisiblement ce matin. Il a affronté ses derniers jours avec courage, foi et grâce.” C’est par cette annonce sur les réseaux sociaux que Kimberly Van Der Beek, l’épouse de l’acteur, a annoncé la triste nouvelle mercredi 11 février. L’acteur, connu pour avoir campé Dawson dans la série éponyme avait aussi eu des rôles en vue dans d’autres séries ou films avant de révéler il y a deux ans être atteint d’un cancer colorectal.
Diagnostiqué à un stade 3 en 2024, James Van Der Beek se pensait pourtant à l'abri, fort d'une excellente condition cardiovasculaire et d'un mode de vie sain. Selon ses proches et ses propres déclarations, les premiers signes, notamment un changement dans la consistance des selles, ont été initialement attribués à sa consommation de café et ignorés.
Face à ce diagnostic tardif, il s'était engagé publiquement et profitait de son statut de personnalité publique pour défendre un dépistage précoce généralisé. Il insistait sur la nécessité de se faire tester dès 45 ans, même en l'absence de symptômes apparents, pour éviter que d'autres ne subissent le même sort.
Cancer colorectal : une hausse épidémique chez les moins de 50 ans
Le cas de l'acteur n'est malheureusement pas isolé et reflète une tendance de fond inquiétante. Selon l'American Cancer Society, l'incidence de cette maladie a augmenté de 2 % par an chez les jeunes adultes aux États-Unis. La France n'est pas épargnée : les données de Santé publique France montrent une croissance annuelle moyenne de 1,43 % chez les 15-39 ans entre 2000 et 2020. Plus alarmant encore, une étude publiée dans la revue Gut indique qu'en Europe, les cas ont bondi de 7,9 % par an chez les 20-29 ans sur la période 2004-2016.
Cette progression a des conséquences lourdes. Le cancer colorectal, deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme, et troisième cause de décès par cancer chez la femme en France, risque de devenir la première chez les jeunes d'ici 2030 si la courbe ne s'inverse pas. Le problème majeur reste le retard de diagnostic : 60 % des cas sont identifiés à un stade avancé, car les symptômes sont souvent minimisés chez les patients jeunes. Si l'obésité, le tabac et l'alcool restent des facteurs de risque majeurs, les chercheurs pointent désormais du doigt l'impact de l'alimentation ultra-transformée et de la sédentarité.
Cancer colorectal : faut-il abaisser l'âge du dépistage ?
En France, le dépistage organisé concerne actuellement les hommes et les femmes de 50 à 74 ans. Il repose sur un test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles tous les deux ans. Pourtant, malgré les campagnes d’information et la gratuité du test, la participation plafonne à moins de 35 % selon les chiffres de Santé publique France, loin derrière les autres pays européens (45 %).
Face à l'évolution épidémiologique, la stratégie française diffère pour l'instant de celle des pays anglo-saxons. Les autorités américaines ont abaissé l'âge recommandé à 45 ans dès 2018, suivies par l'Australie en 2024. Devant cette hausse des cas précoces, plusieurs spécialistes français anticipent que l'Hexagone pourrait devoir s'aligner sur ces standards internationaux pour endiguer la maladie.
Cancer colorectal Identifier les symptômes et choisir le bon examen
En attendant une évolution éventuelle des recommandations, la vigilance individuelle est primordiale. Consultez immédiatement votre médecin en cas de :
- Saignements digestifs bas (rectorragies).
- Modification persistante du transit (alternance diarrhée/constipation).
- Douleurs abdominales qui ne passent pas.
- Perte de poids rapide et inexpliquée ou anémie et fatigue.
Plusieurs méthode de dépistage existent. James Van Der Beek militait pour le test sanguin, une alternative moins invasive. Toutefois, la coloscopie demeure l'examen de référence. En France, elle est automatiquement réalisée en cas de test immunologique positif. Elle offre un avantage unique : elle permet non seulement de détecter le cancer, mais aussi de retirer immédiatement les polypes (lésions précancéreuses) avant qu'ils ne dégénèrent. Pris à temps, rappelons que ce cancer se soigne bien, les chances de guérison sont alors de 9 sur 10.
Afficher les sources de cet article
- Araghi, M. et al. (2019). Changes in colorectal cancer incidence in six continents: An analysis of temporal trends in 20 countries. Gut.
- Santé publique France
- livemint.com
- medscape.com
- liberation.fr
- lequotidiendumedecin.fr
- ameli.fr
- Centre Baclesse unicancer
- cancer-environnement.fr
- sante.fr
- legifrance.gouv.fr