Dépistage du cancer du col de l'utérus : faut-il continuer après 50 ans ?

Publié par La Rédaction Médisite
le 09/01/2026
cancer col de l'utérus
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Le dépistage organisé permet d'éviter 90 % des cancers du col de l'utérus, mais les modalités évoluent au fil de la vie. De la cytologie tous les 3 ans avant la trentaine au test HPV tous les 5 ans ensuite, découvrez le calendrier précis pour une protection optimale.

Chaque année en France, on recense 3 100 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus. Pourtant, cette pathologie pourrait être largement évitée grâce à une surveillance régulière. Le Programme national de dépistage organisé (PNDO) invite toutes les femmes de 25 à 65 ans, qu'elles soient vaccinées ou non, à réaliser des examens pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. On ne stoppe donc pas le suivi, même après la ménopause. Toutefois, les outils utilisés diffèrent selon votre période de vie. Il est essentiel de saisir la différence entre frottis et test HPV pour bien suivre son parcours de soin : l'examen cytologique (frottis) analyse la morphologie des cellules pour repérer des lésions, tandis que le test HPV recherche directement l'ADN des virus à haut risque avant même qu'ils abîment le col.

La cytologie : la référence avant 30 ans

Entre 25 et 29 ans, le protocole repose exclusivement sur l'examen cytologique. Le calendrier est précis : deux tests sont réalisés à un an d'intervalle. Si ces deux premiers examens sont normaux, un nouveau contrôle est programmé trois ans plus tard. Ce choix médical n'est pas anodin. L'infection par le papillomavirus est extrêmement fréquente chez les jeunes femmes, touchant près de 80 % de la population au cours de la vie. Heureusement, dans 90 % des cas, avant 30 ans cette infection est transitoire et l'organisme élimine le virus naturellement en moins de deux ans.

Utiliser un test viral à cet âge conduirait à détecter de nombreuses infections sans gravité, entraînant des examens et des interventions inutiles. Ce sur-traitement risque de fragiliser le col de l'utérus et d'augmenter les risques d'accouchements prématurés lors de futures grossesses. C'est pourquoi le dépistage du cancer du col de l'utérus privilégie l'observation des cellules plutôt que la traque du virus chez les plus jeunes.

Le pivot de la trentaine : place au test HPV-HR

À partir de 30 ans, la stratégie change radicalement. Le système immunitaire a généralement eu le temps d'éliminer les infections passagères. Si le virus est toujours présent, il est considéré comme persistant, ce qui constitue le facteur clé du développement du cancer. C'est ici qu'intervient le test HPV-HR à 30 ans et pourquoi il remplace la cytologie en première intention. Ce test moléculaire est plus sensible et offre une meilleure sécurité sur le long terme.

Le rythme de surveillance s'adapte à cette nouvelle précision. Le premier test HPV est réalisé trois ans après le dernier frottis normal. Si le résultat est négatif, le prochain dépistage n'aura lieu que cinq ans plus tard. Ce délai, qui peut surprendre, est justifié par la très haute fiabilité du test : un résultat négatif garantit un risque quasi-inexistant de développer une lésion grave dans les cinq années suivantes. En cas de test positif, le laboratoire effectue immédiatement une cytologie réflexe sur le même prélèvement pour vérifier l'état des cellules. Ce nouveau calendrier de dépistage alternant HPV et cytologie assure une surveillance plus pertinente et moins invasive.

Vigilance et arrêt du suivi à 65 ans

Le programme de dépistage organisé prend fin à 65 ans, car l'évolution naturelle de la maladie rend son apparition beaucoup plus rare passé cet âge, à condition d'avoir été régulièrement suivie. L'arrêt du dépistage du col de l'utérus à 65 ans est validé si les deux derniers tests ont présenté des résultats normaux. Cependant, cette recommandation ne signifie pas la fin du suivi gynécologique. Certaines femmes présentant des antécédents spécifiques ou des signes cliniques doivent continuer à être surveillées. De plus, des débats scientifiques émergent, certaines études suggérant que le risque pourrait persister au-delà de cet âge limite, incitant à rester attentive au moindre symptôme inhabituel.

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