Si l’anxiété peut parfois s’avérer bénéfique à court terme – en augmentant le degré de motivation ou en stimulant certaines capacités cognitives – une exposition prolongée au stress peut jouer un rôle négatif sur l’état de santé général. Ce que le personnel soignant nomme « mauvais stress », peut effectivement avoir un impact néfaste au point de vous rendre déprimés, malades ou encore d’augmenter le risque de survenue de maladies cardiaques, de diabète type 2, de démence, d’accident vasculaire cérébral ou de cancer. Mais qu’en est-il du Covid ?

Covid long : un risque augmenté de 50% chez les anxieux

Alors que de nombreuses études continuent de lever le mystère sur le virus, ses facteurs de risque et ses conséquences, des chercheurs de l’université d’Harvard se sont penchés sur l’impact des symptômes de stress sur les capacités à récupérer d’une maladie ou d’un trouble, et particulièrement du Covid. Au terme de leurs travaux, ils se sont aperçus que les personnes souffrant de « détresse psychologie » (stress intense, anxiété chronique, attaques de panique fréquentes, etc.) avant d’être infectée par la Covid-19, avaient un risque 50% supérieur de subir un Covid long.

« Dans cette étude prospective d'individus suivis pendant plus d'un an à partir d'avril 2020, nous avons constaté que la détresse psychologique pré-infectieuse, y compris les symptômes de dépression, les symptômes d'anxiété, l'inquiétude concernant la COVID-19, la solitude et le stress perçu, était fortement associée au risque de conditions post-COVID-19 (Ndlr : comprenez Covid long) parmi les personnes infectées par le SRAS-CoV-2 […] Les participants avec ou sans détresse au départ ont développé en moyenne 1 symptôme supplémentaire à long terme », ont expliqué les auteurs de l’étude.

Une capacité réduite pour combattre les infections

Jusqu’ici, plusieurs études avaient tenté d’évaluer l’impact de la détresse psychologique sur la capacité de l’organisme à se remettre de certaines infections/maladies. « Une étude de plus de 7 000 patients atteints de sclérose en plaques a révélé que l'anxiété et la dépression préexistantes étaient associées à une diminution de 29 % des chances de guérison complète. La détresse au moment de l'infection a été associée à des infections des voies respiratoires supérieures plus longues et plus graves. Des études antérieures ont en outre suggéré qu'elle était aussi associée à des symptômes à long terme après une infection de Lyme », ont précisé les chercheurs. Mais, à ce jour, très peu de travaux ont permis de placer le stress en tant que facteur potentiel de risque du Covid long.

Pourtant, la détresse psychologique - et le rôle qu’elle joue au cœur de l’inflammation et de la dérégulation du système immunitaire - serait elle aussi bel et bien liée au Covid long selon cette récente étude. En effet, lorsque le virus s’invite au sein de l’organisme, le système immunitaire active son mode de contre-attaque, dans l’idée de neutraliser les cellules infectées et ainsi garder les propriétés du virus en mémoire, pour y faire face plus rapidement et efficacement lors d’une prochaine infection. Douleur, gonflement, rougeur ou point de chaleur : l’inflammation peut se manifester de différentes manières.

Une inflammation « silencieuse » provoquée par le stress

Mais quel lien entre la réaction inflammatoire et la détresse psychologique ? Il faut savoir que le stress, lorsqu’il est ressenti ponctuellement, libère des hormones qui réduisent la réponse immunitaire en diminuant la production de certaines cellules inflammatoires nécessaires à l’élimination du virus. Toutefois, lorsque le stress devient chronique, il peut alors provoquer une inflammation dite « silencieuse », déclenchant alors une réaction du système immunitaire et mobilisant de nombreuses cellules. Pour le cas d’une détresse psychologique récurrente, l’organisme adapte sa façon de réagir et reste en vigilance sur le long terme, mais à moindre intensité. Ainsi, l a réponse immunitaire face au Covid peut s’avérer plus lente et certainement moins efficace que pour une personne ne présentant pas de détresse psychologique.

« Des recherches supplémentaires devraient déterminer si les interventions qui réduisent la détresse aident à prévenir ou à traiter les affections post-COVID-19. L'identification et le traitement des voies biologiques reliant la détresse aux symptômes à long terme de la COVID-19 peuvent bénéficier aux personnes atteintes d'affections post-COVID-19 ou d'autres syndromes chroniques post-infectieux », ont indiqué les chercheurs.

Toutefois, il a été précisé que les résultats « ne doivent pas être interprétés à tort comme soutenant une hypothèse selon laquelle les conditions post-COVID-19 sont psychosomatiques. Les symptômes des Covid longs diffèrent considérablement des symptômes de la maladie mentale. Bien que la fatigue et le brouillard cérébral puissent survenir avec la dépression, les problèmes d'odorat et de goût, l'essoufflement et les difficultés respiratoires, ainsi que la toux ne sont pas des symptômes courants de la maladie mentale ».

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Sources

https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2796097

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