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Le cancer colorectal se développe au niveau des cellules de la muqueuse du côlon ou du rectum, les deux dernières parties de l’intestin. Selon Santé Publique France, il s’agit du 3ᵉ cancer le plus fréquent en France avec 43 336 nouveaux ainsi que l’un des plus meurtriers avec en moyenne 17 117 décès en 2018 (2ᵉ cause chez l’homme et 3ᵉ chez la femme).

De l’ail contre le cancer du côlon

Consommer 6 gousses d’ail par semaine pourrait diminuer de 30% le risque de cancer colorectal ! Comment ? "Grâce aux composés soufrés contenus dans l’ail, qui réduisent l’effet cancérigène de certaines molécules", répond le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

De plus, "l’ail peut être très intéressant en complément des traitements classiques du cancer car il peut lutter contre la prolifération des cellules cancéreuses", souligne le Dr Luc Bodin, médecin spécialisé en cancérologie clinique.

Comment consommer l’ail ? Il est bon d’en ajouter à son alimentation quotidienne… tout en sachant que ses molécules actives sont libérées quand la gousse est écrasée et qu’elles sont mieux absorbées avec un peu d’huile d’olive !

Cancer du côlon : le pouvoir de l'algue rouge

Selon une étude publiée dans la revue Marine Drugs, des chercheurs de l'Université de Corée, de l'Université nationale de Kyungpook et de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign ont découvert que les algues rouges pouvaient avoir un effet protecteur contre le cancer colorectal.

"Cela pourrait aider à expliquer pourquoi les populations japonaises sont en meilleure santé"

Les scientifiques se sont appuyés sur des recherches antérieures qui ont démontré un risque particulièrement faible de cancer colorectal chez les Japonais. L'explication pourrait se trouver dans les algues rouges, couramment consommées dans l'alimentation japonaise. Les chercheurs ont découvert que, lorsqu'elles sont décomposées durant la digestion, les algues rouges produiraient de l'agarotriose et du 3,6-anhydro-L-galactose (AHG), deux types de sucre. "Après avoir produit ces sucres, nous avons testé leur activité prébiotique à l'aide de la bactérie Bifidobacterium longum ssp. infantis ", a expliqué Eun Ju Yun, auteur principal de l'étude.

La bactérie en question ne consommerait que de l'agarotriose, ce qui suggère que le sucre dérivé des algues rouges pourrait servir de prébiotique, un type de composé d'origine alimentaire qui pourrait favoriser la croissance de bactéries bénéfiques dans l'intestin.

"Ces résultats nous montrent que lorsque nous mangeons des algues rouges, elles se décomposent dans l'intestin et libèrent ces sucres qui servent de nourriture aux bactéries probiotiques. Cela pourrait aider à expliquer pourquoi les populations japonaises sont en meilleure santé que les autres", a déclaré Yong-Su. Jin (CABBI/BSD/MME), professeur de microbiologie alimentaire.

Comment les consommer ? Outre, l'alimentation japonaise, on peut utiliser les algues en condiment, en confectionnant un beurre. On fait alors ramollir du beurre et on incorpore les algues rouges dulse ou nori, sous la forme séchée.

Épinards : des aliments qui protègent contre les polypes

Une étude menée par des chercheurs du Texas A&M University Health Science Center et publiée dans la revue scientifique Gut Microbes en septembre 2021 manger des épinards pourrait protéger contre le cancer du côlon.

Des travaux précédents avaient déjà mis en lumière que consommer des légumes verts et des fibres réduisait de moitié le risque de développer une tumeur cancéreuse dans cette partie de système digestif. La nouvelle recherche a fait le point plus précisément sur la relation entre les épinards et le cancer du côlon en se concentrant plus particulièrement sur la polypose adénomateuse familiale. Les personnes touchées par cette maladie héréditaire développent de nombreux polypes dans leur côlon au cours de leur vie.

Les scientifiques ont donné des épinards lyophilisés pendant 26 semaines à des animaux atteints de cette pathologie. Les individus ayant consommé cette nourriture ont présenté une "activité antitumorale significative dans le côlon et l'intestin grêle". Ils avaient entre autres des changements dans l’expression des gènes ainsi qu’un microbiome intestinal plus varié. Par ailleurs, un régime riche en épinard entraîne une hausse du taux d’acides gras, appelés linoléates. Ces derniers sont connus pour lutter contre les inflammations. Pour les chercheurs, l’ensemble de ces points aiderait à prévenir le cancer du côlon aussi bien chez les personnes atteintes de polypose adénomateuse familiale que les autres.

Côlon : graines de lin et céréales complètes

Selon une étude américaine menée auprès de 7000 personnes, une consommation journalière d’environ 35g de fibres alimentaires diminuerait de 27% le risque de développer un cancer du côlon!

Comment ? Les fibres augmentent le poids et le volume des selles et diminuent le temps de transit dans le côlon, ce qui pourrait accélérer l’élimination des substances carcinogènes. De plus, la fermentation des fibres serait associée à la production d’acides gras protecteurs des cellules intestinales.

