Coronavirus - Immunité collective au Covid-19 : définition, efficacité, risques ?

Parmi les pistes pour contrer l'épidémie de Covid-19 figure le principe de l'immunité collective, aussi appelée immunité "de groupe" ou immunité grégaire. Mais qu'est-ce que c'est ? À partir de quel degré la population est-elle considérée comme immunisée ? Et pour combien de temps ? Medisite fait le point.
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Définition : qu’est-ce que l'immunité collective ?

L'immunité collective (ou immunité "de groupe", immunité grégaire, immunité dite "populationnelle") correspond au niveau de la protection immunitaire d'une population vis-à-vis d'un agent infectieux. 

Pour atteindre ce niveau, on laisse circuler les gens et ainsi l'agent infectieux jusqu'à ce qu'un certain pourcentage de la population soit infectée. Plus il y a de personnes infectées, plus elles sont censées développer des anticorps contre l'infection et moins elles en contamineront de nouvelles. 

Avec le temps, cette immunisation collective casse la chaîne de transmission du virus et la maladie s'éteint à terme. Les experts disent en général qu'une immunité collective est acquise quand 50 à 60% d'une population est infectée. 

En France, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué le 19 avril 2020 que "90 % de la population française n'a pas été infectée" par le coronavirus. Ce qui montre que l'on en est encore loin.  

Quel est le principe et l’objectif de l’immunité collective ou de groupe ?

Selon l'Institut Pasteur, l'immunité collective correspond au pourcentage d’une population donnée qui est immunisée/protégée contre une infection à partir duquel un sujet infecté introduit dans cette population ne va plus transmettre le pathogène car il rencontre trop de sujets protégés. Cette immunité de groupe, ou collective, peut être obtenue par l’infection naturelle ou par la vaccination (s'il existe un vaccin bien entendu). 

Ainsi, même si le virus continue de circuler, plus le taux de personnes immunisées augmente, plus le risque de rencontre entre un malade et une personne non-immunisée diminue. Le seuil de personnes immunisées nécessaire à l'arrêt de la propagation du virus dépend de la contagiosité des pathologies.

Toutefois, compte tenu de la nature du Covid-19, il n'est pas raisonnable d'imaginer que la France parviendra à se constituer une immunité de groupe de manière naturelle.

Sans mesure de distanciation sociale, qui permettrait à cette immunité de se générer, le pays devrait faire face à un afflux de cas graves dans les hôpitaux et des dizaines de milliers de morts sur le territoire. 

Coronavirus et déconfinement : quelle est la stratégie de l'immunité collective en France ?

En déconfinant progressivement la population à partir du 11 mai prochain, la France va participer à l'acquisition d'une immunité collective.

Au fur et à mesure, des personnes confinées chez elles vont sortir, se retrouver au contact d'autres personnes porteuses du virus, et développer des anticorps pour le combattre et s'immuniser. 

Toutefois, avec moins de 6% de Français infectés selon une récente étude de l'Institut Pasteur, nous en sommes encore très loin. 

Il est alors possible que ce déconfinement ne marche pas et que le gouvernement décide de reconfiner la population.

Comme l'expliquait le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'Hôtel-Dieu (Paris) sur le plateau de l'émission Quotidien le 16 avril : "Le 11 mai, on ouvre et on laisse circuler le virus, c'est ce qu'on appelle l'immunité collective (...) On aura les effets début juin. On verra ce qu'il se passe, s'il faut refermer un petit peu ou beaucoup" ajoutant qu'au "mois de juin "on sera confinés s'il y a une deuxième vague". Une vague, qui pourrait s'annoncer bien plus meurtrière au vu du nombre potentiel de Français infectés. 



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Immunité collective au Covid-19 : est-ce efficace ?

Oui et non. L'avantage de cette stratégie, c'est qu'elle permet au pays de conserver une activité économique. Mais elle n'empêche en aucun cas de faire une "rechute" et de reconfiner à nouveau la population.

  • En effet, d'après le Dr Mike Ryant, directeur exécutif des programmes d'urgence de l'OMS, l'immunité d'une personne ne durerait pas forcément "à vie".

"On pourrait s'attendre à ce qu'une personne qui génère une réponse immunitaire avec des anticorps détectables soit protégée pendant un temps" mais "nous ne savons pas quelle est la durée de cette période. Nous pourrions nous attendre à une période de protection raisonnable, mais il est très compliqué de le dire avec un nouveau virus", explique-t-il.  

