C'est une véritable avancée dans le dépistage du cancer du col de l'utérus. Depuis le printemps dernier, les femmes de plus de 30 ans ont la possibilité de se faire dépister directement du papillomavirus grâce à des tests HPV. Avant cela, le dépistage du cancer du col de l'utérus consistait en un examen cytologique à la suite d'un prélèvement par frottis. Mais la Haute Autorité de santé recommande désormais aux femmes entre 30 et 65 ans de passer directement via un test HPV, plus efficace pour dépister le papillomavirus. Son coût de 40 à 50 euros est maintenant entièrement pris en charge.

En pratique, rien ne change pour les femmes au niveau du prélèvement, qui se fait toujours via un frottis cervico-vaginal. C'est en effet la technique d'analyse qui n'est plus la même pour pour ce test jugé "plus efficace" qu'un examen cytologique classique par la Haute Autorité de santé lors d’un dépistage primaire du cancer du col de l’utérus. "Avec le PCU (prélèvement cervico-utérin), les cellules sont mises dans un liquide de fixation et, jusque-là, le produit était envoyé en anatomie-pathologique pour pouvoir faire un examen cytologique. Désormais, il partira directement au laboratoire de virologie pour extraire l’ADN des cellules et faire un test HPV pour rechercher l’expression du papillomavirus", explique à Libération le professeur Jean-Luc Brun, gynécologue au CHU de Bordeaux. "À la différence de l’examen cytologique qui s’intéresse à la morphologie des cellules, le test HPV cherche la présence d’ADN du virus HPV à haut risque chez les femmes", précise l’Agence nationale de santé publique.

Une valeur prédictive proche des 100%

La fiabilité du test HPV, qui détecte directement la présence du papillomavirus dans les cellules du col de l'utérus, est nettement meilleure que celle de l'examen cytologique classique. Leur valeur prédictive est en effet proche des 100%. "Quand je dis à une femme : 'Madame vous êtes négative", je lui dis la vérité. Alors qu’avant je pouvais me tromper avec les 40% de faux négatifs en disant que le test cytologique était normal tandis que ce n’était pas le cas", assure le Dr Brun.

Outre la fiabilité, ces tests vont aussi permettre aux patientes de plus de 30 ans d'espacer leurs contrôles chez le gynécologue. Les tests HPV se font tous les cinq ans, contre tous les trois ans avec une examen cytologique classique. Une tranquillité d'esprit plus longue pour les femmes. "Cela permettra en quelque sorte de libérer à peu près 85 à 90% des femmes après 30 ans qui sont HPV négatif, d’un dépistage trop rapproché et cela permettra aux 10-12% qui sont HPV positifs de cibler une population plus ou moins à risques pour les prendre en charge de la façon la plus appropriée", précise à Libération le Dr Joseph Monsonego, gynécologue spécialiste des pathologies liées au papillomavirus.

80% des personnes auront un jour le papillomavirus

Il faut malgré tout éviter que cela donne lieu à "des examens inutiles, des sur traitements ou encore sur des surdiagnostics basés uniquement sur la connaissance d’un test HPV positif". En effet, un HPV positif n'est pas obligatoirement synonyme d'une lésion possiblement cancéreuse à traiter. Comme le rappelle Santé Publique France, "près de 80% des personnes (hommes et femmes confondus) seront infectées au cours de leur vie. La plupart du temps, l’infection est transitoire, car l’organisme élimine spontanément le virus. Mais dans près de 10% des cas, le papillomavirus persiste. S’il s’agit d’un HPV dit 'à haut risque', il peut évoluer en cancer".

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Sources

Cancer du col de l'utérus : HPV, des tests qui changent la vie pour les plus de 30 ans, Libération, 2 janvier 2021. 

Cancer du col de l’utérus : en quoi consiste le nouveau test de dépistage destiné aux femmes de plus de 30 ans ?, Femme Actuelle, 4 janvier 2021.

Dépistage du cancer du col de l’utérus : le test HPV recommandé chez les femmes de plus de 30 ans, Santé Publique France, 10 juillet 2020. 

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