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L'Hexagone a débuté ce lundi 11 mai 2020 son déconfinement progressif. Les Français peuvent à nouveau sortir dans la rue sans dérogation, à condition de rester dans le même département ou de respecter une limite de 100 km à vol d’oiseau de leur domicile. Une recommandation accompagne cet assouplissement : porter un masque ! Toutefois, cet objet très recherché ne fait pas encore entièrement partie du quotidien des Français.

Seulement 35% des Français portent un masque

Les bénévoles de montissumasque.fr ont cherché à savoir combien de personnes portaient un masque dans les rues de France depuis le 5 avril 2020. “En moyenne nous avons fait 200 comptages par jour, avec un minimum de 100 et cela grimpait à plus de 300 ces derniers jours”. L’organisation qui plébiscite le port du masque et présente les recommandations AFNOR pour fabriquer son propre outil barrière, dite “grand public”, a fait un constat alarmant. Alors que le déconfinement progressif est lancé, seulement 35% des personnes qui circulaient dans les rues portaient un masque entre les 4 et 10 mai.

Si “ce chiffre n’est pas représentatif de la variété des situations” reconnait le Pr Bertrand Dautzenberg, responsable de montissumasque, tabacologue et ex-pneumologue à la Pitié-Salpêtrière, il met en garde : “il doit alerter en ce début de déconfinement”.

En effet, pour être efficace en terme épidémiologique, il faudrait dépasser 80% de port du masque et 100% pour réduire au maximum le risque individuel.

L’expert rappelle “Tout le monde doit porter son masque car entre un tiers et la moitié des personnes atteintes par le covid-19 ne se savent pas atteintes (asymptomatiques, ou période précédant les symptômes). Ceux qui veulent être bienveillants vis-à-vis des autres portent et porteront systématiquement le masque à compter du lundi 11 mai pour protéger les autres, mais aussi pour se protéger. Un de mes patients m’a fait part de la difficulté à vivre le fait de savoir que l’on a été à l’origine d’une nouvelle chaine de contamination. Plus nous seront masqués, moins le virus circulera plus nous serons libres de circuler”.

Le masque en tissu utile dans la lutte contre le COVID-19

Cette étude montre, par ailleurs, que la majorité des masques portés étaient médicaux, mais ce dernier reste compliqué à se procurer. Maintenant que le masque est désormais obligatoire dans les transports en commun et recommandé dans les commerces, le spécialiste assure une nouvelle fois que la version tissue peut aussi être utile dans la lutte contre le covid-19. “Le confinement assure une protection de 100% contre le coronavirus. Toutefois, si tout le monde a un masque, même grand public, la protection de la population sera de 90%, soit seulement 10% de moins que le confinement”.

Le Pr Bertrand Dautzenberg insiste “Le covid 19 est désormais trop diffusé dans notre société pour disparaître dans les prochaines semaines/mois. On va vivre pendant longtemps avec le SARS COV 2. Porter un masque lorsqu’on est en dehors de son domicile permet de réduire les risques de propagation du coronavirus. C’est efficace est finalement un faible inconvénient par rapport au confinement”. Pourtant, son étude montre que certains Français n’ont toujours pas adopté le masque.

Les promeneurs du dimanche, les joggeurs et bien d’autres oublient le masque

Les promeneurs du dimanche, les joggeurs et bien d’autres oublient le masque

Les comptages réalisés par l’organisation révèlent que les joggeurs ne portent quasi jamais de masques. Une des principales raisons évoquées par les sportifs : ils sont inconfortables. Un des griefs souvent rapportés est que le masque a tendance à coller au visage à cause de la sueur. “Pourtant, les postillons émis par un joggeur en plein effort sont projetés beaucoup plus loin (plusieurs mètres) que chez un sujet au repos. Il est important de trouver des solutions pour limiter les risques de contamination. Les coureurs pourraient par exemple courir tous dans le même sens dans un parc pour éviter les croisements. En ville, on pourrait dire que le côté pair est réservé à un sens de course et l’impair à un autre”, ajoute le tabacologue.

Les cyclistes parisiens semblent mieux équipés. Les bénévoles remarquent qu’ils portent un masque qu’ils utilisent habituellement contre pollution dans plus de la moitié des cas.

Pas seulement les sportifs

Par contre, ils soulèvent un point inquiétant alors que la crainte d’une deuxième vague est très présente. Le dimanche, jour où la densité de passants a tendance à être plus importante, le masque est moins porté qu’en semaine. De plus, le mauvais/bon exemple semble être suivi. L’étude remarque “Les personnes en couple ou en groupe plus nombreux ont le plus souvent un port homogène du masque : tous l’on, ou aucun ne l’a”.

Des progrès sont à faire aussi chez les plus jeunes. Les enfants ne portent qu’exceptionnellement cet outil anti-coronavirus, alors que dans les transports ils sont obligatoires à partir de 11 ans et que l’Académie nationale de médecine recommande son port à partir de 6 ans. “On peut en mettre un à son enfant en dessous de cet âge, si on reste présent à ses côtés pendant toute la durée du port. Il faut veiller à ce que le masque soit bien mis et ne gêne pas la respiration”.

Masque : les “bons élèves” de la lutte contre le coronavirus

Masque : les “bons élèves” de la lutte contre le coronavirus

Si certains Français ont encore du mal à se munir d’un masque pendant leurs déplacements. Des points semblent encourageants dans la lutte contre le coronavirus. Des habitudes ont déjà été prises. Les personnes qui vont dans les magasins pour faire leurs courses de premières nécessités sortent équipées. “Avec un sac ou un chariot de course les passants portent en majorité le masque”, se réjouit le sondage.

Les seniors, qui font partie des populations à risque face au COVID-19, ont adopté le masque. Ils le “portent beaucoup mieux” remarque l’expert. C’est-à-dire qu’il couvre bien le nez et le menton, élastiques et cordons bien placés.

Comment bien porter le masque ?

  • Il est recommandé de porter votre masque sur une peau nue. Avant de le placer, il faut se laver les mains à l’eau et au savon ou en utilisant une solution hydroalcoolique.
  • Il faut placer le masque barrière sur le visage : bouche et nez couverts ainsi que le menton.
  • Il faut aussi passer les attaches derrière vos oreilles et essayer de ne pas toucher le tissu pour ne pas en contaminer la surface.
  • Il est nécessaire de vérifier également que votre masque couvre bien le menton et ensuite ajuster le masque en pinçant la barrette sur le nez.

> De plus en plus de femmes renoncent à la chirurgie esthétique et utilisent cette pilule à la place.

Sources

Merci au Pr Bertrand Dautzenberg, responsable de montissumasque, tabacologue et ex-pneumologue à la Pitié-Salpêtrière

Communiqué de presse "Montissumasque pousse un coup de gueule", 11 mai 2020

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