  • Certains chercheurs se veulent plus pessimistes. Une étude chinoise menée dans un hôpital de Wuhan et relayée par le Wall Street Journal le 16 avril a ainsi montré que malgré de nombreuses personnes testées positives au virus, trop peu ont développé des anticorps  et seraient donc immunisés contre une nouvelle contamination.
  • Un doute que partage l'Inserm, puisque selon ses calculs publiés le 12 avril, "la population infectée par le COVID-19 au 5 avril devrait se situer entre 1% et 6%". Depuis cette date, ces chiffres ont été confirmés par l'Institut Pasteur.  

Malgré ces estimations, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a souhaité rappeler le 14 avril "qu'aucun pays au monde n’est capable de dire le pourcentage de la population et le nombre d’habitants qui ont contracté le virus et quelle part du pays est immunisé. Nous disposons d’estimations ; c’est environ 10 % d'infection (en moyenne dans le pays, ndlr)", a-t-il précisé au micro d’RTL.

Les Français encore peu immunisés au Covid-19

Seuls 5,7% des Français, soit 3,7 millions de personnes, auront été infectés par le nouveau coronavirus d'ici le 11 mai, jour du début du déconfinement, selon des estimations présentées dans une prépublication de l'Institut Pasteur, mardi 21 avril.

Cette étude se base sur des modélisations mathématiques et statistiques. Ces outils permettent de croiser les données sur les décès et sur la probabilité de mourir quand on est infecté, afin de parvenir à une estimation de la part de population infectée (5,7%).

Or, d'après les résultats, certaines régions, à l'image de la Nouvelle-Aquitaine, possèdent un taux d'infection très bas - moins de 2% - tandis que d'autres zones fortement touchées, comme l'Ile-de-France ou encore le Grand Est, ont un taux d’infection équivalent à 12% en moyenne. Mais cela ne suffit pas.

"Pour que l'immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70% de personnes immunisées. On est très en dessous", explique l'auteur principal de l'étude, Simon Cauchemez.

Par conséquent, "au sortir du confinement, si on veut éviter une deuxième vague importante, des mesures doivent être maintenues", ajoute l'épidémiologiste. La perspective d'un rebond de l'épidémie obligera à un déconfinement très progressif à partir du 11 mai, a d'ailleurs prévenu dimanche le Premier ministre, Edouard Philippe, selon qui les Français ne retrouveront "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps" leur "vie d'avant".



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Immunité grégaire : le vaccin, seul moyen vraiment efficace

Même si cette stratégie pouvait être mise en place, elle pourrait s’avérer inefficace. Et pour cause : on ne connaît pas encore la durée de l’immunité après une infection au Covid-19.

D’après certains experts, elle ne serait valable que pendant quelques mois. Un laps de temps qui pourrait être trop court pour endiguer durablement l'épidémie.

La seule façon d’atteindre l’immunité collective ? Le vaccin. Mais, si la communauté scientifique internationale est mobilisée pour le trouver, il faudra plusieurs mois, voire plusieurs années, pour mettre en œuvre cette solution.



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Pays-Bas, Suède… Quels sont les pays qui ont adopté la stratégie d’immunité collective face au Covid-19 ?

Face à la pandémie, les pays ont dû s'adapter et opter pour des mesures de protection. Certains d'entre eux, comme la Suède ou les Pays-Bas, se sont opposés au confinement, et ont opté pour l'immunité collective. En voici la liste. 

Suède

La Suède a fait le choix de ne pas confiner sa population face au coronavirus, préférant en appeler au civisme de chacun. C'est pourquoi dans le pays, tout reste ouvert ou presque. Les écoles, cafés et restaurants sont ouverts et les enfants encouragés à poursuivre leurs activités sportives. Stockholm a toutefois interdit, vendredi 27 mars, les r assemblements de plus de 50 personnes, après avoir interdit ceux de plus de 500.

Pour le reste, le gouvernement suédois se contente surtout de recommandations. Il appelle les citoyens à "prendre leurs responsabilités", à télétravailler si c'est possible, rester à la maison quand on est malade, pratiquer la distanciation sociale et ne pas sortir si on appartient à un groupe à risque ou qu'on a plus de 70 ans. 