Comment consommer les fibres ? Privilégiez les graines (de lin, de tournesol…), les céréales complètes, les légumineuses, les fruits et les légumes. Il est recommandé de consommer au moins 30g de fibres alimentaires par jour.

Côlon : diversifier les choux

"Grâce à leurs composés phyto-chimiques, les choux peuvent agir en prévention du cancer du côlon", indique le Dr Luc Bodin, médecin spécialisé en cancérologie clinique. Excellente nouvelle ! "Ils seraient en plus capables de neutraliser l’effet délétère des pesticides grâce à certaines molécules (appelées "indol-3-carbinol")", ajoute le spécialiste.

Côté études, "on a pu conclure que les sujets qui consomment le plus de légumes crucifères - en particulier du chou - sont, de façon significative, moins exposés que les autres au cancer du côlon", indique l’Aprifel.

Comment consommer les choux ? "Il faut en manger une à deux fois par semaine et sous toutes ses formes : brocolis surtout, mais aussi chou vert, choux de Bruxelles, chou-fleur… Ce peut être tout simplement un peu de choux mélangé à d’autres légumes", conseille le Dr Bodin. Dans tous les cas, il faut éviter de les faire bouillir pour éviter de perdre les indol-3-carbinol.

Thé vert : il tue les cellules cancéreuses

Des chercheurs chinois ont démontré auprès de 70 000 femmes que la consommation de thé vert pouvait réduire de 37% le risque de développer un cancer du côlon! Ce bienfait serait attribuable aux polyphénols du thé, "des molécules qui bloquent l’invasion des tissus par des cellules étrangères, comme les cellules cancéreuses", explique le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

"Les polyphénols peuvent aussi inhiber la croissance tumorale en favorisant le suicide des cellules cancéreuses", indique le Pr David Khayat, cancérologue (Le vrai régime anticancer). Enfin, le thé vert est un bon détoxifiant pour l’organisme, ce qui favorise l’élimination des toxines cancérigènes.

Comment consommer le thé vert ? Il est conseillé d’en boire régulièrement, 1 à 3 tasses par jour. Sachez que les thés verts japonais pourraient être plus riches en polyphénols que les thés verts chinois.
Attention : la consommation de thé doit être limitée en cas de troubles cardiaques, d’insomnie, de troubles anxieux, d’hypertension artérielle, de problèmes d’estomac ou de rein, et d’ostéoporose.

Curcuma : une épice protectrice contre le cancer

La prévalence du cancer du côlon serait moins élevée dans les pays asiatiques et indiens où l’on consomme beaucoup de curcuma. Étonnant ? Non ! "C’est l’un des plus puissants compléments anticancer", explique le Pr David Khayat, cancérologue (Le vrai régime anticancer).

Un bienfait lié à la curcumine, pigment principal du curcuma aux effets antioxydants et anti-inflammatoires. Par ailleurs, l’épice indienne pourrait être utile en curatif car "elle peut empêcher la formation de nouveaux vaisseaux qui iraient nourrir la tumeur", explique le Dr Luc Bodin, médecin spécialisé en cancérologie clinique. Néanmoins, par ce mécanisme "elle peut empêcher l’arrivée des traitements dans la tumeur, ce qui peut être ennuyeux", avertit le spécialiste.

Comment consommer le curcuma ? Sous forme de poudre, on peut l’ajouter quotidiennement à ses préparations, et de préférence en l’associant au poivre. "Cela multiplie par 2000 son absorption par l’organisme", notre le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

Attention : le curcuma est contre-indiqué chez les personnes qui souffrent de calculs biliaires. Demandez conseil à un médecin.

Les probiotiques anticancer du côlon

Bactéries vivantes ingérées via l’alimentation, les probiotiques protègent du cancer du côlon. Comment ? "En inhibant la croissance des cellules cancéreuses et en participant à l’accélération du transit intestinal, ce qui limite le temps d’exposition de l’intestin aux substances cancérigènes (apportées par l’alimentation)", répond le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

De plus, "les probiotiques ont tendance à détruire les micro-organismes présents parfois dans la flore intestinale, qui sont susceptibles de produire des substances carcinogènes", indique le Pr David Khayat, cancérologue (Le vrai régime anticancer).

Comment consommer des probiotiques ? Les probiotiques sont présents dans les produits laitiers fermentés, la choucroute, le chou, les légumes verts, les dérivés du soja, les olives. À vous de les mettre au menu régulièrement !

Attention : "Il est préférable d’éviter les laitages pendant un cancer, car ils pourraient contenir des facteurs de croissance de la maladie", prévient le Dr Luc Bodin, médecin spécialisé en cancérologie clinique.

Côlon : le soja favorise la guérison

Selon des chercheurs américains, consommer des produits à base de soja réduirait de 30% le risque de souffrir d’un cancer colorectal. Ce bienfait serait dû à la richesse du soja en isoflavones (composés végétaux antioxdyants), en fibres, en calcium et en acide folique, des nutriments protecteurs pour l’organisme.

Par ailleurs, selon le Pr David Khayat, cancérologue : "Les saponines du soja (autres composés végétaux) pourraient induire la mort des cellules cancéreuses", favorisant ainsi la guérison (Le vrai régime anticancer).

