Covid-19 : pourquoi la deuxième vague pourrait être encore plus meurtrière ?

Alors que de nombreux pays ont débuté leur déconfinement, Hans Kluge, directeur Europe de l’OMS met en garde contre une possible deuxième vague de COVID-19, encore plus meurtrière à l’automne. Et, il n’est pas le seul à craindre un scénario aussi dramatique. Le directeur du Centers for Disease Control and Prevention (CDC), agence de santé publique des USA, redoute de voir le SARS COV 2 revenir en force au même moment que la grippe et ainsi causer encore plus de morts.
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Les restrictions de déplacements, mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus, commencent à être levées progressivement dans plusieurs pays. Les Français, mais aussi les Italiens et les Espagnols, retrouvent petit-à-petit une certaine liberté. Mais, Hans Kluge, directeur Europe de l’OMS, s'inquiète. Il craint une seconde vague de COVID-19 à l’automne... encore plus meurtrière !

L’OMS est “très préoccupée par une double vague à l’automne”

Déconfinement ne veut pas dire : fin de l’épidémie de COVID-19. Toutefois, ce fait ne semble pas être intégré par tous les Européens. Et cela inquiète fortement les experts de santé.

Dans une interview accordée au Telegraph, le directeur Europe de l’OMS, il estime que le vieux continent doit “se préparer à une seconde vague mortelle du coronavirus”.

Il reconnait "Je suis très préoccupé par une double vague à l’automne, nous pourrions avoir une deuxième vague de Covid et une autre de grippe saisonnière ou de rougeole". Il a ajouté ensuite “Il y a deux ans, 500 000 enfants n'avaient pas reçu leur premier vaccin contre la rougeole”.

Lors de cet entretien, le spécialiste a rappelé que sur les 43 pays européens qui avaient adopté des restrictions pour faire barrière à la pandémie, 32 étaient en train de lever certaines de ces règles. Pour éviter de nouvelles contaminations, il est donc impératif pour lui d’accompagner l’assouplissement du confinement avec des mesures de contrôles comme chercher et tester les personnes en contact avec les nouveaux cas de coronavirus.

“Certains pays disent "nous ne sommes pas comme l'Italie" et puis deux semaines plus tard, boum! Ils peuvent malheureusement être frappés par une deuxième vague”, a-t-il précisé au journal britannique en ajoutant ensuite “cette pandémie n'est pas terminée”.


Déconfienement : éviter le scénario de la grippe espagnole

Les scientifiques s’accordent, en effet, pour dire qu’une seconde vague de l’épidémie est fortement probable en l'absence de traitement ou de vaccin. Ils sont nombreux dans le monde médical, à l’exemple du Professeur Chris Whitty médecin-chef de l'Angleterre, à craindre un scénario similaire à celui observé lors de l'épidémie grippe espagnole.

La seconde vague de cette pandémie survenue l’automne 1918, avait été plus mortelle que le premier épisode qui s’était déroulé au printemps précédent. Plusieurs raisons expliqueraient ce bilan plus lourd : la souche apparue à l'automne était plus virulente et la population avait baissé sa garde.

Profiter de l'accalmie pour se préparer à la seconde vague

Pour le directeur Europe de l’OMS Hans Kluge, les populations des pays en cours de confinement doivent continuer à être vigilantes et maintenir les gestes barrières. Il a déclaré sur les ondes d’Europe 1 : "il est très important de rappeler à tous et à toutes que tant qu'il n'y aura pas de vaccin et de traitement efficace, il n'y aura pas de retour à la normale. Ce virus ne disparaîtra pas tout simplement, alors le comportement personnel de chacun d'entre nous va déterminer le comportement du virus."

Il recommande également aux gouvernements européens de profiter de "l'accalmie" dans l'activité du virus ainsi que dans les hôpitaux pour tirer des leçons du premier combat mené contre le nouveau coronavirus. Il préconise aussi de travailler sur les mesures à prendre pour faire face à une potentielle seconde vague.

L'expert appelle également les élus à se pencher sur le système de santé de leur pays. "La santé publique mérite vraiment une place prioritaire dans l'agenda politique", a-t-il dit à la radio française. "C'est important que les politiciens, les chefs d'État, les Premiers ministres, n'oublient pas cette importance. Avant, on disait 'la santé est importante pour l'économie'. Aujourd'hui nous l'avons vu, sans santé il n'y a pas d'économie, il n'y a pas de sécurité nationale", a-t-il conclu.

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