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Pays-Bas

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a annoncé lors d'une conférence de presse le 21 avril qu'il n'y aura pas de durcissement des mesures pour le moment, le "confinement intelligent"  restant la méthode adoptée pour faire face à la pandémie.

Les Néerlandais vivent, ainsi, presque comme d'habitude. Les restaurants ont la possibilité de rester ouverts s'ils pratiquent la vente à emporter. Les magasins ne sont pas contraints de fermer s'ils respectent les distances de sécurité et n'accueillent pas plus de deux personnes à la fois à l'intérieur.

La population est invitée, et non contrainte, à rester chez elle le plus possible. Les habitants des Pays-Bas peuvent ainsi se réunir, mais à trois maximum, que ce soit chez eux ou dehors, en respectant une distance de sécurité d'un mètre cinquante. 

En outre, tous les événements publics sont annulés jusqu'au 1er juin.

Selon le site du RIVM et les statistiques néerlandaises (CBS), 4718 personnes sont mortes la semaine du 26 mars au 1 er avril, soit environ 2000 individus de plus qu'en temps normal.

Norvège

Le pays a mis en place un système de confinement assez souple, dans lequel les cas suspects ou positifs ne requérant pas d'hospitalisation doivent rester chez eux, mais le reste de la population peut encore sortir assez librement, les autorités invitant toutefois à limiter les contacts sociaux.

Toute violation des règles relatives à l'isolement ou à la quarantaine est passible d'une amende de 20 000 couronnes (1 650 euros).

Royaume-Uni

Londres a rompu avec la théorie de "l'immunité collective" prônée au début de l'épidémie par le Premier ministre Boris Johnson, qui a, depuis, été contaminé. Le gouvernement a décrété, lundi 23 mars, un confinement général de la population pour au moins trois semaines, afin de tenter de freiner la propagation de l'épidémie.

Seuls les commerces de biens essentiels sont ouverts, et les Britanniques ne sont autorisés à sortir que pour faire leurs courses, se faire soigner ou faire de l'exercice une fois par jour.

Pour/Contre : quels sont les risques et les conséquences de l’immunité de groupe ?

Si l'immunité collective présente des intérêts sanitaires et économiques pour les pays, elle comporte aussi des risques.

Principalement en terme de mortalité, car en laissant les gens être infectés par un virus au fur et à mesure, le taux de létalité peut être très élevé. De plus, si le nombre de personnes infectées n'est pas assez élevé, il peut y avoir une résurgence de la maladie.

Une immunité protégeant du coronavirus ?

Ce qui est certain, c'est que face au caractère inédit de ce virus, la communauté scientifique ne peut qu'appeler à la prudence. 

"On se pose la question de savoir si on n'est pas en train de se tromper complètement en disant que séropositif au Covid-19 est égal à être protégé", a indiqué lors de son audition au Sénat, le 15 avril, Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique

"Une série d'éléments suggère qu'un réservoir existe peut-être et que des phénomènes de réactivation peuvent arriver. Nous ne savons pas si le fait d'avoir des anticorps est un élément absolu de protection. Et on ne va pas résoudre cela tout de suite", a-t-il précisé.

Le professeur a même donné une autre raison d'être sur nos gardes face au coronavirus, dans le journal italien La Repubblica : "la durée de vie des anticorps protecteurs contre Covid-19 est très courte".

L'Institut Pasteur rappelle que "tout cela ne se vaudra pour le Covid-19 (...) que si l’infection naturelle protège, ce qui n’est pour l'instant pas démontré, en particulier pour les sujets qui n’ont été que porteurs.

Un avis que partage le Dr Jean-Charles Gagnard, interrogé début avril sur ce sujet. 

"Il faut espérer que ces anticorps soient immunisants mais pour l'instant, c'est non connu. Les données tendent à nous montrer que les cas de récidive d'infection sont rares donc il y a tout lieu de penser que l'infection est immunisante", révèle l'infectiologue.

Un risque de "réinfections" ?

Pour guérir, un malade développe des anticorps et s’immunise contre le virus. Mais dans le cas du coronavirus, il se pourrait que ce phénomène de “protection” de l’organisme soit altéré. Ainsi, des cas de réinfection de malades ont été signalés dans plusieurs provinces.