Comment consommer le soja ? On peut le trouver en tofu, en lait, en soupe (la fameuse "soupe miso"), en haricots ou en yaourts. Eviter cependant la sauce soja qui est très salée.

Attention : il ne faut pas se supplémenter en isoflavones de soja sans avis médical (surtout en cas de cancers hormono-dépendant, le cancer du sein par exemple, ou d’antécédents). Dans tous les cas, l’Afssa recommande de ne pas dépasser 1mg d’isoflavones par kg de poids corporel par jour.

Légumes et fruits : 25% de risques en moins

Riches en fibres et en antioxydants, les légumes et les fruits exerceraient un rôle protecteur contre le cancer du côlon (et même contre le cancer en général). Selon une étude néerlandaise menée sur plus de 450 000 personnes, en manger 600 grammes par jour diminuerait ainsi de 25% les risques de développer ce type de cancer (étude menée sur des sujets non-fumeurs).

Comment consommer les fruits et les légumes ? De préférence frais, car c’est sous cette forme qu’ils conservent le maximum d’antioxydants.

Quant aux quantités, les recommandations nationales sont entre 5 et 10 fruits et légumes par jour, soit entre 400 et 600g.

Côlon : des myrtilles toute l’année

Les myrtilles sont indiquées contre le cancer du côlon ! Pourquoi ? "Parce qu’elles possèdent des molécules (appelées "anthocyanidines" et "proanthocyanidines") capables de forcer les cellules cancéreuses au suicide", explique le Dr David Servan-Schreiber (Anticancer).

Elles s’opposent ainsi au développement du cancer. Ce bienfait a notamment été démontré par des chercheurs japonais en 2003.

Comment manger les myrtilles ? On peut les déguster fraîches en juillet, août et septembre, que ce soit en salade à la fin d’un repas ou en encas… par gourmandise !

"En hiver, on peut continuer d’en consommer sous leur forme surgelée, qui conserve les molécules anticancer sans les abîmer", indique le Dr Servan-Schreiber.

Côlon : faut-il bannir la viande rouge ?

Selon certaines études, manger de la viande rouge augmenterait de 50% le risque de cancer du côlon, pour d’autres, cela le multiplie par 2,5… Faut-il bannir la viande rouge ? Non ! Une étude menée sur 478 040 hommes et femmes de dix pays européens a conclu qu’il n’existait pas de preuve formelle de cette association.

Par ailleurs, "la majorité des études ont été menées aux États-Unis. […] Or quand nous mangeons de la viande, nous ne mangeons pas la même chose de part et d’autre de l’Atlantique (la viande rouge étant plus grasse, plus calorique et moins riche en protéines aux USA)", note le Pr David Khayat, cancérologue.

Ensuite "un Français mange chaque jour un peu de moins de 50g de viande rouge tandis qu’un Américain en mange 140g par jour", poursuit le spécialiste. Enfin, "nous n’utilisons pas les mêmes modes de cuisson". Les Américains privilégiant le grill et le barbecue, "cuissons qui noircissent la viande en provoquant l’apparition de molécules fortement cancérigènes".

Conclusion : Ne bannissez pas la viande rouge de votre alimentation, soyez juste raisonnable, car comme toujours, tout est une question d’équilibre !

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Sources

(1) Fleischauer AT, Poole C, Arab L. Garlic consumption and cancer prevention: meta-analyses of colorectal and stomach cancers. Am J Clin Nutr 2000 October;72(4):1047-52.

(2) Peters U et al. Lancet 2003;361:1491-95

(3) Yang G et al (2007) Prospective cohort study of green tea consumption and colorectal cancer risk in women. Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention, Vol 16, pg 1219-1223.

(4) Chauhan DP. Chemotherapeutic potential of curcumin for colorectal cancer.Curr Pharm Des 2002;8(19):1695-706.

(5) Anticancer and carcinogenic properties of curcumin: considerations for its clinical development as a cancer chemopreventive and chemotherapeutic agent. López-Lázaro M. Mol Nutr Food Res. 2008 Jun;52 Suppl 1:S103-27.

(6) Yang G, Shu XO, Li H et al. Prospective cohort study of soy food intake and colorectal cancer risk in women, Am J Clin Nutr. 2009 Feb;89(2):577-83.

(7) AFP 

(8) Katsube N, Iwashita K, et al. Induction of apoptosis in cancer cells by Bilberry (Vaccinium myrtillys) and the anthocyanins. J Agric Food Chem. 2003;51:68-75.

(9) Thun C.A. et coll., JAMA, 293 : 172-193, 233-234, 2005.

(10) Willett WC, Stampfer MJ, Colditz GA, et al. Relation of meat, fat, and fiber intake to the risk of colon cancer in a prospective study among women. N Engl J Med 1990; 323:1664-1672.

- Le vrai régime anticancer, Pr David Khayat, ed.Odile Jacob, 2010

- Anticancer, Dr David Servan-Schreiber, ed.Robert Laffont, 2007

https://medicalxpress.com/news/2021-09-spinach-colon-cancer.html

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/19490976.2021.1972756

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Vidéo : Le cancer du côlon - Cancer colorectal

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