47 décès liés aux toxines du litchi en Inde

Publié le 14 Juin 2019 à 14h18 par Emmanuelle Jung, journaliste santé
Au cours des 3 dernières semaines, près de 50 enfants ont perdu la vie en Inde, des suites d’une inflammation du cerveau. En cause ? Une toxine présente dans les fruits du litchi, selon l’enquête.

Les décès sont survenus dans le district de Muzaffarpur, situé dans l’Etat du Bihar, au nord de l’Inde. Cette région est réputée pour ses vergers gorgés de litchis. Des cas similaires sont recensés chaque année dans cette zone entre mai et juillet. Cela correspond à la période de récolte de ces fruits provenant d’arbres tropicaux.

Les autorités sanitaires de l’Etat du Bihar viennent de déclarer que 47 enfants sont décédés du syndrome d’encéphalite aiguë, qui se manifeste par une inflammation du cerveau. Deux hôpitaux de la ville de Muzaffarpur ont recensé 179 cas au total depuis le début de l’année 2019. Mais la vague de décès a débuté ces dernières semaines. "Cette année, le nombre de cas a augmenté", déclare Sanjay Kumar, haut responsable de la santé publique indienne au journal CNN. Contre toute attente, c’est le litchi qui serait en partie responsable de tous ces drames.

Les enfants passaient la majeure partie de la journée à manger des litchis

Si le département de la santé de l’Etat a imputé la mort de ces enfants à l’hypoglycémie, il précise aussi que le fruit du litchi a sa part de responsabilité. En effet, ce dernier est pourvu d’une toxine, capable de coloniser le foie. D’après les experts, cette dernière se libère plus facilement en cas d’épisodes de fortes chaleurs, ce qui corrobore avec les déclarations de Sanjay Kumar. "La vague de chaleur a été trop intense et dure depuis trop longtemps", partage-t-il.

Les parents de certaines victimes ont d’ailleurs confirmé que leurs enfants passaient la majeure partie de la journée à se régaler de litchis provenant des vergers voisin. Ils rentraient le soir avec l’estomac plein et n’avaient plus assez faim pour dîner. Pour les chercheurs, ce comportement entraîne fréquemment une hypoglycémie nocturne. L’hypoglycémie se caractérise par un faible taux de sucre dans le sang.

L’organisme va vouloir augmenter sa production de glucose

Toujours selon les chercheurs, lorsque le taux de sucre dans le sang des enfants se trouve réduit, l’organisme va vouloir augmenter sa production de glucose pour compenser. Le corps se met alors à transformer les acides gras pour y parvenir. "Lorsque le niveau de sucre baisse, le foie va vouloir libérer du sucre supplémentaire pour rééquilibrer. Mais avec les litchis, il n’y parviendra pas : il n’y que les toxines qui seront libérées", détaille Sanjay Kumar. A terme, cette baisse dangereuse de la glycémie cause une inflammation du cerveau, d’où la survenue d’encéphalites chez les victimes.

En outre, Sanjay Kumar tient à préciser que les enfants concernés proviennent des familles pauvres. En effet, "ces derniers n’ont pas de réserve de sucre puisqu’ils ont tendance à être mal nourris", ajoute-t-il.

Encéphalite aiguë : les signes à connaître

Le syndrome d’encéphalite aiguë provoque une inflammation du cerveau. Les signes révélateurs peuvent englober à la fois fièvre, délire, voire éventuellement un coma. La chaleur, combinée à l’humidité et surtout à la malnutrition sont des facteurs qui augmentent le risque, soulignent les experts. Les responsables de l’Etat du Bihar avertissent l’ensemble de la population et conseillent de veiller à rester constamment hydraté et de ne pas s’endormir l’estomac vide.

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