C'est le cas notamment de certains patients en Corée du Sud, libérés après un test négatif, mais qui ont montré peu après des résultats positifs.

Les responsables de la santé sud-coréens ont déclaré qu’ils lanceraient des enquêtes épidémiologiques pour déterminer ce qui était à l’origine de ce problème.

Jeong Eun-kyeong, directeur des Centres coréens pour le contrôle et la prévention des maladies, explique que le virus pouvait avoir été "réactivé" chez les patients, par opposition à la réinfection des patients. "Alors que nous accordons plus de poids à la réactivation comme cause possible, nous menons une étude approfondie à ce sujet".

En attendant d'en savoir plus, les directives de l’OMS sur la gestion clinique sont claires : l'organisme recommande qu’un patient COVID-19 guéri cliniquement soit testé pour le virus deux fois, avec des tests effectués à au moins 24 heures d’intervalle, avant de quitter l’hôpital.



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Pendant combien de temps est-on immunisé ?

Au vu du manque de recul que l'on a sur le virus, les meilleures sources d'information pour répondre à cette question sont les données accumulées sur d'autres coronavirus, comme le souligne le Dr Seth Berkley, président-directeur général de l'alliance GAVI pour l'immunisation et les vaccins : "c'est le troisième coronavirus à aller dans la population humaine en 20 ans, et il ne semble pas avoir provoqué d'immunité à vie chaque fois, ni même d'immunité à long terme", explique-t-il sur "Le Quotidien du Médecin".

Dans ce contexte, les stratégies de certains gouvernements basées sur l'immunité de groupe (comme la Suède, ndlr), "peuvent fonctionner pour atténuer l'épidémie en cours, espère Frédéric Tanguy, spécialiste des virus à ARN du département de virologie de l'Institut Pasteur de Paris. Il est probable que chez tous les gens qui ont été infectés, l'immunité dure 3 à 6 mois. Si elle durait moins, ce serait exceptionnel pour un virus de ce genre."

Par ailleurs, dans le cas de l’épidémie de SRAS, également causée par un coronavirus, les personnes contaminées mais n’ayant pas déclenché la maladie bénéficiaient d’une immunité plus longue que celles ayant souffert de symptômes, selon un virologue cité par le New York Times. Mais dans tous les cas cette immunité possède une "date limite".

"Il arrive un moment où vous n'êtes plus du tout immunisé car les anticorps diminuent dans votre corps. Cela peut arriver au bout de plusieurs mois mais généralement c'est au bout de 10, 15 ou 20 ans", souligne le Dr Ballongue. "C'est d'ailleurs pour garder cette immunité intacte que nous faisons des rappels de vaccins à l'âge adulte (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite...)", conclut-il. 

Nos anticorps anti-SARS-CoV-2 chuteraient au bout de 3 mois

Depuis le début de l'épidémie, de nouvelles études se sont penchées sur la durée de l'immunité des anciens malades du Covid-19. La plupart d'entre elles estiment à seulement quelques mois - trois, environ - la durée pendant laquelle notre système immunitaire nous protège. Au-delà de ce temps, nos anticorps anti-SARS-CoV-2 diminuent de façon importante. 

Néanmoins, des travaux publiés cet été dans la revue Cell ont montré que, malgré la chute des anticorps, nous pourrions être immunisés plus longtemps grâce aux lymphocytes T à mémoire. Ces globules blancs sont capables de mémoriser les infections précédemment rencontrées, et subsistent dans l'organisme plusieurs années. 

"Les cellules T à mémoire s'avéreront probablement essentielles pour la protection immunitaire à long terme contre le Covid-19", indiquent les chercheurs. "Elles pourraient prévenir les épisodes récurrents de Covid-19 grave". Et toutes les personnes infectées en développent, y compris les cas asymptomatiques.

Source(s):

Qu'est-ce que l'immunité collective ?, Institut Pasteur, 15 avril 2020.

Expected impact of lockdown in Île-de-France and possible exit strategies, INSERM, Sorbonne Université, Pierre Louis Institute of Epidemiology and Public Health, Paris, France, 12 avril 2020.

Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France, Institut Pasteur, 20 avril 2020.

Wuhan Tests Show Coronavirus ‘Herd Immunity’ Is a Long Way Off, The Wall Street Journal, 16 avril 2020.